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Moyen Orient et Monde

Les huit jours qui ont secoué Washington

Éclairage

Selon le « New York Times », le président Trump avait demandé à James Comey de laisser tomber le dossier du général Flynn.

18/05/2017

Le présumé partage d'informations hautement classifiées du président américain Donald Trump avec les Russes, au sein de la Maison-Blanche, n'a fait qu'amplifier la grogne qui monte, de plus en plus, chez les électeurs républicains contre leurs représentants au Congrès. Ils considèrent que ces derniers sont plus préoccupés par les « affaires » du président Trump que par leurs problèmes quotidiens.

Depuis un certain temps, les élus républicains traînaient les pieds pour se rendre auprès de leurs électeurs locaux qui commençaient à leur demander des comptes sur ce qui se passait dans la capitale fédérale. Cette atmosphère de méfiance a poussé les leaders du GOP à réagir officiellement. Le premier à mettre en garde contre l'attitude désinvolte du président américain envers les Russes a été le sénateur Bob Corker, président du Comité des relations étrangères au Sénat. Il avait tout de suite réagi en dénonçant « la spirale descendante à la Maison-Blanche, qui doit mettre ses affaires en ordre ». Ont suivi le sénateur John McCain (qui trouve cela inquiétant), le sénateur Richard Burr (qui, en vain, avait essayé de contacter la Maison-Blanche avant-hier mardi) et la congresswoman Barbara Comstock (tout cela est hautement troublant).

 

(Lire aussi : Face aux scandales, Donald Trump dénonce un traitement injuste)

 

Par ailleurs, répondant par tweet au droit dont s'est prévalu le président Trump de dévoiler des informations concernant le terrorisme, le Huffington Post a précisé, que, certes, le chef d'État est habilité à déclassifier, mais dans des conditions de sécurité immédiates. S'il est également autorisé à presser le bouton du nucléaire, cela n'implique pas qu'il peut le faire quand bon lui semble. Il a été aussi rappelé que, récemment, des membres de la CIA, qui avaient divulgué des dossiers Top Secret, avaient encouru entre deux ans et demi et trois ans de prison. Si le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, pense que c'est là une diversion, Erick Erickson, un grand nom du conservatisme, ne doute pas, lui, qu'il y a beaucoup plus que ce qui est rapporté sur la confidentialité américano-russe.

 

(Lire aussi : Israël fait profil bas face au scandale des informations classifiées de Trump)

 

De source israélienne
Et comme depuis une semaine les révélations se suivent à un rythme accéléré (une le matin, une le soir, si ce n'est plus), le New York Times a publié, avant-hier, un article expliquant que « selon un officiel américain, familier de la manière dont les États-Unis obtiennent leurs informations, les éléments secrets évoqués durant la réunion avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ont été fournis par Israël ». Ce que les officiels israéliens n'ont pas confirmé. Le même quotidien new-yorkais étalait, la nuit, un autre scoop sur ses pages : le mémo rédigé par James Comey, à l'issue du dîner qu'il avait eu avec le président Trump en janvier dernier, et alors qu'il dirigeait encore le FBI. On y apprend que le président Trump avait demandé à M. Comey (aujourd'hui démis de ses fonctions) de laisser tomber le dossier du général Flynn (qui avait dû démissionner de son poste de directeur du Conseil de sécurité nationale).

On entend de plus en plus, le « I Word », (Impeachment ou destitution) de même que l'expression « Clock Impeachment » (horloge de la destitution). Alors que les reporters, couvrant la Maison-Blanche, racontent que ces derniers jours, ils ont entendu des éclats de voix provenant de salles de réunions. Encore une preuve de l'atmosphère chaotique régnant dans la présidence. L'étau se resserrait hier soir sur le président américain qui a estimé « qu'aucun homme politique n'est traité plus injustement » que lui. Le directeur limogé du FBI, James Comey, a pour sa part été invité à une audition publique au Congrès.
Et il est une nouvelle manière de mesurer la popularité du milliardaire devenu président : la star du film Baywatch (The Rock, de son vrai nom, Dwayne Johnson, lutteur devenu acteur) vise la présidence en 2020 et le sondeur, Public Policy Polling, le projette, dans les conditions actuelles, menant la course contre Trump à 42/37.

 

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