X

La Dernière

Ray el-Daher, dompteuse d’oliviers

Beyrouth Insight

Elle a les pieds ancrés dans sa terre de Argess, dans ses 24 ans pleins d'ambition et des rêves plein la tête.
Prêts à être cueillis...

Carla Henoud | OLJ
16/06/2017

C'est une jeune fille en fleurs, bien dans son temps, dans son métier et dans sa passion. Jolie comme un cœur, un sourire assez solaire, Ray el-Daher est aussi bien derrière un bureau, noyée dans des analyses et des chiffres prévisionnels, que dans un champ d'oliviers, son éden qui lui donne de grands bonheurs et de nouveaux plaisirs. De ses études en architecture d'intérieur, elle a conservé un goût pour les belles maisons, les intérieurs bien aménagés, à sa manière, et surtout l'envie... de faire un autre métier.

« Je n'ai pas résisté longtemps... Travailler selon le goût d'un client qui transforme ma vision et mes envies, c'était un cauchemar. » Pas pour elle, donc, un métier qu'elle n'aime pas. Une liberté altérée. Elle se trace donc un nouveau parcours professionnel en intégrant la LBCI, dans le département digital d'abord, puis fait un passage auprès de Booz, en prend le meilleur avant de réintégrer la LBCI et de devenir business analyst. « Je devais remplacer quelqu'un, ce qui m'a permis, très vite, de m'adapter et d'apprendre ce métier passionnant. » Là, Ray el-Daher doit jongler avec les chiffres, les audimats, la programmation, comparer les chiffres des audiences, minute par minute. « Cinq minutes peuvent faire une grande différence dans le domaine de la télévision, précise-t-elle. C'est un exercice très vivant. Je ne m'étais jamais vue là, mais c'est le bon endroit pour moi. » Le bon endroit côté pile, car côté face, le rat des villes se transforme, chaque week-end, en rat des champs. Et ces champs ont un nom : Argess.

 

Les mains dans la terre
« Nous avons toujours vécu à Adma, confie Ray, qui n'est autre que la fille de Pierre et Randa el-Daher. Mais Argess, près de Zghorta, est notre village familial. » Alors qu'elle y passe du bon temps avec des amis, elle (re)découvre au hasard de ses balades les superbes propriétés familiales, cassées, abandonnées, presque oubliées. Au total, cinq grandes et une petite. Elle pense alors à l'urgence de les sauver et d'en profiter. « Il faut faire quelque chose et je vais le faire seule ! » Elle découvre en même temps que la famille possède plusieurs lots de terrains de 70 000 mètres au total, avec de sublimes oliviers. Là aussi, se dit-elle, « il faut faire quelque chose et je vais le faire seule ! ». Plus de 1 000 oliviers seront soignés et 250 plantés.
Ray el-Daher apprend ainsi à apprivoiser les terrains, le climat et les oliviers, avant de s'attaquer à la production des olives. Elle achète des machines, des tracteurs, des caisses. Elle fait des rencontres, engage de nouvelles personnes, apprend les mots techniques, les mots affectueux, les gestes à faire, les propos qui rassurent. « Petit à petit, au bout de quelques mois, j'ai saisi les petits détails, compris les petites erreurs à éviter. » La première année, après une bonne saison, elle récolte 19 000 kilos d'olives qu'elle revend immédiatement à des producteurs d'huile d'olive. La saison suivante, les ouvriers, désormais rompus à l'exercice, travaillent plus vite. Et des olives tombées par terre en raison des pluies, la jeune femme pense en faire du savon.

L'esprit pratique, mais avec du cœur et beaucoup de passion, elle suit un plan précis, sans brûler les étapes, avec pour prochain objectif retaper les maisons, toutes des joyaux, dont une qui sert de pressoir d'huile, et, au bout de quelques années, en faire des maisons d'hôte pour accueillir des visiteurs. Encourager l'écotourisme et leur faire découvrir la région et la production. La première d'entre elles a déjà été restaurée et peut donner une idée précise du talent de l'architecte d'intérieur qu'elle est, et du potentiel de ce projet. À la recherche d'investisseurs, car, encore une fois, elle veut l'accomplir seule, à la recherche d'un label qui illustre parfaitement la transparence de son concept, Ray el-Daher continue de monter chaque week-end murmurer à l'oreille de ses oliviers, les voir grandir et se reposer à l'ombre de leur présence protectrice. « J'aime l'équilibre Argess et la ville. Entre le travail à la LBCI, plein de vie, et ce projet », dit-elle, impatiente que le samedi arrive...

 

Dans la même rubrique

Lary Bou Safi, à pile ou farce

Lamia Moubayed Bissat, « désespérément déterminée »

Naël Chehab, élément moteur

À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Chammas frederico

Il nous faudrai beaucoup de "Ray El Daher" pour valoriser tous nos sites exceptionnels et insuffler "l'amour de notre territoire"
Il en résultera , en plus, un profond amour de notre pays excetionnel

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUAND ON Y BOSSE TOUT EST POSSIBLE...

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Soutenez notre indépendance!