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Moyen Orient et Monde - Crise Du Golfe

Le Qatar juge les demandes de ses voisins « irréalistes »

Réunion cruciale, aujourd'hui au Caire, pour évaluer la réponse de Doha.

Les ministres des Affaires étrangères allemand et qatari, Sigmar Gabriel et cheikh Mohammad ben Abderrahmane al-Thani, lors de leur conférence de presse commune à Doha, hier après-midi. Karim Jaafar/AFP

Les demandes de l'Arabie saoudite et de ses alliés pour mettre fin à la crise du Golfe sont « irréalistes », a jugé hier le Qatar. « La liste est irréaliste et irrecevable. Le Qatar refuse la tutelle d'un quelconque État », a ainsi déclaré le ministre qatari des Affaires étrangères, le cheikh Mohammad ben Abdel Rahmane al-Thani, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel, en visite au Qatar dans le cadre de sa tournée régionale axée sur la crise du Golfe et qui l'a déjà conduit, avant Doha, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite.
L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte ont coupé depuis le 5 juin toutes leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusant le petit émirat de soutenir « le terrorisme » et d'entretenir des relations trop étroites avec l'Iran, le grand rival régional de Riyad. Ils lui ont également imposé des sanctions économiques. Et outre la rupture des relations, ils interdisent leur espace aérien au Qatar. De plus, Riyad, Manama et Abou Dhabi ont demandé aux Qataris de quitter leur territoire. Riyad a par ailleurs fermé la seule frontière terrestre du Qatar, forçant ce pays à se tourner vers l'Iran et la Turquie pour ses besoins en produits alimentaires importés par voies aérienne ou maritime.
Pour revoir leur position, ils ont adressé à Doha une liste de 13 demandes. Elles comprennent, entre autres, la fermeture d'une base militaire turque et de la télévision al-Jazeera, jugée trop agressive par Riyad et ses alliés, ainsi que la réduction des relations de Doha avec Téhéran. Le Qatar a répondu à ces exigences lundi dans un message adressé au Koweït, qui joue le rôle de médiateur pour tenter de mettre fin à la crise. Si le contenu de la réponse n'a pas été dévoilé, les déclarations du chef de la diplomatie qatarie ne laissent guère de doutes sur le rejet des demandes. La liste « ne porte pas sur le terrorisme, elle appelle à mettre fin à la liberté d'expression », a accusé Mohammad ben Abdel Rahmane al-Thani. Doha juge que ses voisins tentent de porter atteinte à sa souveraineté dans sa politique étrangère. L'Arabie et ses alliés se réunissent aujourd'hui, au Caire, pour évaluer la réponse de Doha à leurs requêtes. Ce concile sera crucial pour la solution de la crise.

Tournant historique
« Nous sommes devant un tournant historique qui n'a rien à voir avec la question de souveraineté », a rétorqué hier le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, sur Twitter, en réaction aux propos du ministre qatari des Affaires étrangères. Le Qatar doit choisir entre « préserver (ses liens avec ses voisins) ou divorcer ».
Les Émirats arabes unis ont toutefois affirmé, hier également, qu'il était « prématuré » de parler de l'adoption de mesures supplémentaires contre le Qatar, dans le cas où ce pays n'adhérerait pas aux exigences de ses adversaires. Lors d'une conférence de presse à Abou Dhabi avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel, le ministre émirati des Affaires étrangères, le cheikh Abdallah ben Zayed, a indiqué que si d'éventuelles nouvelles sanctions devaient être prises, elles le seraient « dans le respect du droit international ». Le ministre émirati a de nouveau accusé les autorités de Doha d'implication dans le terrorisme. « Malheureusement, nous relevons que le Qatar a autorisé, donné refuge et incité au terrorisme », a-t-il dit. « Nous espérons qu'avec l'aide de nos partenaires, dont l'Allemagne, la direction qatarie suive la voie de la sagesse et de la raison », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le chef de la diplomatie allemande a espéré que les efforts diplomatiques en cours conduiraient à un règlement de la crise. S'exprimant en allemand, il a souligné « l'importance de mettre fin au financement du terrorisme, non seulement au Qatar, mais dans l'ensemble de la région », selon ses propos traduits en anglais.

Source : AFP

Les demandes de l'Arabie saoudite et de ses alliés pour mettre fin à la crise du Golfe sont « irréalistes », a jugé hier le Qatar. « La liste est irréaliste et irrecevable. Le Qatar refuse la tutelle d'un quelconque État », a ainsi déclaré le ministre qatari des Affaires étrangères, le cheikh Mohammad ben Abdel Rahmane al-Thani, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel, en visite au Qatar dans le cadre de sa tournée régionale axée sur la crise du Golfe et qui l'a déjà conduit, avant Doha, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite.L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte ont coupé depuis le 5 juin toutes leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusant le petit émirat de soutenir « le terrorisme » et d'entretenir des relations...
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