Rechercher
Rechercher

Liban - Partis

Conseil municipal fantôme (aouniste) à Jbeil : Bassil face au « complexe Hawat » ?

L'initiative Bassil, un moyen de rogner les ailes à Ziad Hawat ?

Le Courant patriotique libre (CPL) a lancé mardi un conseil municipal fantôme à Jbeil pour contrôler l'action du conseil municipal actuel, présidé par l'indépendant Ziad Hawat. Étaient présents le chef du courant aouniste, Gebran Bassil, ainsi que les députés Walid Khoury, Simon Abiramia et Abbas Hachem, députés CPL de Jbeil, ainsi que l'ancien ministre Marwan Charbel, aux côtés de représentants du Hezbollah, des Forces libanaises et de notables du caza.

Prenant la parole, M. Bassil a estimé que « ce projet n'est pas une initiative ordinaire », assurant que son parti « n'a pas honte de soutenir un groupe de jeunes porteurs de bonnes idées ». « Le CPL est ouvert à toutes les régions et toutes les confessions, et il est normal qu'il soutienne toute nouvelle idée qui servirait l'intérêt de la ville de Jbeil, d'autant que l'action municipale est un des piliers de son activité », a-t-il ajouté.
S'adressant à ses partisans du chef-lieu du caza de Jbeil, M. Bassil a mis l'accent sur les avantages de ce projet, « dans la mesure où il inciterait au travail ceux qui sont au pouvoir, quand ils sentent qu'ils sont surveillés et font face à une compétition sérieuse ».
Et M. Bassil d'estimer que « le conseil municipal de Jbeil travaille aujourd'hui sans aucune évaluation », appelant ses partisans à « adopter une attitude positive et objective en vue de servir l'intérêt du pays ».

Expliquant cette initiative, un cadre CPL qui a requis l'anonymat explique à L'Orient-Le Jour que cette idée est débattue au sien du parti depuis l'échec des négociations autour de la formation des listes électorales entre M. Hawat et le courant aouniste lors des dernières municipales. Selon le cadre précité, « le conseil municipal de la ville est monochrome ». « Ainsi, un parti politique dont les partisans comptent 1 200 voix dans la ville de Jbeil est en droit de surveiller l'action du conseil municipal. Et cela ne pourrait aucunement s'expliquer comme une entrave à l'action de l'équipe dirigée par Ziad Hawat », a-t-il affirmé.
Ce cadre assure d'ailleurs que des conseils municipaux de l'ombre seront également mis en place dans plusieurs régions, dont notamment Jounieh et Batroun (ville natale de Gebran Bassil).

Prié d'expliquer les prérogatives de cette municipalité auxiliaire, le cadre CPL souligne qu'« elle pourra surveiller l'action et les décisions du conseil municipal ». « Elle pourra également présenter des idées et des projets qui seraient à même de faire progresser le processus de développement de la ville », note-t-il.

 

(Lire aussi : Ziad Hawat, le dynamisme de la jeunesse au service de la chose publique)

 

Une initiative qui sert Hawat
Si Ziad Hawat refuse net de commenter le projet aouniste, les milieux proches de lui préfèrent pour l'heure circonscrire la municipalité de l'ombre à sa stricte dimension locale, et se refusent de spéculer sur un acte politique d'hostilité de la part de Gebran Bassil. Pourtant, les prochaines législatives approchent, et tout tend à montrer que le président du conseil municipal de Jbeil de 2010, dont le bilan est unanimement salué comme positif, sera l'ennemi à vaincre absolument pour le CPL dans la région.

C'est au contraire sous un angle positif que les milieux gravitant dans l'orbite du conseil municipal évaluent l'initiative Bassil. « Nous sommes prêts à recevoir tout commentaire concernant notre travail, dans la mesure où il faut que le rendement du conseil municipal, qui est au service de la chose publique, soit soumis au contrôle populaire », indique ainsi un proche de M. Hawat à L'OLJ.

Même son de cloche chez l'ancien député de Jbeil et président de la rencontre Saydet-el Jabal, Farès Souhaid, qui minimise les effets politiques de l'initiative Bassil. Joint par L'OLJ, l'ancien député indépendant et hostile à la ligne du CPL estime que « le chef de la diplomatie voudrait montrer qu'il est capable de suivre simultanément les dossiers municipaux et les affaires étrangères ». « La rencontre qui s'est tenue à Jbeil n'influera aucunement sur les calculs politiques », estime-t-il, assurant que « cette initiative est à l'avantage de Ziad Hawat, d'autant que ce dernier a réussi sa mission de président de la municipalité de Jbeil ».

Qu'à cela ne tienne, pour des milieux politiques proches de la scène jbeiliote, l'opération menée par Gebran Bassil est éminemment politique, à la veille des prochaines législatives, et le chef du CPL, qui a entamé sa campagne pour les prochaines élections en grande pompe avec l'annonce de sa machine électorale il y a deux semaines, cherche absolument à préparer le terrain pour désarçonner d'ores et déjà son adversaire. Ces milieux rappellent d'ailleurs que le chef du CPL avait largement échoué, lors des dernières municipales, à former une liste opposée à celle de M. Hawat. Si bien qu'il serait correct, ajoutent ces sources, de parler d'un « complexe Hawat qui se serait développé chez M. Bassil ». « Comment expliquer, sinon, qu'un chef de la diplomatie, supposé représenter l'État et s'occuper de dossiers autrement plus graves, s'aventure dans les dédales micropolitiques comme la fondation d'un conseil municipal fantôme dans la ville de Jbeil... », concluent-ils.

 

Pour mémoire 

À Jbeil, le plébiscite Hawat et « la surprise chiite »


Le Courant patriotique libre (CPL) a lancé mardi un conseil municipal fantôme à Jbeil pour contrôler l'action du conseil municipal actuel, présidé par l'indépendant Ziad Hawat. Étaient présents le chef du courant aouniste, Gebran Bassil, ainsi que les députés Walid Khoury, Simon Abiramia et Abbas Hachem, députés CPL de Jbeil, ainsi que l'ancien ministre Marwan Charbel, aux côtés...

commentaires (6)

C'est simple: ce Mr. veut s'imposer figure politique incontournable alors qu'au départ, il n'a aucune assise populaire. Parachuté de facto aux plus hautes fonctions ministérielles et de parti à cause de liens de mariage, sans qu'il y soit préparé, on comprend qu'actuellement, il se débat comme un damné pour au moins se faire élire simple député de sa région après 2 échecs cinglants contre un ténor très populaire de la politique Boutros Harb! Il commence par s'attaquer au symbole Hawat, très populaire à Jbeil, et qui a fait du travail remarquable pour sa ville, pour ensuite faire de même dans la région de Batroun. Imaginez un moment qu'il n'arrive pas à se faire élire député pour une 3eme fois? Sa future carrière politique et sa mégalomanie en prendraient un bon coup!

Saliba Nouhad

15 h 05, le 06 juillet 2017

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • C'est simple: ce Mr. veut s'imposer figure politique incontournable alors qu'au départ, il n'a aucune assise populaire. Parachuté de facto aux plus hautes fonctions ministérielles et de parti à cause de liens de mariage, sans qu'il y soit préparé, on comprend qu'actuellement, il se débat comme un damné pour au moins se faire élire simple député de sa région après 2 échecs cinglants contre un ténor très populaire de la politique Boutros Harb! Il commence par s'attaquer au symbole Hawat, très populaire à Jbeil, et qui a fait du travail remarquable pour sa ville, pour ensuite faire de même dans la région de Batroun. Imaginez un moment qu'il n'arrive pas à se faire élire député pour une 3eme fois? Sa future carrière politique et sa mégalomanie en prendraient un bon coup!

    Saliba Nouhad

    15 h 05, le 06 juillet 2017

  • La famille Hawat fut l'un des piliers principaux du parti Bloc national libanais depuis sa fondation par l'ancien Président de la république Emile Eddé en 1947. Un ancien membre éminent du parti Bloc national surnommé "Hezb el-awadem" (le parti des gens honnêtes) n'a pas de comptes à rendre aux voleurs de l'argent public ni aux combinards du pétrole offshore...

    Honneur et Patrie

    13 h 20, le 06 juillet 2017

  • COMPORTEMENTS BIZARRES DE BASSILO !

    RAISON OBLIGE A SOUTENIR L,OLJ MALGRE SA CENSURE

    12 h 16, le 06 juillet 2017

  • Gébran Bassile n'a pas le monopole de la mégalomanie. C'est facile de fanfaronner. Face à un Conseil municipal fantôme dans la ville de Jbeil, pourquoi pas il n'y aurait pas un ministère des Affaires étrangères fantôme pour demander des comptes sur le voyage en Nouvelle-Zélande pour retrouver l'hôtel de son grand-père et un ministère fantôme de l'Energie pour voir le premier contrat des bateaux-centrales électriques ?

    Honneur et Patrie

    11 h 26, le 06 juillet 2017

  • bassil face au complex Hawat dites vous ? pas du tout . le CPL ne veut aucune concurrence nulle part. C pourtant leur droit non ? alors pourquoi masquer ce droit en inventant des theories abracadabrantes? combattre Hawat ou un autre est entendu . se foutre de la gueule des gens , par contre nel'est pas.

    Gaby SIOUFI

    10 h 51, le 06 juillet 2017

  • la plus grande bataille sera celle de batroun. si le lilliputien de la politque n'arrive pas a se faire elire, il ne pourra pas pretendre a la magistrature supreme comme ses idoles Trudeau et plus proche d'ici Macron

    George Khoury

    06 h 31, le 06 juillet 2017

Retour en haut