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Interview

Au Liban, des Européens marchent pour Alep

Lancé en novembre dernier par une Allemande, le mouvement « Civil march for Aleppo » fait étape au Liban.

Sur la place de l'Etoile. De gauche à droite, Felicitas Frank, Malika Voisin, Janusz Ratecki, Ismahan Madi

Il y a quelques jours, Malika Voisin, 44 ans, Ismahan Madi, 23 ans, Felicitas Frank, 16 ans, et Janusz Ratecki, 36 ans, ont posé leurs sacs à dos à Beyrouth. Les deux premières sont françaises, la troisième allemande et le dernier polonais. Leurs routes se sont croisées en décembre dernier, à Berlin, lors du lancement de la "Civil march for Aleppo". Depuis presque huit mois, leur organisation rassemble des individus issus de toute l'Europe pour traverser le continent à pied, depuis l'Allemagne jusqu'à Alep. Accompagnés par des Libanais, douze d'entre eux s'apprêtent à longer la côte libanaise, de Tyr (Liban-sud) à Halba (Liban-nord). Le départ est prévu aujourd'hui.

 

Q: Quand vous avez lancé le mouvement, la guerre ravageait déjà la Syrie depuis plusieurs années... Quel a été l'élément déclencheur de la "Civil March for Aleppo"?

Malika : Le mouvement doit son existence à une Allemande, Anna Alboth. Elle a lancé un appel à la mobilisation sur les réseaux sociaux en novembre, après le bombardement d'un hôpital pédiatrique à Alep. Son idée était très simple : rejoindre Alep depuis l'Allemagne pour défendre la paix et soutenir les populations touchées par la guerre. La première manifestation a eu lieu en décembre à Berlin, nous étions environ 300. Depuis nous avons marché à travers l'Allemagne, la République Tchèque, l'Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, la Serbie, la Macédoine, la Bulgarie, la Grèce, et désormais le Liban.

 

Q: L'ensemble de l'actualité régionale est faite de conflits en ce moment. Pourquoi avoir choisi Alep comme objectif ?

Malika : Alep, pour moi, constitue un symbole fort. C'est une des villes les plus anciennes du bassin méditerranéen qu'on vient de détruire. Pour nous, elle incarne l'ensemble des peuples du monde en souffrance à cause des conflits. L'objectif n'est pas tant d'atteindre Alep - d'ailleurs, nous ne sommes pas encore sûr d'y parvenir - que de porter un message de paix.

 

Q : En quoi une marche peut-elle incarner une action citoyenne puissante ?
Ismahan : Nous n'avons aucune aspiration humanitaire. Notre seul objectif, c'est la marche. Nous marchons plus pour défendre une idée que pour obtenir un résultat. Nous ne voulions plus rester des citoyens passifs, impuissants face à l'actualité. En nous levant chaque matin pour marcher, nous démontrons physiquement notre solidarité à l'égard des femmes et des hommes victimes de la guerre. La marche a aussi une force fédératrice. Ensemble, nous prônons le même idéal de paix.

 

Q : Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez dû faire face ?
Janusz : Des désaccords ont pu apparaître entre les membres organisateurs. Nous ne sommes par exemple par encore sûrs d'atteindre Alep. Par souci de sécurité, mais aussi de neutralité politique - il faudrait demander des autorisations au gouvernement de Damas - certains refusent que nous nous y rendions.

 

Q : Le Liban constitue la dernière étape de votre périple avant la frontière syrienne. Que restera-t-il de cette marche ?
Ismahan : Des liens très forts. Personnellement mon opinion a beaucoup évolué, j'ai conscience qu'une organisation comme la nôtre ne changera pas le monde, que des guerres continueront d'éclater. Mais nous avons mobilisé des milliers de personnes autour d'un message de paix et d'espérance.

 

 


Il y a quelques jours, Malika Voisin, 44 ans, Ismahan Madi, 23 ans, Felicitas Frank, 16 ans, et Janusz Ratecki, 36 ans, ont posé leurs sacs à dos à Beyrouth. Les deux premières sont françaises, la troisième allemande et le dernier polonais. Leurs routes se sont croisées en décembre dernier, à Berlin, lors du lancement de la "Civil march for Aleppo". Depuis presque huit mois, leur...

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TROP TARD LES AMIS !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

17 h 35, le 31 juillet 2017

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Commentaires (3)

  • TROP TARD LES AMIS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    17 h 35, le 31 juillet 2017

  • Certaines obsessions pathologiques sont bien plus nocives et destructrices et ont en définitive les mêmes résultats... Irène Saïd

    Irene Said

    17 h 00, le 31 juillet 2017

  • Et entre temps Alep a été libérée de ses éléments wahabites manipulés par israel ... Vive la résistance ..

    FRIK-A-FRAK

    15 h 49, le 31 juillet 2017