Crise du Golfe

Aucun compromis tant que le Qatar ne renonce pas au terrorisme, avertit l’Égypte

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, et son homologue de l’Union européenne, Federica Mogherini, lors de leur conférence de presse conjointe à Bruxelles, hier. John Thys/AFP

L'Égypte a averti l'Union européenne que la crise du Golfe ne serait pas réglée tant que le Qatar ne renoncerait pas au terrorisme. « Ce n'est pas une question de compromis. Nous ne pouvons pas faire de compromis avec une quelconque forme de terrorisme. Nous ne pouvons pas nous engager dans la moindre forme de négociations », a déclaré hier le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, à l'issue d'une réunion UE-Égypte à Bruxelles. « Ce n'est qu'une fois que les mesures nécessaires auront été prises par le Qatar, qu'il acceptera vraiment d'être un partenaire dans la lutte contre le terrorisme que la crise sera réglée », a insisté M. Choukri.
Le diplomate égyptien a en outre accusé Doha « d'héberger des éléments associés à des idéologies radicales et terroristes, et d'avoir utilisé ses organisations médiatiques pour promouvoir, justifier et glorifier des activités terroristes », en référence à la chaîne de télévision qatarie al-Jazira. L'Égypte accuse depuis longtemps al-Jazira de soutenir les Frères musulmans, mouvement interdit par les autorités du Caire.
Parallèlement, des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, réunis hier à Doha pour une conférence organisée par le Qatar, ont condamné les « menaces » du Caire, de Riyad, de Dubaï et de Bahreïn contre les médias qataris, tout en appelant le Qatar à devenir un modèle en matière de liberté d'expression.
De son côté, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, qui s'est rendue dimanche dernier au Koweït – dont l'émir, le cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, est impliqué dans une mission de médiation – a réitéré son appel à des pourparlers entre le Qatar et ses voisins, soulignant néanmoins que l'UE partageait avec l'Égypte sa « détermination à combattre le terrorisme ». Les États-Unis s'efforcent également de jouer les bons offices pour résoudre cette crise sans précédent entre le Qatar et ses voisins arabes, mais jusqu'ici sans succès apparemment.

Du Yémen à la Libye
D'autre part, l'Arabie saoudite et ses alliés, qui ont rompu avec le Qatar, ont ajouté hier 18 groupes et individus qualifiés de « terroristes » à une liste noire répertoriant des entités accusées de liens avec Doha. Le 8 juin, le royaume wahhabite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte avaient publié une première version de la liste, répertoriant 59 personnes et 12 entités. Cette liste noire compte désormais près de 90 noms.
Dans un communiqué commun, publié par l'agence de presse saoudienne SPA, les quatre pays ont classé comme « terroristes » neuf organisations caritatives et médias, ainsi que neuf individus, qui, selon eux, sont « directement ou indirectement liés aux autorités qataries ». Rappelant que l'amendement, annoncé la semaine dernière par le Qatar, de sa loi antiterroriste était « insuffisant », ils exigent que Doha agisse désormais pour « poursuivre en justice les personnes et entités terroristes et extrémistes figurant » sur cette liste « afin de prouver son sérieux à combattre le terrorisme et l'extrémisme ». « Pour garantir cela, les quatre pays et leurs partenaires internationaux s'assureront de l'engagement du Qatar à ne plus accueillir de terroristes, soutenir et financer le terrorisme, mais aussi à s'abstenir de propager un discours d'extrémisme et de haine, de donner refuge à – et de financer – des extrémistes au Qatar et à l'étranger », ajoutent ces pays.
Trois organisations caritatives, basées au Yémen, et six autres en Libye sont accusées, selon le communiqué publié hier, de liens avec le réseau el-Qaëda et sa branche en Syrie, Fateh el-Cham. L'Arabie et ses alliés affirment également que trois Qataris, trois Yéménites, deux Libyens et un Koweïtien sont impliqués dans « des campagnes de levée de fonds pour soutenir Fateh el-Cham et d'autres milices terroristes en Syrie ».
Source : AFP


L'Égypte a averti l'Union européenne que la crise du Golfe ne serait pas réglée tant que le Qatar ne renoncerait pas au terrorisme. « Ce n'est pas une question de compromis. Nous ne pouvons pas faire de compromis avec une quelconque forme de terrorisme. Nous ne pouvons pas nous engager dans la moindre forme de négociations », a déclaré hier le ministre égyptien des Affaires...

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