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Moyen Orient et Monde

Les Américains ont célébré le 4 Juillet dans la morosité

Éclairage

Au sein de l'administration Trump, l'ambiance n'était pas vraiment à la fête.

06/07/2017

Les Américains ont fêté, comme tous les ans, la traditionnelle célébration du 4 Juillet pour célébrer l'indépendance des « colonies américaines ». Les barbecues étaient là, la bière a coulé à flots, les hot-dogs rivalisaient pour conquérir l'odorat des hôtes, les feux d'artifice crépitaient partout et la musique patriotique de John Philip Sousa était dans l'air. Mais cette année, malgré tout cela, l'atmosphère était à la morosité, au point que certains Américains de tous bords se sont aussi souvenus que la date du 4 juillet avait été également fatidique dans l'histoire américaine, avec le décès, ce jour-là, de trois présidents américains : Thomas Jefferson, John Adams et James Monroe.

Au sein de l'administration Trump, l'ambiance n'était pas vraiment à la fête. Durant la semaine du 4 juillet, le secrétaire d'État Rex Tillerson avait, contrairement à tout usage, piqué une colère à la Maison-Blanche, faute de nomination de tout le personnel du département d'État, aux bureaux vides, aux corridors encombrés de meubles et n'inspirant pas les personnes sollicitées pour divers postes. Le surlendemain, toujours à la Maison-Blanche, c'était au tour des équipes du président Trump et du vice-président Mike Pence d'en venir presque aux mains. « C'est là un grand souci pour le GOP », titre le journal en ligne McClatchy DC. Et un journaliste couvrant la présidence raconte avoir entendu quelqu'un hurler : « On ne l'aime pas depuis la campagne !  »

« L'Amérique est-elle toujours une nation ? »
Que se passe-t-il au juste ? Une personne pourrait avoir la réponse : Patrick Buchanan, républicain conservateur, ancien officiel de la Maison-Blanche et ancien candidat à la présidence, considéré comme une « version de Trump civilisé ». Dans un article qu'il a publié lundi dernier, il s'est demandé « Is America still a nation ? » (l'Amérique est-elle toujours une nation?). Après avoir évoqué le « nous, le peuple », de la première ligne de la Déclaration d'indépendance, il s'est référé à Ernest Renan qui, au XIXe siècle, avait ainsi défini la nation, « une âme, un principe spirituel... On aime la maison qu'on a ainsi bâtie et que l'on transmet ». Et M. Buchanan de se demander : « Sommes-nous en train de transmettre la maison que nous avons héritée ou sommes-nous en train d'observer sa démolition ? »
Signe de la tension qui monte dans tout le pays, on continue à enregistrer dans différents États des actes anti-Trump, sans que ceux-ci aient été préparés à l'échelle nationale. Ce qui prouve leur authenticité, car ils ne sont pas dirigés par une quelconque force politique. Le Huffington Post a souligné que des responsables républicains de 40 États refusent de donner des informations sur les électeurs à la commission nouvellement formée par la Maison-Blanche, pour fournir à Donald Trump des preuves qu'il y a eu des fraudes dans les urnes. Car selon le président américain, il y aurait eu des millions d'électeurs illégaux. Les démocrates, eux, ont renoncé à espérer arriver à un accord avec Trump. Un congressman de ce parti, Ruben Galleco, a tranché sec : « En fin de compte, ça c'est Donald Trump et nous ne voulons pas travailler avec lui. » D'après la chaîne NBC, les démocrates de la Chambre des représentants semblent brûler les étapes de l'éviction présidentielle puisqu'ils sont maintenant en mission d'informer le peuple américain de la 4e clause du 25e amendement, permettant au vice-président (en accord avec une majorité du gouvernement ou du Congrès) de déclarer l'incapacité du président à remplir ses fonctions. Ils ont rédigé, en avril dernier, une proposition de loi à ce sujet et, à présent, ce projet a le vent en poupe après les tempêtes de tweets féroces de Trump. Dans les jours à venir, prédit-on, il sera beaucoup question de spéculation sur la destitution qui, en définitive est une décision politique. À ce sujet, le journal en ligne Vox se demande si les républicains, qui détiennent la majorité au Congrès et qui peuvent prendre cette décision, vont en tirer un profit valant le prix qu'ils auront à payer.
Il existe, par ailleurs, beaucoup de courants parmi les républicains pour confronter Trump et ses scandales. On estime néanmoins que cette approche a peu de chance de réussir car elle risque de détruire le parti, et il est d'autre part extrêmement difficile pour les leaders du GOP de pouvoir affronter l'homme le plus revanchard qui soit en politique.

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RE-MARK-ABLE

AVEC un CLOWN QUI attire les missiles nord-coréens , difficile d'avoir la banane.

Avec en plus devoir compter sur Poutine et la chine pour se sortir d'affaire !!!

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