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Moyen Orient et Monde - Conflit syrien

À Astana, un cinquième round aux chances de succès minimes

Moscou, Téhéran et Ankara sont censés se mettre d'accord sur la mise en place de quatre futures « zones de désescalade » en Syrie.

Dans la nuit de lundi à mardi, un quartier de Deraa sous contrôle des rebelles visé par une frappe du régime. Mohamad Abazeed/AFP

Un nouveau round pour rien ? Deux mois jour pour jour après la signature d'un accord prévoyant la création de « zones de désescalade » en Syrie, adopté par Moscou et Téhéran, alliés du président syrien Bachar el-Assad, ainsi qu'Ankara, soutien des rebelles, une nouvelle session de pourparlers s'est ouverte hier à Astana.

L'objectif pour les trois parrains, russe, turque et iranien, est de s'accorder sur la mise en place des quatre futures ceintures en question, sorte de zones tampon qui devraient être créées dans les territoires rebelles à Idleb, dans la province centrale de Homs, dans l'enclave rebelle de la Ghouta et dans la partie méridionale du pays. Les territoires concernés, dans lesquels vivent au total plus de 2,5 millions d'habitants, doivent être doublés de zones d'exclusion aérienne. Même si l'intensité des combats a quelque peu diminué dans ces zones-là ces derniers mois, des affrontements se sont poursuivis sur les principaux secteurs du front.

Le projet, ambitieux, signé le 4 mai dernier, visant à instaurer un cessez-le-feu durable dans plusieurs régions, n'avait pas été signé ni par les émissaires du régime de Damas ni par les rebelles présents dans la capitale kazakhe.

L'opposition avait alors dénoncé « un marché de dupes » et revendiqué « des garanties sur l'intégrité territoriale de la Syrie ». Une partie de l'opposition s'est toutefois rendue hier à Astana, mais sans le chef de la délégation Mohammad Allouche. « Les rounds incessants de discussions à Astana ne font que confirmer le manque d'engagement de la Russie et ne font que détourner l'attention générale sur les bombardements, les déplacements de civils et les multiples agressions », dénonce Mohammad Adib, membre du bureau politique du Front du Levant, groupe affilié à l'Armée syrienne libre (ASL), contacté par L'Orient-Le Jour. Le porte-parole de ce groupe a refusé de se rendre à Astana, après avoir rejeté l'accord signé en mai.

Le gouvernement syrien a de son côté déclaré, fin juin, qu'il ne permettra pas à ses ennemis de bénéficier de la création de zones de « désescalade » dans l'ouest de la Syrie.

 

(Lire aussi : Les "zones de désescalade" en Syrie en discussion à Astana)

 

Faire la police
Afin de parvenir à dessiner les contours de ces zones, les négociations, qui se poursuivent aujourd'hui, devaient déterminer lequel des trois parrains fera la « police » afin d'assurer la sécurité autour d'elles. Un rôle que semble vouloir jouer les Russes puisqu'ils ont fait savoir hier soir, par le biais de leur négociateur Alexandre Lavrentyev, qu'ils étaient prêts à déployer leurs militaires autour des zones de désescalade, dans les prochaines semaines, s'ils parvenaient à obtenir le feu vert des deux autres acteurs.

Ces nouvelles négociations interviennent au moment où toutes les parties au conflit sont activement engagées sur le terrain et tentent de tirer leur épingle du jeu, bien loin de toute perspective de négociation sérieuse. Le Nord syrien reste verrouillé par les Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance arabo-kurde) soutenues par Washington, qui tentent de s'emparer de Raqqa, capitale autoproclamée de l'EI. Dimanche, un millier d'hommes supplémentaires ont notamment été déployés sur les lignes de front de la vieille ville. Les combattants du groupe jihadiste se trouvent désormais retranchés dans quelques quartiers de la cité septentrionale. La semaine dernière, ils avaient été chassés d'une vingtaine de villages qui étaient encore sous leur contrôle dans la province d'Alep par les forces prorégime.

De son côté, l'armée syrienne a annoncé lundi la suspension de ses opérations de combat dans le sud du pays jusqu'à jeudi, mais des rebelles ont annoncé dans la soirée que ce cessez-le-feu avait immédiatement été rompu et dénoncé le bombardement de plusieurs de leurs positions dans la région. Quelques heures après l'annonce, des rebelles et des témoins ont rapporté que des avions syriens avaient repris les bombardements sur des zones insurgées à Deraa, située dans le sud de la Syrie, le long de la frontière avec Israël, ainsi qu'à Naïma, une ville voisine, et dans les campagnes environnantes. Selon un responsable rebelle, l'annonce d'une nouvelle trêve a tout d'un stratagème pour attirer les représentants du « Front Sud » à Astana. « Ce cessez-le-feu est une tentative des Russes et du régime (de Damas) pour faire revenir l'opposition à Astana et lui donner l'assurance, sur le terrain, qu'ils cesseront les bombardements à condition qu'ils viennent », a fait savoir hier Sohaïb al-Rahil, porte-parole de la faction Liwa al-fourkan, active dans le sud-ouest de la Syrie.

 

(Pour mémoire : Damas ne laissera pas ses "ennemis" profiter des zones de désescalade)

 

Accord bilatéral
Les insurgés ont par ailleurs lancé la semaine dernière une offensive dans la région du Golan contre la ville de Baas, tenue par le régime. Après des gains initiaux, ils ont été repoussés vers leurs positions antérieures par une contre-attaque de l'armée. Une course à la conquête du Sud-Est syrien, pour le contrôle de la frontière irakienne et de la province de Deir ez-Zor, riche en ressources, reste par ailleurs engagée entre les forces du régime et les rebelles affiliés à l'ASL, soutenue par les Américains.

Après avoir consolidé son contrôle sur la « Syrie utile » dans le centre-ouest du pays, en grande partie grâce à l'appui de ses alliés russe et iranien, Damas cherche à tout prix à établir un corridor, la fameuse « autoroute chiite », (axe Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran), en contournant les positions américaines. Profitant de la suspension localisée des hostilités adoptée 4 mai dernier, Damas espérait pouvoir redéployer ses troupes vers la frontière irakienne. Mais il s'est heurté aux foudres de Washington qui n'a pas hésité à mettre le holà à ses ambitions.

Le contexte général d'escalade constaté dans le pays rend ainsi peu propice toute négociation en vue d'une mise en place des fameuses zones de désescalade, appelée de ses vœux par Moscou. Un projet dont la viabilité a été questionnée par Washington qui cherche parallèlement à conclure un accord bilatéral avec la Russie sur la création d'une zone dans le sud-ouest de la Syrie.

 

 

Pour mémoire

Syrie: des forces multinationales pourraient patrouiller dans les "zones de désescalade", selon la Turquie

Un nouveau round pour rien ? Deux mois jour pour jour après la signature d'un accord prévoyant la création de « zones de désescalade » en Syrie, adopté par Moscou et Téhéran, alliés du président syrien Bachar el-Assad, ainsi qu'Ankara, soutien des rebelles, une nouvelle session de pourparlers s'est ouverte hier à Astana.
L'objectif pour les trois parrains, russe, turque et iranien,...

commentaires (2)

LES CHOSES NE VONT BOUGER INTERNATIONALEMENT QU,AVEC LA FIN DE L,E.I. A MOSSOUL ET RAQQA ! C,EST ALORS QUE LES DERNIERS MARCHANDAGES COMMENCERONT...

LA LIBRE EXPRESSION. VERITES ! EQUITE !

18 h 09, le 05 juillet 2017

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Commentaires (2)

  • LES CHOSES NE VONT BOUGER INTERNATIONALEMENT QU,AVEC LA FIN DE L,E.I. A MOSSOUL ET RAQQA ! C,EST ALORS QUE LES DERNIERS MARCHANDAGES COMMENCERONT...

    LA LIBRE EXPRESSION. VERITES ! EQUITE !

    18 h 09, le 05 juillet 2017

  • PRIÈRE DE NE PAS OUBLIER D'AJOUTER AUX 3 PARTENAIRES POUR LA PAIX QUE SONT L'IRAN NPR LA RUSSIE NPM LA TURQUIE REPÊCHÉE, LA QATAR NOUVEAU ,DÉBARRASSÉ DE SES ANCIENNES AMOURS WAHABITES.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 41, le 05 juillet 2017

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