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Scan TV

De petits et grands talents évoluant dans l’orbite des vedettes font toute la différence

Feuilletons du ramadan
17/06/2017

Ce que des milliers de téléspectateurs trouvent regrettable, c'est la fin du mois de ramadan. Avec la fin de ce mois, qui est certes réservé à la prière, au jeûne et à l'aumône, arrive la fin tant attendue, mais désolante, des feuilletons qui ont embaumé, n'en déplaise à certains, les soirées des téléspectateurs observant le jeûne ou non.

Au cours de ce mois, on a vu défiler dans la plus grande discrétion, et loin de toute vanité, l'essence et la crème de la crème de notre équipage dramatique ou celui des voisins syriens dans des rôles pourtant tagués de secondaires. Certes, il n'y avait pas de place pour tous les géants dont les dons sont régulièrement ignorés sur la scène libanaise, mais certains ont pu heureusement se faufiler et se trouver une petite place qui s'est avérée essentielle entre les reines de beauté, les présentatrices de télévision, la cousine, la femme ou la fille de la copine du producteur.

Sur les chaînes libanaises, nous avons eu le plaisir de retrouver Assaad Rechdan, Nicolas Daniel, Randa Kaady, Gabriel Yammine et surtout Mona Wassef, qui a redéfini, comme à son habitude, les rôles secondaires de manière à éclipser les acteurs principaux. D'autres acteurs se sont démarqués chacun dans leur rôle respectif un peu plus que leurs collègues leur donnant la réplique, à l'instar de Viviane Antonios, Youssef Haddad, Rania Issa, Michel Hourany et Rita Harb dans Adham Beik. Talal Jurdy, Pierre Dagher et Pierre Jamajian sont superbes de leur côté dans Caramel. Rodrigue Sleimane et Gabriel Yammine dans Wared Joury, et l'incomparable Rodney el-Haddad (très convaincant et attendrissant), Rita Aad (la hilarante Joulia) dans La Akher Nafass, et aussi Owiss Mokhllati, Abdo Chahine et Samer Kahlawy dans al-Haybé, qui ont donné plus de poids et de crédibilité à la personnalité jouée par Taim Hasan (Jabal Cheikh el-Jabal).
Mais ceux qui ont vraiment brillé d'une façon remarquable sont Assad Rechdan (Abou Firas), Mona Wassef (Em Jabal) et Randa Kaady (Taminé).

Ils ont montré à tous les téléspectateurs que les petits rôles n'existent pas, mais seulement de grands acteurs qui savent comment briller, indépendamment du rôle qui leur est confié. La tonalité de leur voix et la maîtrise parfaite de chaque personnage qu'ils jouent nous font facilement oublier leurs vraies personnalités ou un autre personnage qu'ils jouent eux aussi dans un feuilleton concurrent.

Les prestations d'Assaad Rechdan, majestueux physiquement et vocalement avec son air mélodramatique dans Adham Beik et Wared Joury, de Mona Wassef, en parraine intransigeante et mère lionne, de Abdo Chahine (Chahine), complètement bluffant dans le rôle du cousin soumis à l'autorité mais bouillonnant de l'intérieur dans al-Haybé, ainsi que de la fabuleuse Randa Kaady dans le rôle comique de Brigitte dans La Akher Nafass et celui dramatique et désespérant de Taminé dans Adham Beik ont presque éclipsé celles des stars-vedettes médiatisées et figurant souvent seules sur les affiches publicitaires. Nicolas Daniel a lui aussi réussi à se faire détester facilement dans son rôle et à imposer sa signature d'acteur chevronné dans Weyn Kenti face à la jeune Rita Hayek et Carlos Azar avec des passages de pur bonheur assurés par l'incorrigible et sympathique Antoinette Akiki.

Sans les passages rafraîchissants de Rita Aad (Julia) dans La Akher Nafass et Gabriel Yammine (aussi dans Wared Joury), le résultat n'aurait pas été le même. La jeune femme a réussi à séduire petits et grands avec son air candide, ses idées révolutionnaires et une spontanéité attachante. Gabriel Yammine a été pour sa part la touche raffinée qui vient rehausser le casting dans chacune des œuvres. Sa seule présence dans une prise, même s'il ne doit prononcer aucune syllabe, suffit à émouvoir le public conquis par un charisme et un don indéniables, que ce soit dans un théâtre ou dans le petit écran.

De très jeunes talents prometteurs ont par ailleurs fait le bonheur des téléspectateurs avec leurs passages cette saison. Nous citerons quelques-uns d'entre eux comme Jad Khater, Élie Choufani, Carmen Bsaibes et Marianne Bou Mosleh dans La Akher Nafass, Stephanie Atallah, Natasha Choufani (Bi Lahza) et Jean Daccache dans Wared Joury. Toutes ces magnifiques personnalités incarnées par de grands acteurs libanais ou syriens et ces jeunes talents ne seraient jamais sortis de l'ombre sans les plumes des scénaristes talentueux (Claudia Marchelian, Carine Rizcallah, Hozan Akko, Tarek Soueid, Nadine Jaber...) et le travail acharné des réalisateurs visionnaires (Samir Habchy, Samer al-Berkawy, Assad Fouladkar, Oussama Hamad) dont nous sommes fiers et que nous espérons suivre plus souvent sur nos chaînes télévisées. Ces derniers nous réservent de belles surprises dans chacune de leurs histoires respectives ; alors à vos télécommandes et bonne fin du mois de ramadan devant vos petits écrans, seule échappatoire, pour certains, à la triste réalité.

 

 

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