Le logo de la chaîne al-Jazeera dans un de ses bureaux à Jérusalem, le 13 juin 2017. Ronen Zvulun/Reuters
Al-Jazeera est accusée d'avoir encouragé les récentes violences autour des lieux saints à Jérusalem et de servir les intérêts des ennemis de l'État hébreu. Et depuis des années, Israël dénonce la partialité d'al-Jazeera dans sa couverture du conflit qui l'oppose aux Palestiniens.
Les attaques contre la chaîne ont connu une nouvelle escalade lorsque le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé fin juillet son intention d'expulser al-Jazeera, accusée d'avoir attisé les tensions sur l'esplanade des Mosquées, lieu symbolique du conflit israélo-palestinien. Hier, le ministre israélien des Communications, Ayoub Kara, a affirmé qu'al-Jazeera est « devenue le principal outil de Daech (acronyme arabe pour le groupe jihadiste État islamique), du Hamas, du Hezbollah et de l'Iran ». Il a soutenu que la chaîne « a incité à la violence, ce qui a provoqué des pertes parmi les meilleurs de nos fils », en faisant allusion aux deux policiers israéliens tués le 14 juillet aux abords de l'esplanade des Mosquées par trois Arabes israéliens. « Ces derniers temps, presque tous les pays de la région, notamment l'Arabie Saoudite, l'Égypte et la Jordanie, sont parvenus à la conclusion qu'al-Jazeera incite au terrorisme et à l'extrémisme religieux, il était aberrant dans ces conditions que cette chaîne continue à émettre » à partir d'Israël, a ajouté le ministre.
Parmi les mesures envisagées figurent l'annulation des accréditations des journalistes ainsi qu'un arrêt des liaisons par câbles et satellitaires, a précisé le ministre. Une procédure va être également engagée par le ministre de la Sécurité intérieure en vue de la fermeture des bureaux de la chaîne à Jérusalem-Ouest. Les autorités israéliennes vont aussi tenter de limiter les capacités de transmission de la chaîne via des liaisons par satellite « ouvertes qui permettent à la majorité des téléspectateurs de la communauté arabe israélienne d'avoir accès » à al-Jazeera, a ajouté le ministère des Communications.
« Mesure grave »
La chaîne de télévision qui diffuse largement à l'international a dénoncé cette mesure « grave (...) de la part d'un État qui prétend être la seule démocratie du Moyen-Orient » et a annoncé qu'elle allait contester en justice ces mesures visant à la réduire au silence en Israël. Le chef du bureau de la chaîne à Jérusalem Waleed al-Omari a indiqué qu'il n'avait reçu pour le moment « aucune notification officielle » autre que les déclarations du ministre sur une éventuelle fermeture. Il a dénoncé l'annonce d'Ayoub Kara en affirmant qu'elle a eu lieu « apparemment parce que Netanyahu veut détourner l'attention de toutes les affaires » dans lesquelles il est impliqué. Une allusion aux soupçons de corruption présumée dans deux affaires, alors que la pression judiciaire s'est accentuée ces derniers temps autour du Premier ministre israélien. À Doha, un responsable de la chaîne a nié toute partialité, soulignant que la couverture « des événements dans les territoires palestiniens est professionnelle et objective ».
Source : AFP


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