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Économie - Hydrocarbures

Le pouvoir de l’OPEP à l’épreuve d’une nouvelle géographie du pétrole

La production de pétrole de l’OPEP ne représente plus qu’environ un tiers de l’offre mondiale, contre plus de 40 % il y a dix ans. Archives AFP

Plusieurs fois ébranlée par le passé, l'OPEP est de nouveau mise au défi de rester le régulateur du marché de l'or noir, face au pétrole de schiste américain, qui, en coulant à flot, contrecarre les efforts du cartel pour faire remonter les prix.
Malgré l'accord inédit de fin 2016 entre les membres de l'OPEP et des pays non membres du cartel, dont la Russie, pour réduire leur production, les marchés restent plombés par l'abondance de l'offre, notamment des pétroles de schiste américains, et des stocks qui restent élevés, empêchant un réel rebond des prix.
Prévu pour durer 6 mois, l'accord a été prolongé de neuf mois, sans réel effet jusqu'ici. « L'OPEP, ça marchait bien quand le baril marginal des pays de l'OCDE était en mer du Nord (...), mais, quand le concurrent est beaucoup moins cher, eh bien ça ne marche plus », résume Thierry Bros, chercheur à l'Oxford Institute for Energy Studies. Mohammad Barkindo, secrétaire général de l'OPEP, a pourtant encore défendu cette semaine une « décision historique », preuve de la capacité d'adaptation du cartel.
Ce n'est pas la première fois que l'organisation, créée en 1960, ne parvient pas à ses fins du premier coup. En 2008, il a fallu trois baisses de la production en quatre mois avant d'obtenir un effet durable. Cette fois, la question d'une prochaine étape se pose aussi, alors que le comité de suivi de l'accord doit se réunir le 24 juillet à Saint-Pétersbourg. Avec la production américaine, la montée en puissance d'autres producteurs comme le Brésil ou le Mexique, « une quantité d'autres options sur le marché » existent et « cela met la pression sur l'OPEP », explique Sarah Emerson, présidente du cabinet Energy Security Analysis, basé aux États-Unis.

Vision « court-termiste » des marchés
La production du cartel ne représente plus qu'environ un tiers de l'offre mondiale, contre plus de 40 % il y a dix ans. Signe du caractère inédit de la situation, l'OPEP a tenté un rapprochement avec les principaux acteurs du schiste américain en mars dernier à Houston. « Nous avons entamé un dialogue », en faisant passer le message qu'assurer la stabilité du marché « est une responsabilité partagée qui nécessite une action conjointe », a affirmé M. Barkindo.
Si l'influence de l'institution bat de l'aile, les experts ne croient pas pour autant à l'affaiblissement des producteurs historiques. L'OPEP est composée de 14 pays, mais « au final il n'y en a que cinq qui comptent : l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, l'Iran et l'Irak (...) car ils ont les plus faibles coûts de production de l'industrie », explique Mme Emerson. « S'ils le voulaient, ils pourraient augmenter fortement leur production et ils détruiraient tous les autres producteurs », dit-elle. Mais cela réduirait fortement leurs revenus et ils ne le font pas « par peur de la réaction de leur population », ajoute-t-elle.
Et l'influence de l'OPEP ne se mesure pas seulement pour calmer une abondance d'offre. En cas de choc inverse, c'est-à-dire d'une pénurie, « tout le monde se précipiterait pour composer le numéro de téléphone du ministre saoudien du Pétrole », assure Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques. L'Arabie saoudite reste le seul pays à pouvoir très rapidement augmenter, sans nouveaux investissements, sa production pour éviter une envolée des cours, selon lui. Il oppose ainsi la vision « court-termiste » des marchés à celle des industriels, où « personne ne se dit que le Moyen-Orient n'est plus important dans la géopolitique mondiale du pétrole ».
Marie HEUCLIN/AFP

Plusieurs fois ébranlée par le passé, l'OPEP est de nouveau mise au défi de rester le régulateur du marché de l'or noir, face au pétrole de schiste américain, qui, en coulant à flot, contrecarre les efforts du cartel pour faire remonter les prix.Malgré l'accord inédit de fin 2016 entre les membres de l'OPEP et des pays non membres du cartel, dont la Russie, pour réduire leur production, les marchés restent plombés par l'abondance de l'offre, notamment des pétroles de schiste américains, et des stocks qui restent élevés, empêchant un réel rebond des prix.Prévu pour durer 6 mois, l'accord a été prolongé de neuf mois, sans réel effet jusqu'ici. « L'OPEP, ça marchait bien quand le baril marginal des pays de l'OCDE était en mer du Nord (...), mais, quand le concurrent est beaucoup moins cher, eh bien ça ne marche...
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