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Moyen Orient et Monde

La dynastie Trump commence à se lézarder...

Éclairage

L'affaire qui met en cause le fils du président américain fragilise la Maison-Blanche.

20/07/2017

L'an dernier, le peuple américain avait rejeté les dynasties politiques en disant adieu aux Clinton et aux Bush. À leur place, ils ont eu avec les Trump la plus dynastique Première famille de l'histoire des États-Unis. Difficile, en effet, de tracer une frontière claire entre les affaires privées de la famille milliardaire et celles de la Maison- blanche.

La rencontre entre Donald Trump Jr et une avocate russe en pleine campagne présidentielle est le meilleur exemple de l'opacité qui règne actuellement à Washington. On sait que Donald Trump Jr est bel et bien porté sur l'argent, depuis qu'il avait organisé l'élection de Miss Monde en Russie et depuis qu'il avait essayé, en vain, de convaincre les Russes de participer à la construction de deux Trump Tower à Moscou, similaires à celle de New York. Néanmoins, cette tentative a montré que les Russes, pour leur part, ont compris que la famille Trump est prête à traiter avec eux. Mais pour les institutions sécuritaires et les renseignements américains, cela relève de la complicité avec un pays étranger. Cette semaine, avec les révélations de l'implication de Donald Trump Jr dans l'affaire russe, on commence à entendre pour la première fois le mot trahison.

Le père, le fils et le gendre dans la tourmente
Comme les nouvelles concernant le président Trump et la Russie arrivent au compte-gouttes et que notamment la rencontre annoncée entre Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine (2h15) au G20 à Hambourg, n'avait pour témoin que le seul secrétaire d'État, Rex Tillerson, il est difficile de tirer des conclusions claires de ce qui s'est passé.

D'autant plus que Fiona Hill, la seule conseillère en affaires russes de M. Trump, avait été exclue de cette réunion. Nouveau coup de théâtre, avant-hier : Ian Bremmer, éminent politologue américain et président d'Eurasia Group, a déclaré, au cours d'une interview avec le célèbre Charlie Rose, qu'un second tête-à-tête Trump-Poutine avait eu lieu au G20 à Hambourg et dont personne n'avait soufflé mot. Après la diffusion de cette interview, la Maison-Blanche s'est dépêchée de confirmer cette nouvelle qu'elle avait tenue secrète. Pourtant, cela s'était passé au banquet offert par la chancelière Angela Merkel en l'honneur des participants et leurs épouses. Soudain, le président américain a quitté sa place (entre la Première dame argentine et l'épouse du Premier ministre japonais) et s'est installé auprès du président russe Vladimir Poutine. Un aparté d'une heure, en la seule présence du traducteur russe, et qui aurait été animé.

Le très crédible quotidien en ligne, Salon, a publié un article intitulé « À présent qu'un membre du cercle rapproché est impliqué, l'équipe Trump peut commencer à se morceler. » Dans cette atmosphère délétère, la confiance ne règne plus entre les membres de la famille Trump.

Ce scandale, qui a électrisé Washington, New York et la Russie, a quelque peu assombri la visite de M. Trump à Paris et n'a pas redoré l'image de son fils.

Un climat politique tendu pour une grande puissance, alors que le président Trump vient d'essuyer un cinglant revers avec la guerre que se livrent entre eux les membres républicains, majoritaires au Congrès. Avant-hier, les sénateurs ont été incapables, après sept ans d'opposition au programme de santé pour tous, mis au point par le président Obama, de l'annuler comme ils l'avaient promis, et n'ont pas pu, au bout de trois votes, faire passer leur propre projet. Cela n'est pas dû à la force des démocrates mais aux dramatiques divisions du Grand Old Party.

Comme attendue, la réaction du président Trump a laissé paraître une certaine désinvolture vis-à-vis de ses 32 millions de concitoyens risquant de se retrouver sans assurance médicale : « Laissons l'Obamacare s'effondrer de par lui-même ! »

Et le chef stratège de la Maison-Blanche, Steve Bannon, n'a rien trouvé de mieux que d'accuser le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, pour cet échec et l'a vertement traité de c...

 

 

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