Les négociations ouvertes entre Londres et Bruxelles, le patronat britannique veut profiter de l’affaiblissement de Theresa May et de sa ligne « dure » vis-à-vis de l’UE. François Lenoir/Reuters.
Les négociations étant désormais ouvertes entre Londres et Bruxelles (voir p. 6), le patronat britannique veut profiter de l'affaiblissement de Theresa May et de sa ligne « dure » vis-à-vis de l'UE. « Nous avons l'intéressante occasion de remettre l'économie au centre », a expliqué à ce sujet Carolyn Fairbairn, la patronne des patrons britanniques, lors d'une conférence de presse hier. « L'accent n'a pas été assez mis sur l'économie ces derniers mois, les emplois, la croissance, l'impact sur la vie des gens » entraîné par le Brexit, a souligné la directrice générale de l'organisation CBI.
L'équilibre des forces politiques semble désormais plus favorable, sur le papier, à une vision un peu « plus douce » du processus de sortie. D'abord parce que le Parti travailliste, a priori plus conciliant avec Bruxelles, est sorti renforcé du scrutin. Ensuite parce que les partisans d'une sortie moins brutale au sein du Parti conservateur sont déterminés à se faire entendre et disposent d'un poids d'autant plus important que sans eux Mme May n'a pas de majorité.
C'est le cas du chancelier de l'Échiquier, Philip Hammond, confirmé à son poste. Partisan d'une « approche pragmatique », il a plaidé dimanche sur la BBC pour une sortie « sans heurts » qui puisse, via des « structures de transition », protéger l'emploi et la croissance – tout en réitérant que l'application du Brexit signifiait bel et bien la sortie du marché unique européen et de l'union douanière.
Éviter la « falaise »
Une posture qui semble en adéquation avec les attentes des organisations patronales. Dans une lettre envoyée vendredi au ministre des Entreprises Greg Clark et dont le contenu a été diffusé dimanche soir, les dirigeants de cinq organisations patronales ont insisté sur l'importance d'une période de transition qui permettrait au Royaume-Uni de continuer de bénéficier des avantages liés à l'appartenance au marché unique et à l'union douanière « jusqu'à ce qu'un accord définitif soit conclu et mis en place ». De quoi éviter le scénario catastrophe dit « de la falaise », en vertu duquel les entreprises britanniques se retrouveraient du jour au lendemain hors du giron de l'UE – une possibilité théorique pour la fin mars 2019, date prévue du départ.
Concernant l'accord final, le patronat appelle entre autres à « un commerce des biens sans barrière tarifaire » entre le Royaume-Uni et l'UE, et à un système « d'équivalence et de reconnaissance mutuelles des normes » entre les deux parties pour favoriser les échanges de biens et de services – y compris les services financiers. Il voudrait aussi que le pays reste couvert par les accords de libre-échange déjà conclus par l'UE.
Patrice NOVOTNY / AFP


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