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Culture

Patti Austin : Je ne sais pas marcher tout en mastiquant un chewing-gum

Festival de Byblos / Rencontre

Elle présente ce soir, à Jbeil, un concert hommage à la grande Ella Fitzgerald. Et elle le fera à sa façon, à la fois généreuse et reconnaissante envers l'icône du jazz.

21/07/2017

Chatter avec Patti Austin à Byblos Sur Mer, c'est comme un rayon de soleil qui chatouille la grande bleue pour s'y baigner. Pleine de joie de vivre, du sens du partage, elle aime les palabres à la façon méditerranéenne. La grande dame de la chanson, née à Harlem d'un père tromboniste, fera grâce à lui ses premiers pas dans la chanson en rencontrant Dinah Washington à l'Apollo Theater.

Celle-ci l'encourage à monter sur scène pour interpréter Teach me Tonight. La jeune Patricia n'a – rappelons-le – que quatre ans, et ce sera le début d'une longue carrière avec pour marraine de scène la même Dinah Washington et pour parrain le compositeur et musicien Quincy Jones. « Bénie, je suis bénie du ciel, répète-t-elle. J'ai une chance inouïe de pouvoir voyager avec ma musique et de connaître des pays, leurs cultures, leurs populations. C'est une grâce (encore une fois !) qui n'est pas donnée à tout le monde.

Et, je crois, c'est pour cette raison même que j'ai abandonné tout coup de cœur – pas de mariage et pas d'enfants – pour me consacrer à mon seul grand amour : la musique. » Et de reprendre en rigolant : « Je ne sais pas marcher tout en mastiquant un chewing-gum. C'est soit l'un, soit l'autre. Je connais beaucoup d'amis du monde du spectacle, notamment mon oncle, le compositeur oscarisé Dave Gusin, qui en sont à leur énième mariage. Qu'est-ce que cela signifie ? Tout simplement qu'ils n'arrivent pas à cumuler carrière et vie conjugale. »

 

(Pour mémoire : Patti Austin, c'est vraiment grooooooovy...)

 

Des croisades de paix et de musique
Souvent sur les routes, pour semer partout le genre musical qu'elle aime, les tournées de Patti Austin ressemblent à des « croisades », « surtout quand j'interprète les chansons de ma chanteuse préférée (mis à part Sinatra), Ella. Je me sens comme une messagère de cette belle parole qu'est la musique. Le jazz, considéré à cette époque comme un répertoire de chansons populaires, avait pour but de répandre la joie parmi les Américains. Ella faisait d'ailleurs partie de ces ambassadeurs de joie, mais sa mission était triple. Elle chantait pour les femmes, les Américains et les Afro-Américains ».

Austin est-elle, à son tour, une ambassadrice joyeuse ? « Plus je vieillis – attention d'évoquer mon âge ! –, plus ma colère grandit envers certaines causes, et ma joie aussi. » C'est donc une mixture dosée de force, de rage mais aussi de gaieté. Patti Austin n'est pas une simple chanteuse. Elle est ce cocktail détonant qui tantôt travaille pour des associations caritatives (National Coalition Against Domestic Violence) luttant contre les violences conjugales, et qui d'autre part s'attaque comme une battante à plusieurs styles comme la pop, le rythm and blues et le smooth jazz. Actuellement, elle s'est orientée, telle une encyclopédie de la musique, vers le grand répertoire de la chanson américaine de la première moitié du XXe siècle.
Pas de repos pour cette guerrière qui considère les concerts comme une grande accolade entre les hommes. « C'est très important de voyager et de connaître d'autres pays, me dit Quincy Jones. Il faut en connaître une recette culinaire et 30 jurons (rires). Pour ma part, j'aime à choisir un ou deux titres très célèbres du répertoire musical de ce pays et les interpréter dans la langue locale. Le mélange des cultures fait un bon ragoût ou une bonne sauce », dit-elle encore. C'est ainsi qu'en Chine, Patti Austin a dû apprendre le cantonais et le mandarin afin de bien se mêler aux arômes locaux. Le fera-t-elle au Liban ? « Pourquoi pas ? dit-elle. Mais il me faut revenir encore deux à trois fois pour bien connaître vos habitudes. »

En 2010, lors du Festival de jazz de Beyrouth, Patti Austin avait interprété devant le public libanais My Way de Frank Sinatra. Ce soir, elle réserve à ce public d'autres surprises, et surtout un grand hommage à Ella. Et cette fois, elle le fera her way.

 

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Wlek Sanferlou

A sa façon Patti Austin interprète une chanson aux paroles de Paul Anka, Canadien d'orgine libanaise! au plaisir de l'entendre chanter une chanson à 100% libanaise!
Son hommage à la grande Ella Fitzgerald passera peut être par le souvenir de cette derni1ere au Liban d'antan!

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