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Santé

Lorsque l’alimentation devient source de malaise

Allergies

L'allergie alimentaire touche près de 6 à 7 % des enfants et 3 à 4 % des adultes dans le monde.

Nada MERHI | OLJ
24/06/2017

Se réunir autour d'un bon festin fait partie des plaisirs de la vie. Pour les personnes qui souffrent d'une allergie alimentaire toutefois, la nourriture peut constituer une source de malaise si l'aliment en question est consommé.
Il ne faut surtout pas confondre l'allergie alimentaire avec l'intolérance alimentaire. « L'allergie alimentaire est une réaction exagérée et immédiate du système immunitaire envers des allergènes alimentaires », explique le Dr Carla Irani, secrétaire générale de la Société libanaise d'allergie et d'immunologie. « Les symptômes apparaissent dans les quelques minutes à deux heures qui suivent l'ingestion de l'aliment », poursuit-elle. Ce qui n'est pas le cas de l'intolérance alimentaire, où les symptômes se manifestent plusieurs heures, voire plusieurs jours après la consommation de l'aliment.
L'allergie alimentaire se manifeste par des douleurs abdominales très sévères, une diarrhée, un vomissement, une éruption cutanée, du sang dans les selles, un œdème laryngé (c'est-à-dire au niveau du larynx) entraînant une difficulté à respirer. « Dans certains cas très rares, l'allergie alimentaire peut entraîner un choc anaphylactique, c'est-à-dire une hypotension et une dyspnée, qui peut être fatal », souligne le Dr Irani.
L'intolérance alimentaire, par contre, se caractérise par des douleurs abdominales, des ballonnements, une diarrhée ou une constipation. La maladie céliaque, qui est une intolérance au gluten et au blé, est la forme la plus fréquente de l'intolérance alimentaire. « Chez les enfants, elle peut entraîner un retard de croissance », souligne le Dr Irani.
L'allergie alimentaire touche près de 6 à 7 % des enfants et 3 à 4 % des adultes dans le monde. Au Liban, selon une étude menée par les Drs Carla Irani et Georges Maalouly et publiée dans l'International Scholarly Research Notices, l'allergie alimentaire autosignalée toucherait 4 % des enfants et 3 % des adultes, les femmes (65 % de l'échantillon) beaucoup plus que les hommes. Basée sur un sondage téléphonique effectué auprès de 500 personnes, l'étude a montré que 73 % des personnes interrogées étaient allergiques à un seul allergène alimentaire.
En ce qui concerne les aliments incriminés, il s'agit surtout des fruits (35 % des cas), principalement les fraises et les pêches, suivis des œufs (19 %) et des cacahuètes (16 %). « Au Liban, comme dans toute la région de la Méditerranée, il existe des réactions croisées entre les pollens et les fruits, notamment les pêches, les prunes, les amandes vertes et les fraises, constate le Dr Irani. Cela signifie que le même allergène, notamment la profiline, existe dans les fruits et le pollen. Ainsi, la personne qui est allergique au pollen en question développe une allergie locale au niveau de la bouche si elle mange le fruit qui contient ce pollen. Si ces personnes épluchent le fruit auquel elles sont allergiques, elles peuvent facilement le tolérer. »
La spécialiste souligne en outre que des études internationales ont montré que chez les adultes, le poisson et les crustacés sont à l'origine d'un grand nombre d'allergies alimentaires. Les amandes, les pistaches, les noix, les noisettes et les cacahuètes, ainsi que le blé, les œufs, le soja et le sésame, au Liban et dans la Méditerranée, figurent aussi sur la liste des aliments allergisants. Chez les enfants, l'allergie alimentaire est essentiellement causée par les protéines de lait de vache, les œufs, le blé, les cacahuètes et le sésame.

Induire la tolérance
L'allergie peut apparaître à n'importe quel âge. Chez les enfants, « elle se manifeste généralement lors de l'introduction des protéines du lait de vache ». L'enfant a alors des urticaires, une éruption cutanée, du sang dans les selles ainsi que des douleurs abdominales et des reflux sévères. « L'eczéma chez l'enfant constitue un facteur de risque de l'allergie alimentaire », précise le Dr Irani. Et d'ajouter : « À l'âge adulte, le facteur génétique ou une gastro-entérite qui a changé la flore intestinale constituent les principaux facteurs de risque d'une allergie alimentaire. De même, le changement de l'acidité gastrique peut aussi augmenter le risque d'allergie alimentaire chez les adultes. »
Si l'allergie peut disparaître chez l'enfant, « il est très rare que ce soit le cas chez l'adulte, une fois qu'elle est installée ». En ce qui concerne le traitement, il consiste à éliminer complètement chez l'adulte l'aliment en question. « La prise d'antihistaminique n'assure pas une protection contre l'aliment, insiste-t-il. Par ailleurs, il faut garder sur soi de l'adrénaline qu'on injecte en cas de choc anaphylactique. »
Chez l'enfant, de nouvelles études menées aux États-Unis conseillent l'« induction de la tolérance ». Pour ce faire, il faut dans un premier temps éliminer complètement l'aliment en question. Après deux ou trois ans, on réintroduit l'aliment progressivement et par de petites quantités dans la préparation d'un plat pour voir comment il va réagir. « L'enfant a de fortes chances de perdre cette sensibilité à l'aliment », précise le Dr Irani.
Selon de nouvelles études également, « il est conseillé que la femme, durant sa grossesse, introduise dans son alimentation les produits potentiellement allergisants ». « Cela est susceptible de réduire les réactions allergiques chez l'enfant », note-t-elle.
Quid du diagnostic ? Le Dr Irani explique qu'il existe des moyens qui permettent de détecter une allergie alimentaire. Il s'agit de l'histoire familiale, de la manifestation immédiate de l'allergie ainsi que des tests qui permettent d'identifier l'aliment auquel une personne est allergique. « Pour ce qui est de l'intolérance, nous disposons de moyens efficaces d'identifier seulement une intolérance au gluten, insiste le Dr Irani. Ils consistent à effectuer un examen de sang et une colonoscopie. »

 

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Saliba Nouhad

Étonnant que vous survolez aussi vite, les problèmes d'intolérances alimentaires (surtout au gluten et au lactose), qui sont beaucoup plus prévalents que les pures allergies alimentaires et touchent de plus en plus un grand pourcentage de la population: ça pourrait éviter les confusions entre les deux...

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