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La Dernière

Beyrouth, ses couleurs, sa guerre, son disco, le temps d’un court voyage...

Festival

À l'hippodrome, une armada de talentueux artistes libanais pour un résultat assez inégal.

30/06/2017

2 446 mètres carrés. C'est la taille de l'écran circulaire à 360 degrés qui fait la fierté des Festivals culturels de Beyrouth parce qu'il a pulvérisé le record Guinness du plus grand écran détenu par les Chinois et qui plafonnait à 1 580,9 mètres carrés. Formant un chapiteau d'une blancheur éthérée, planté dans le parc de l'hippodrome de Beyrouth, il constitue l'élément principal du décor de ce festival qui en est à sa deuxième édition. Organisé par l'Association des festivals culturels de Beyrouth, présidée par Lama Salam et la municipalité de Beyrouth, cet événement se déroule jusqu'au 7 juillet et comprend deux productions artistiques pensées, réalisées et animées par des artistes libanais pour raconter l'Histoire (avec un grand H) de Beyrouth en utilisant des techniques audiovisuelles modernes.

Ainsi, jusqu'au 2 juillet, le chapiteau accueille Beyrouth, un voyage à travers le temps. Place ensuite, du 3 au 5 juillet, à Alwan Beyrouth, une animation musicale dédiée à un public plus jeune et familial. Les festivals de Beyrouth proposent également plusieurs activités divertissantes pour tous les âges, comme un terrain de minigolf, un minizoo, des jeux de paintball, du skateboard...

 

(Lire aussi : « Live Achrafieh » a attiré des milliers de visiteurs)

 

Armada d'artistes
Au-delà de l'ambiance de joyeuse kermesse, pour Beyrouth, un voyage à travers le temps, le festival a fait appel à une armada de talentueux artistes libanais. Un concept et une mise en scène de Daniel Georr, directeur créatif de Its Communication ; une musique signée Guy Manoukian, maestro aux commandes de son piano ; un spectacle visuel conçu par Émile Adaimy et son équipe de 3D Mapping Factory ; un récit sonore écrit et récité par Georges Khabbaz, dont la voix reconnaissable entre toutes résonne avec celle de Joseph Bou Nassar. Un orchestre dirigé par Élie Alia. Plus de 50 musiciens, plus de 50 choristes. Des artistes locaux et des danseurs internationaux. Une capacité d'accueil de 2 000 spectateurs. De la grandeur et des chiffres pour raconter l'histoire d'une ville qui a été sept fois détruite et sept fois ressuscitée. Le pitch est on ne peut plus alléchant. Le résultat l'est malheureusement un peu moins.

L'histoire, racontée avec l'emphase et la grandiloquence des tirades donneuses de leçons propres aux opérettes rahbaniennes, survole des siècles d'histoire en 75 minutes. Difficile, donc, de broder des détails en si peu de temps. La teneur historique du récit reste donc quelque peu superficielle et minimale. Dans ce voyage à travers le temps, l'on gardera l'essentiel et les très grandes lignes de l'histoire de Beyrouth. Les séquences, agencées par ordre chronologique, semblent disparates et inégales, certaines étant réalisées avec beaucoup de soin (celle qui raconte la guerre civile est à donner des frissons), alors que d'autres ne communiquent ni émotion ni information conséquente (l'époque disco représentée par des ombres de danseurs s'étire tellement qu'elle donne une impression de remplissage). Le spectateur/voyageur (le décor du décollage est conçu comme celui d'un avion) passe d'une période à l'autre, d'une ambiance à l'autre, sans une transition qui assurerait l'homogénéité du récit. Sans fil conducteur qui en tisserait la consistance.
Un spectacle ambitieux, en somme, critiqué par de nombreux spectateurs, notamment pour la période sur la reconstruction de Beyrouth qui omet de mentionner un certain Rafic Hariri...

Mais au-delà des polémiques politiques, s'il ne fallait retenir qu'une chose de ce voyage, ce serait bien la séquence hommage aux artistes libanais qui ont marqué l'âge d'or de sa télévision, de son théâtre et de sa scène musicale. Sans oublier la résilience, cette formidable capacité à rebondir qui caractérise l'esprit libanais, et qui laisse un certain goût de fierté, bien après l'atterrissage.

 

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