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Moyen Orient et Monde - Royaume-Uni

Theresa May, « cadavre ambulant », toujours en quête de majorité

Le projet d'accord gouvernemental avec le DUP a suscité hier l'inquiétude de Dublin, qui craint le « défi » posé au processus de paix dans la région.

« Theresa May est un cadavre ambulant », a lancé George Osborne, ministre des Finances jusqu’en 2015, sur le plateau de la BBC. Stefan Wermuth/Reuters

La pression restait maximale, hier, sur la Première ministre britannique Theresa May.
« C'est un cadavre ambulant », a lancé George Osborne, ministre des Finances jusqu'en 2015, sur le plateau de la BBC, ajoutant, assassin, que « la seule question est de savoir combien de temps elle va passer dans le couloir de la mort ». L'ancien ministre et rival de Mme May, reconverti comme rédacteur en chef du quotidien The Evening Standard, s'est ajouté à la longue liste de ceux qui estiment que la situation de Theresa May est devenue intenable depuis le revers humiliant enregistré jeudi aux législatives anticipées.
La presse britannique estimait hier que Mme May pourra difficilement conserver les clés du 10, Downing Street au-delà de quelques mois. Le Sunday Times assure même que Boris Johnson se prépare à lui ravir le trousseau. Le ministre des Affaires étrangères a démenti et assuré qu'il était « à 100 % derrière Theresa May ». Le Parti conservateur de Mme May a perdu sa majorité absolue lors de ce scrutin destructeur et dépend désormais du sulfureux parti unioniste protestant du DUP, dont les dix élus permettraient aux Tories (318 députés) d'atteindre les 326 sièges requis pour gouverner tant bien que mal.
Dans une séquence symbolisant le chaos politique dans lequel est plongé le Royaume-Uni, Downing Street a d'abord annoncé samedi qu'un accord de principe avait été trouvé avec l'ultraconservateur DUP. Avant de rectifier le tir dans la nuit, indiquant qu'aucun marché n'avait encore été conclu.

« Tentative désespérée »
« On a bien avancé hier (samedi) mais les discussions continuent », a confirmé hier la cheffe du DUP, Arlene Foster, à la chaîne SkyNews, précisant qu'elle devait rencontrer Mme May à Londres, demain. Ce jour-là, le nouveau Parlement doit siéger une première fois à Westminster, avant la cérémonie d'ouverture solennelle le lundi 19 juin, à la date prévue également pour lancer les négociations sur le Brexit. Le projet d'alliance entre les conservateurs et le DUP soulève beaucoup de critiques, notamment à cause du conservatisme social du parti nord-irlandais, farouchement opposé au mariage des homosexuels et à l'avortement. Une pétition dénonçant une « tentative désespérée et choquante pour rester au pouvoir » a déjà recueilli plus de 660 000 signatures. Au sein même du parti tory, Ruth Davidson, à la tête des conservateurs écossais, a réclamé des assurances en cas d'accord avec le DUP sur les droits de la communauté LGBT, elle qui a prévu de se marier prochainement avec sa compagne irlandaise.

« Discréditée, humiliée »
« Soyons clairs : ce n'est pas parce que le DUP accepte de nous soutenir sur les questions économiques ou sécuritaires que nous sommes d'accord avec tout leur programme », a commenté Michael Fallon, reconduit au ministère de la Défense. Le ministre a ajouté qu'il ne s'agissait pas de bâtir une coalition formelle avec le DUP, mais de passer un accord qui prévoit son soutien lors des votes importants au Parlement comme celui sur le budget par exemple.
Le projet d'accord gouvernemental avec le DUP a également suscité hier l'inquiétude de Dublin, qui craint le « défi » posé au processus de paix dans la région. Lors d'une conversation téléphonique avec Mme May, Enda Kenny a fait part de sa « préoccupation » devant le projet d'alliance entre les Tories et ce petit parti ultraconservateur pro-Brexit. Le chef du gouvernement irlandais, qui doit laisser sa place à son successeur la semaine prochaine, a prévenu Mme May que « rien ne doit remettre en cause l'Accord du vendredi saint » qui a mis fin en 1998 à trente ans de violences en Irlande du Nord.
Arguant d'un besoin de « stabilité » face à l'urgence du Brexit, Mme May a refusé de démissionner et confirmé son intention de débuter « comme prévu les discussions sur le Brexit dans les deux semaines » lors d'une conversation téléphonique samedi avec la chancelière allemande Angela Merkel. Le ministre Michael Fallon a laissé entendre que le Royaume-Uni pourrait changer de ton dans ces négociations, en soulevant notamment l'importance de « trouver un accord sur l'immigration qui soit acceptable pour nous ».
En attendant, Theresa May a dévoilé hier l'intégralité de son gouvernement, y apportant peu de changements. Ce remaniement de faible ampleur est considéré comme le reflet de la position affaiblie de Mme May après les élections législatives qu'elle avait convoquées alors qu'elle caracolait dans les sondages, et où elle a finalement perdu la majorité absolue dont elle disposait.
Source : AFP

La pression restait maximale, hier, sur la Première ministre britannique Theresa May.« C'est un cadavre ambulant », a lancé George Osborne, ministre des Finances jusqu'en 2015, sur le plateau de la BBC, ajoutant, assassin, que « la seule question est de savoir combien de temps elle va passer dans le couloir de la mort ». L'ancien ministre et rival de Mme May, reconverti comme rédacteur en chef du quotidien The Evening Standard, s'est ajouté à la longue liste de ceux qui estiment que la situation de Theresa May est devenue intenable depuis le revers humiliant enregistré jeudi aux législatives anticipées.La presse britannique estimait hier que Mme May pourra difficilement conserver les clés du 10, Downing Street au-delà de quelques mois. Le Sunday Times assure même que Boris Johnson se prépare à lui ravir le trousseau....
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