Un appareil mesure les émissions d’une voiture Volkswagen. Le groupe allemand a reconnu en septembre 2015 avoir équipé 11 millions de voitures d’un logiciel faussant le niveau réel d’émissions de polluants des moteurs diesel. Archives AFP
La Banque européenne d'investissement (BEI) soupçonne qu'un prêt de 400 millions d'euros (472 millions de dollars) accordé au constructeur automobile allemand Volkswagen ait pu servir à développer la technologie au cœur du scandale des moteurs truqués, selon le président de l'institution.
« Nous ne pouvons toujours pas exclure qu'un de nos prêts, le crédit de 400 millions d'euros intitulé "Volkswagen Antrieb RDI", ait été lié à la technologie de contrôle des émissions (de gaz polluants) développée au moment où le logiciel d'invalidation a été conçu et utilisé », a déclaré le président de la BEI Werner Hoyer, cité dans un communiqué publié hier. La banque, basée au Luxembourg, a confirmé avoir reçu les conclusions d'une enquête menée par l'OLAF, le gendarme antifraude de l'Union européenne (UE), déclenchée dans le sillage de l'éclatement du « Dieselgate » en septembre 2015.
Volkswagen avait à l'époque reconnu que 11 millions de véhicules diesel dans le monde étaient équipés d'un logiciel permettant de les faire passer, lors de tests d'homologation, pour moins polluants qu'ils ne l'étaient réellement. L'OLAF a conclu son investigation au mois de juillet et a transmis les résultats à la fois au parquet de Brunswick (centre de l'Allemagne) et à la BEI, a précisé à l'AFP une porte-parole de l'office.
L'office européen n'ayant pas lui-même de pouvoir de sanction, il a envoyé une « recommandation administrative » à la BEI, dans l'objectif de « prendre des mesures actives dans l'application de leur politique antifraude ».
Soutien régulier de la BEI
L'enquête de l'OLAF portait sur « le possible abus dans l'utilisation de fonds de l'UE et de la Banque européenne d'investissement par le groupe Volkswagen, qui pouvait être lié à la production de moteurs ou de de dispositifs impliqués dans la manipulation des niveaux réels d'émissions de gaz de véhicules ». La BEI a ajouté de son côté qu'elle était « en discussion avec l'OLAF pour comprendre complètement les conclusions de l'enquête et les preuves recueillies ».
« Nous allons maintenant examiner les conclusions de l'OLAF et étudier toute action disponible et appropriée », a indiqué M. Hoyer. Le banquier a ajouté que Volkswagen était « une excellente compagnie, mais (qui) n'a pas été bien servie par sa hiérarchie depuis le début de l'affaire ».
Le parquet de Brunswick a, quant à lui, confirmé avoir reçu les documents de l'OLAF, qui doivent encore être traduits en allemand. « Nous serions amenés à ouvrir une enquête si nous confirmons l'existence de premiers éléments de suspicion sur des faits délictueux chez Volkswagen et que nous sommes l'autorité compétente sur le plan géographique et sur le fond pour mener cette enquête », a déclaré un porte-parole du parquet à l'AFP.
La BEI, banque de l'UE, a régulièrement prêté de l'argent au groupe Volkswagen depuis les années 1990, pour un montant d'environ 4,5 milliards d'euros (5,3 milliards de dollars) en Europe. Environ un tiers a été dédié au développement de technologies vertes pour les véhicules légers.
Source : AFP


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