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Économie

Où en sont les grands chantiers de Tripoli ?

Repère

Si le terminal-conteneur est opérationnel, le chantier de la zone économique spéciale avance à petits pas, tandis que celui de la ligne ferroviaire tarde à démarrer.

29/07/2017

Chantier emblématique de la relance de l'économie tripolitaine, le développement de la zone portuaire de Tripoli-Mina a récemment franchi une étape charnière avec la mise en service de deux des quatre grues « géantes » que l'opérateur du terminal-conteneur, Gulftainer, a prévu d'acquérir. « C'est une excellente nouvelle ! L'installation de ces équipements – qui permettent aux services du terminal d'intervenir sur la plupart des navires – va renforcer l'attractivité du port et augmenter ses revenus », se réjouit auprès de L'Orient-Le Jour le directeur du port, Ahmad Tamer.

Selon la direction de Gulftainer – qui gère le terminal depuis 2013 –, l'installation de ces grues dans le deuxième port du pays, après Beyrouth, commence déjà à produire ses effets. « Nous avons déchargé trois porte-conteneurs depuis leur mise en service définitive, mi-juillet », a indiqué le président de l'opérateur, Antoine E. Amatouri. « En outre, plusieurs transporteurs – United Arab Shipping Company (UASC) ; Arkas Container Transport ; CMA CGM et le libanais T21 SAL – ont déjà installé leurs bureaux à Tripoli pour établir des liaisons régulières. D'autres, comme Turkon ou Maerks, sont en train de se positionner », poursuit-il. Une effervescence qui devrait rapidement se ressentir sur l'activité du port, dont les revenus ont atteint, selon sa direction, 7,4 millions de dollars à fin mai (+6,5 % en un an), pour 859 268 tonnes de marchandises déchargées sur cette période (+16,2 %).

 

(Lire aussi : Tripoli déclare la guerre à la contrebande d'hydrocarbures)

 

Financement et bureaucratie
Cette étape décisive dans le développement de la zone portuaire a mis beaucoup de temps à se concrétiser. « Les travaux de rénovation du port ont débuté dans les années 2000, avant d'être retardés, d'abord pour des raisons sécuritaires, puis à cause de problèmes liés à la bureaucratie », se souvient le président de la Chambre de commerce de Tripoli et du Liban-Nord (CCIAT), Toufic Dabboussi. De fait, si la construction du terminal de 600 mètres de long a duré de 2006 à 2012, la finalisation des travaux d'infrastructure n'a pu être achevée qu'en 2015 – après que Gulftainer eut accepté d'en financer une partie à la place de l'État. Si l'activité du port a ensuite été ralentie entre 2015 et 2016, l'administration des douanes ayant attendu plusieurs mois avant d'affecter des inspecteurs sur place, le retard dans la mise en service des grues – initialement prévue début 2017 – est lié aux aléas survenus pendant leur acheminement depuis la Chine et leur installation.

Il reste que ce chantier reste le plus avancé, comparé aux autres grands projets lancés dans la ville ces dernières années, en commençant par celui de la zone économique spéciale (ZES), qui jouxte le port. Institué par une loi de 2008, cet espace de 550 000 m², en partie immergé, doit permettre d'attirer des investisseurs locaux en offrant des incitations fiscales devant être définies une fois les opérations de remblaiement et de terrassement terminées. Après avoir été repoussés pendant des années, les travaux lancés fin 2015 accusent encore plusieurs mois de retard, tandis que les fonds devant financer les travaux d'infrastructure n'ont pas encore été intégralement débloqués.

« Le ministère des Finances a récemment alloué 15 millions de dollars pour financer une partie de ces travaux, qui doivent en coûter le double. Le chantier ne démarrera pas avant que le plan directeur du chantier ne soit complété, d'ici à 2018 », indique la présidente de l'autorité de la ZES, l'ancienne ministre des Finances Raya el-Hassan. Selon M. Dabboussi, une partie des fonds débloqués (10 millions de dollars) devait initialement servir à financer un projet de parking lancé par la municipalité de Tripoli mais qui a été abandonné il y a trois mois, suite aux protestations des riverains. Pour rappel, les locaux de Mme Hassan à Tripoli sont prêtés par la CCIAT.

Enfin, le projet de ligne de chemin de fer reliant la ville à la frontière syrienne et dont le lancement de la première des cinq phases – programmées sur autant d'années – avait été annoncé pour début 2017 par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) semble au point mort. « Les travaux n'ont pas commencé, et, d'après certains échos, il semble que le tracé prévu soit erroné », s'agace M. Dabboussi. Contacté par L'Orient-Le Jour, le président du CDR, Nabil el-Jisr, n'était pas joignable pour fournir plus de précisions sur l'avancée de ce projet, dont le montant a été estimé à plus de 80 millions de dollars, une partie devant en principe être financée avec l'aide de la Banque islamique de développement (BID).

 

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