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À La Une - Législatives

En Grande-Bretagne, ultime journée d'une campagne exceptionnelle marquée par des attentats jihadistes

L'enquête sur l'attentat de Londres toujours en cours, le bilan porté à 8 morts.

La Première ministre britannique Theresa May et son adversaire du Labour, Jeremy Corbyn. Photos AFP

La Première ministre britannique Theresa May et son adversaire Jeremy Corbyn tenaient mercredi leurs ultimes meetings d'une campagne électorale marquée par des attentats jihadistes, à la veille de législatives au résultat incertain mais déterminant pour les négociations du Brexit.

Les questions de sécurité se sont imposées au coeur des débats alors que Londres a une nouvelle fois été frappée en son coeur samedi, moins de trois mois après une première attaque, et douze jours après l'attentat contre le public d'un concert à Manchester.

Signe de l'intense vigilance mêlée de fébrilité dans la capitale britannique, une explosion contrôlée a eu lieu mercredi près de la future ambassade américaine où "deux véhicules abandonnés" avaient été repérés. La police a ensuite précisé que cette intervention était "sans lien avec le terrorisme".

Le Brexit, qui dominait initialement la campagne, a été relégué au second plan quand bien même ces législatives anticipées ont été convoquées par Theresa May dans le but de renforcer sa courte majorité au Parlement en vue des difficiles négociations de sortie de l'Union européenne.

Les conservateurs comptent récupérer le maximum de voix du parti europhobe Ukip, troisième force politique du pays en 2015 mais en pleine déconfiture depuis le départ de son charismatique leader Nigel Farage.

 

 

 

Dynamique travailliste
Les nationalistes écossais du SNP espèrent, eux, préserver leur écrasante domination au Parlement de Westminster -- 56 sur 59 sièges écossais aux dernières élections de 2015 -- pour continuer à prôner un nouveau référendum d'indépendance.

Pour la dernière journée de campagne, Theresa May participait à trois rassemblements en insistant sur le fait qu'elle était "la seule" à pouvoir arracher "un bon accord sur le Brexit" et que le Labour allait "plomber l'économie britannique".

Le leader du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, avait prévu une journée marathon de cinq meetings à Glasgow (Ecosse) Liverpool, et Londres.
"Nous avons 24 heures pour sauver le NHS", le système de santé public, a souligné le candidat, dénonçant à l'envi les coupes budgétaires des Conservateurs envers la sécurité sociale et la sécurité.

Depuis les attentats, Jeremy Corbyn accuse la Première ministre d'avoir réduit drastiquement les effectifs de la police alors qu'elle était ministre de l'Intérieur (2010-2016), et promet de recruter 10.000 agents supplémentaires.

Les Travaillistes espèrent concrétiser dans les urnes la bonne dynamique que connait le parti même si les Tories restent favoris.

L'écart de plus de 20 points qui séparait les deux formations lorsque Theresa May a convoqué ces élections en avril s'est réduit au point de voir les travaillistes talonner les conservateurs à la veille du scrutin, selon certaines estimations.

 

(Lire aussi : Le 3e auteur de l’attaque a été identifié)

 

Tour de vis
De son côté, Mme May a annoncé envisager un nouveau tour de vis législatif qui pourrait restreindre certains droits fondamentaux pour réduire la liberté de mouvements des personnes suspectées d'activité terroriste, s'attirant les foudres de l'ONG Human Rights Watch.

L'enquête sur l'attentat de Londres, dont le bilan a été porté à huit morts, de cinq nationalités différentes se poursuit.

La police a annoncé avoir repêché dans la Tamise le corps d'un homme dans le cadre de sa recherche d'un Français disparu, Xavier Thomas. Le président français Emmanuel Macron a annoncé dans la foulée qu'un troisième Français était mort dans l'attaque. Vingt-huit blessés sont toujours hospitalisés dont dix dans un état critique, selon le NHS.

La police annoncé l'arrestation d'un homme de 30 ans lors d'une perquisition menée à Ilford, un quartier de l'est de Londres, non loin de Barking, où habitaient deux des trois auteurs de l'attentat, commis par un Britannique d'origine pakistanaise, un Maroco-Italien et un Maroco-Syrien.

A Manchester, où 22 personnes avaient été tuées par un kamikaze le 22 mai, la police a annoncé mercredi une nouvelle arrestation. Au total, huit personnes sont détenues dans ce dossier.

Les analystes estiment très difficile de mesurer les répercussions des attentats sur le résultat du scrutin. Selon Eric Kaufmann, professeur de sciences politiques à l'Université de Londres, ce type d'attaques "ont tendance à conforter les électeurs dans leurs convictions".

Reste que, selon lui, les conservateurs au pouvoir, jugés "plus solides" en matière de sécurité, ont été fortement critiqués, deux des trois assaillants étant connus des services de sécurité. L'un d'eux était même apparu dans un documentaire sur une chaîne nationale en 2016.

 

 

 

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