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Moyen Orient et Monde - Éclairage

L’intouchable Jared Kushner, englouti par le gouffre russe

Les relations entre le président américain et son gendre sont en question.

Photo d’archives montrant le président Trump en compagnie de son gendre et conseiller Jared Kushner. Reuters/Kevin Lamarque/File Photo

Pratiquement, tous les membres de l'équipe de travail du président Donald Trump sont impliqués dans l'affaire russe. Cerise sur le gâteau, l'enquête à ce sujet vient de toucher de plein fouet son gendre et principal conseiller, Jared Kushner, « l'enfant miracle ». Ce dernier, semble-t-il, voulait établir un canal de communication secret avec le Kremlin, à l'insu des services de renseignements américains. De plus, il avait demandé (avant l'investiture du président Trump) à l'ambassadeur russe, Serguei Kislyak, que le contact se fasse entre les murs de son ambassade. Ayant ainsi compromis sa position, les deux partis américains appellent désormais à lui retirer son privilège d'accéder aux documents secrets.

Réponse furieuse du président et beau-père : ces accusations sont des fuites de la Maison-Blanche même. Mais indépendamment de ce que disent la présidence et le président, l'enquête est toujours en train d'être menée. Et avant-hier, c'était au tour de l'avocat du président Donald Trump, Michael Cohen, d'être convoqué par deux panels du Congrès pour qu'il leur communique ce qu'il sait sur les contacts avec les Russes qui ont provoqué un tollé général, sans que quelqu'un ne parle de trahison. Un mot auquel, parfois, on fait allusion dans la presse écrite et audiovisuelle qui évoque les « Cambridge Five », ou Kim Philby et compagnie. Parfois aussi, on trouve sur la toile des insinuations tendancieuses concernant des traîtres américains aux noms juifs.

 

(Pour mémoire : Affaire russe : Trump affiche sa "confiance totale" à son gendre Jared Kushner)

 

Derrière une façade policée, l'art de l'esquive
À noter, par ailleurs, que M. Cohen, avocat personnel du président, présente un profil assez controversé. Pour avoir son moment de célébrité, il avait fièrement posté sur les réseaux sociaux la photo de sa fille, Samantha, 20 ans, en tenue superlégère.
C'est dans ce contexte qu'Ivanka Trump, l'épouse de Jared Kushner, a disparu dernièrement de l'actualité. Elle vient d'annoncer qu'elle avait décidé d'évaluer, tous les six mois, la logique de continuer à être, ou pas, à Washington.

La seule voix à défendre Kushner est restée, sans surprise aucune, la chaîne de télévision Fox, ultraconservatrice et porte-parole de Trump.
Jared Kushner, qui est un juif orthodoxe, a passé le shabbat dernier en réclusion avec son épouse Ivanka Trump dans un club select appartenant au président américain, le Bedminster, à New Jersey. Selon ses croyances religieuses, il avait déconnecté tous les appareils électroniques et il aurait quitté les lieux l'air soucieux, mais aussi anxieux de défendre sa réputation devant le Congrès. D'après deux de ses assistants, il n'est pas clair comment seront les relations de Kushner avec le tempérament changeant de son beau-père, connu pour préférer mettre une distance entre lui et un scandale.

Le congressman démocrate Adam Schiff, à la tête du comité au Congrès enquêtant sur l'affaire de l'interférence russe, a dit lors d'une interview, dimanche dernier, que Kushner a emmené l'enquête de la périphérie de la campagne de Trump et de la période de transition au Bureau ovale.
La question que l'on se pose actuellement est de savoir si Jared Kushner a agi, ou pas, à la demande de son beau-père ? Dans un cas comme dans l'autre, la réponse est déterminante concernant les investigations.

 

(Lire aussi : Trump attaque les « mensonges » des médias)

 

D'après des journalistes américains qui couvrent quotidiennement la Maison-Blanche, durant ces dernières semaines, la relation Trump-Kushner était stable dans un « West Wing » instable, mais, à présent, la tension est visiblement montée entre eux. Le président Trump, sentant qu'il est mal servi par son équipe, en réunissait souvent les membres (sauf son gendre) pour les tancer. Aujourd'hui, il l'inclut, pour indirectement, lui laisser entendre son mécontentement. Selon un analyste, malgré l'impression qui se dégageait dans le cercle rapproché du président américain que Kushner était intouchable, ce dernier n'était pas proche de son beau-père avant 2016. Le rapprochement s'est produit durant la campagne électorale. Le beau-fils jouant sur la loyauté, le sens de la famille.

Une façade bien policée derrière laquelle se cache, selon des proches, un Kushner habile à s'esquiver en temps de crise : il avait été notamment skier en famille en plein vote de la loi sur la Sécurité sociale. Dans ses propres affaires, il va encore plus loin, selon le New York Times, qui le révèle propriétaire implacable d'un complexe d'habitations pour très petits budgets à Baltimore, menaçant (par personnes interposées) les locataires ne payant pas à temps. Lesquels ignorent à qui ils ont affaire.
Hier même est sorti un ouvrage signé David Brook et intitulé Les politiques claniques : les aventures de Jared Kushner. Des aventures qui l'ont plongé dans le gouffre russe en tandem avec son beau-père.

 

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