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Moyen Orient et Monde

Entre Doha et Riyad, l’ouverture pour le hajj n’arrêtera pas la « guerre des orgueils »

Crise du Golfe

La réouverture de la frontière entre les « frères ennemis » pour le pèlerinage à La Mecque n'amorce pas une percée dans le blocus, selon les analystes.

18/08/2017

L'Arabie saoudite a décidé d'ouvrir sa frontière avec le Qatar pour permettre aux pèlerins de se rendre sans entrave au pèlerinage à La Mecque, une mesure saluée hier par Doha mais qui ne signalerait pas une sortie de crise dans le Golfe.

Suite au début du blocus le 5 juin, Riyad a aussitôt fermé sa frontière avec le Qatar – sa seule frontière terrestre – et, avec ses alliés, elle a suspendu tous les vols avec l'émirat, fermant les espaces aérien et maritime aux appareils et aux navires qataris. La décision a été annoncée par l'agence officielle SPA après que le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane eut reçu mercredi soir à Djeddah en Arabie saoudite un membre de la famille princière qatarie, cheikh Abdallah ben Ali al-Thani. Ce dernier est membre d'une branche de la famille déposée par l'actuelle dynastie régnante au Qatar en 1972.

Cette rencontre et l'identité du dignitaire reçu sont « de nature à accroître la pression sur Doha par le biais politique et par le biais religieux », explique Julien Théron, politologue et enseignant en relations internationales à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, à L'Orient-Le Jour.

Sur proposition du prince Mohammad, le roi Salmane a approuvé l'entrée des pèlerins qataris par l'unique poste-frontière terrestre de Salwa puis leur transport depuis l'aéroport international du roi Fahd à Dammam (Est saoudien) vers La Mecque et Médine, les deux villes saintes, selon SPA.

Selon la télévision d'État saoudienne, quelque 120 pèlerins qataris étaient entrés en territoire saoudien hier par le poste-frontière de Salwa. Le roi saoudien a également ordonné l'envoi d'avions saoudiens à l'aéroport de Doha pour transporter « tous les pèlerins qataris à ses frais vers la ville de Djeddah », d'où ils gagneront La Mecque.

Selon Julien Théron, cette annonce est « un double message ». « Le premier est de ne pas apparaître auprès du monde musulman comme usant du hajj comme arme politique, notamment après les déboires avec Téhéran l'année dernière, qui ont donné lieu à un accord cette année. Le second message est de se montrer ouvert, si ce n'est politiquement à l'égard de Doha, en tout cas à la population qatarie », observe-t-il.

 

(Lire aussi : Le Qatar accusé d'avoir voulu renverser le régime bahreïni)

 

 

« Politisation »
Le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammad ben Abderrahmane al-Thani, s'est félicité de la décision saoudienne, tout en dénonçant la « politisation » du pèlerinage. « Indépendamment de la manière dont des Qataris se sont vu interdire le pèlerinage, qui a été politisé, et de la manière également politisée dont on leur a ensuite permis d'effectuer le pèlerinage, le gouvernement du Qatar salue la décision (saoudienne) et y répondra positivement », a-t-il dit.

Pendant la rencontre à Djeddah, le prince héritier saoudien a parlé « de relations historiques et profondes » entre Riyad et Doha. Des termes qui n'étaient plus utilisés depuis le début de cette crise. Le chef de la diplomatie qatarie a néanmoins souligné que la visite du cheikh Abdallah en Arabie saoudite était une « initiative personnelle » et que ce dernier n'était pas mandaté par le gouvernement de son pays.

Avant l'annonce saoudienne, le prince héritier Mohammad avait reçu un appel téléphonique du secrétaire d'État américain Rex Tillerson pour parler des « développements dans la région », selon l'agence SPA. M. Tillerson s'est beaucoup impliqué, avec l'émir du Koweït, pour tenter de désamorcer la crise.

En juillet, Doha avait accusé Riyad de mettre des obstacles à la participation de ses ressortissants au hajj. L'Arabie saoudite refusait notamment que ces pèlerins arrivent de Doha à bord de vols de la compagnie Qatar Airways qui ne peut plus survoler l'espace aérien saoudien.

 

(Lire aussi : L'économie du Qatar reste robuste)

 

« Humilier »
Des analystes ont mis en garde contre tout excès d'optimisme après l'annonce saoudienne sur une possible sortie de crise rapide. « L'Arabie saoudite essaye de montrer sa supériorité et cherche presque à humilier son rival en lui montrant son impuissance sur la question du pèlerinage », souligne à L'Orient-Le Jour Karim Sader, politologue et consultant spécialiste du Moyen-Orient et du Golfe. Selon lui, l'Arabie saoudite a « une marge de manœuvre limitée dans cette guerre des orgueils », ajoute-t-il. Les mesures du blocus et les pressions n'ayant pas fait plier Doha, « du temps est nécessaire pour que Riyad sauve la face ».

Signe de la méfiance persistante, la Commission qatarie des droits de l'homme a réaffirmé que « la question du hajj ne peut être soumise à des calculs politiques ou personnels », car « c'est un droit inscrit dans toutes les conventions internationales des droits de l'homme et dans la charia (loi islamique) ».
Sur les réseaux sociaux, les réactions étaient également mitigées. « Nous n'avons pas besoin de l'aumône du roi » d'Arabie, « le pèlerinage est un droit qatari », a écrit un utilisateur de Twitter.

 

 

 

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Amère Ri(s)que et péril.

Sur les réseaux sociaux, les réactions étaient également mitigées. « Nous n'avons pas besoin de l'aumône du roi » d'Arabie, « le pèlerinage est un droit qatari », a écrit un utilisateur de Twitter.

Parfaitement vrai . Les bensaouds n'ont rien à donner en matière de pèlerinage , ils ne sont mandatés par les musulmans du monde que pour garder ces lieux . Rien de plus.

Mais là où je me marre à me renverser par terre c'est la position des américains , ils arment les 2 camps , conseillent les 2 camps possèdent des bases chez ces 2 larbins , et SE PORTENT JUGE ET ARBITRE ENTRE EUX ... HAHAHAHAAH...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA GUERRE DE L,HEBETUDE...

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