Liban

L’émouvant adieu d’Emmanuel Bonne au Liban : « Je n’aurai jamais de plus belle mission »

Diplomatie

Une cérémonie a eu lieu hier à la Résidence des Pins à la veille du départ pour Paris de l'ambassadeur de France.

17/06/2017

Le nouveau président français, Emmanuel Macron, a nommé Jean-Yves Le Drian ministre des Affaires étrangères. Ce dernier a choisi un de ses proches pour diriger son cabinet. Il s'agit d'Emmanuel Bonne, ambassadeur de France à Beyrouth, qui a vu ainsi sa mission diplomatique au Liban arriver à expiration.

Mais le jeune diplomate n'a aucunement voulu que son adieu au pays du Cèdre soit ordinaire. Bien au contraire. Il a saisi l'occasion pour rassembler autour de lui ses « amis libanais » dont il gardera toujours un très beau souvenir.

C'est ainsi que plusieurs personnalités politiques et des représentants de la société civile se sont retrouvés hier à la Résidence des Pins pour rendre hommage et faire leurs adieux au nouveau chef de cabinet du ministre des A.E.

Étaient notamment présents Mireille Aoun Hachem, représentant le président de la République, Michel Aoun, Moustapha Berry, représentant le chef du législatif, Nabih Berry, le nonce apostolique au Liban, Gabriel Caccia, l'ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Richards, les ministres de l'Éducation, Marwan Hamadé, de la Culture, Ghattas Khoury, et d'État à la Planification, Michel Pharaon. Il y avait aussi les députés Fouad Siniora, Nabil de Freige, Nadim Gemayel, Simon Abi Ramia et Alain Aoun, ainsi que les anciens députés Solange Gemayel et Misbah Ahdab, aux côtés de l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, de l'ancien président de la Chambre Hussein Husseini, de Nader Hariri et de la représentante du secrétaire général de l'ONU, Sigrid Kaag.

 

(Lire aussi : Dernière tournée protocolaire de Bonne, rentré hier à Paris)

 

 

Prenant la parole, Emmanuel Bonne a reconnu qu'il n'est pas facile de quitter le Liban mais que son départ est dicté par son ambition de servir la France, « d'autant que c'est le devoir d'un diplomate », a-t-il souligné.
Sur un ton nostalgique, le diplomate a rappelé sa riche expérience accumulée durant deux ans de service à Beyrouth. « Je quitte le Liban avec plein de sentiments et d'espoirs », a-t-il dit avant d'exprimer sa « reconnaissance envers les Libanais ». « Je vous suis reconnaissant, a-t-il dit, pour votre amitié, pour tout ce que vous donnez à la France. » Celle-ci « sent qu'elle a un message, et a des amis partout dans le monde », a insisté M. Bonne. « Vous êtes des amis fidèles, chaleureux, et généreux », a encore dit le diplomate à l'adresse de l'assistance.

Emmanuel Bonne s'est, par ailleurs, félicité de la place qu'occupe le Liban « dans sa diversité, et son unité, son ouverture, et son goût de la politique, même si on ne parle souvent que de ses crises ».
Exprimant son grand amour pour ce petit pays du Moyen-Orient, M. Bonne n'a pas manqué de se dire « fier d'avoir servi au Liban ». Anticipant les prochaines étapes de sa carrière diplomatique et politique, il a déclaré d'un ton sûr : « Je n'aurai jamais de plus belle mission que celle du Liban. »
Il s'est montré tout aussi confiant du fait que « l'amitié franco-libanaise, qui est le produit d'une longue histoire, a un avenir », se félicitant « des projets exécutés dans les domaines de la sécurité, de l'économie et de l'éducation ».

Rendant hommage à l'École supérieure des affaires (ESA), à son directeur Stéphane Attali et ses employés, l'ambassadeur de France s'est dit fier du fait que vingt ans après le renouvellement de cette institution, « l'ambition existe toujours ».
Enfin, Emmanuel Bonne a exprimé ses espoirs pour « la France qui vient d'élire un nouveau président », ainsi que pour le Liban, « ce pays extraordinaire et plein de ressources ».

Comme la cérémonie coïncidait avec l'adoption par le Parlement de la nouvelle loi électorale, M. Bonne n'a pas pu s'empêcher de l'évoquer. « Il a fallu que je parte pour que la nouvelle loi voie le jour », a-t-il lancé avec ironie, félicitant les représentants des partis politiques pour l'accord conclu sur ce plan. « Je crois que vous avez prouvé que dans les moments difficiles, vous prenez les bonnes décisions, et vous pouvez compter sur votre amie la France », a-t-il ajouté.

« L'esprit de finesse »
De son côté, le nonce apostolique au Liban, Mgr Gabriele Caccia, en sa qualité de doyen du corps diplomatique, a rendu un émouvant hommage à l'ambassadeur et lui a remis un écusson en signe de reconnaissance. Il a loué la capacité d'Emmanuel Bonne à connaître ses dossiers, mettant l'accent sur « sa clarté et sa lucidité ». « Pour vous le décrire j'utiliserai un seul mot : l'esprit de finesse », a déclaré Mgr Caccia, avant de poursuivre : « Cet esprit est précieux et la nouvelle équipe de France en a besoin. » S'adressant à M. Bonne, Mgr Caccia a conclu : « Ce n'est pas un adieu, d'autant que vos responsabilités vont vous ramener au Liban. Alf Mabrouk (mille félicitations). »

 

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Joseph KHOURY

C'est encore et toujours vrai: "Les liens entre la France et le Liban s'illustrent par leur solidité et leur sincérité" - Général de Gaulle

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

OU DE PLUS BONNE CUISINE !

Bouez Chahine

Tous les Ambassadeurs de France qui se sont succédés au Liban depuis 1946 auraient dit la même phrase qu'Emmanuel Bonne. Le comte Armand du Chayla, premier Ambassadeur de 1946 à 1952 que je rencontrais tous les dimanches des années 1970 à l'église N-D du Liban à Paris m'avait dit presque ceci : Mon séjour au Liban pendant six ans fut le beau de ma carrière diplomatique.
Alfayn Mabrouk (2000 félicitations) pour Emmanuel Bonne.

M.V.

Les socialistes sont les rois pour manipuler l'émotion populaire et masquer leurs marche inexorable vers une faillite finale.. car depuis la chute du mur de Berlin ,il y a 28 ans ,le socialisme est en fin de cycle de partout en UE et dans le monde....Quand au bilan de M.Bonne ..il est plutôt faible...Adieux.

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