Liban

Le commandant en chef de l’armée rassure les Libanais sur la sécurité dans le pays

Terrorisme
30/05/2017

Désigné à la tête de l'armée le 8 mars dernier, le général Joseph Aoun a déjà imprimé sa marque sur la troupe. Les opérations contre Daech et Nosra se sont intensifiées dans le jurd de Ersal, dans la plus grande discrétion, alors que les unités de l'armée étendent lentement et sûrement leur autorité sur toutes les frontières du Liban, au Nord, à l'Est et même au Sud, aux côtés de la Finul. En même temps, l'armée est en train de recevoir des armes américaines importantes, comme des avions de combat Super Tucano et des hélicoptères, des blindés M2 Bradley et des missiles. Mais le plus important reste les dispositifs de surveillance technologiques des frontières, pour pouvoir lutter efficacement contre le terrorisme.

Le général Joseph Aoun a d'ailleurs effectué une visite aux États-Unis qui a été qualifiée de très fructueuse, puisque les Américains ont décidé de renforcer leur aide militaire à l'armée, considérée comme l'une des armées qui combat le mieux le terrorisme dans la région, ayant réussi à préserver une stabilité minimale dans le pays, en dépit de tous les facteurs explosifs, comme l'afflux de déplacés syriens et la présence de réfugiés palestiniens, ainsi que l'émergence d'une vague de radicalisation confessionnelle dans la région et les menaces israéliennes répétées.

L'armée libanaise est donc en train de remplir son rôle avec une grande efficacité, en se basant sur les compétences de ses hommes mais aussi sur l'appui de la population, tous les sondages effectués par les instituts spécialisés montrant que l'armée libanaise est l'institution publique la plus respectée des Libanais. Elle reste donc le ciment national de la population et c'est pourquoi elle n'a pas connu d'importantes désertions depuis la vague de radicalisation dans la région et, au contraire, elle continue à être solide et à se battre là où il le faut, loin des considérations confessionnelles. C'est d'ailleurs parce que l'administration américaine a vu le général Joseph Aoun à l'œuvre qu'elle a décidé d'augmenter l'aide qu'elle fournit à l'armée. Le général Joseph Aoun s'apprête d'ailleurs à effectuer une seconde visite aux États-Unis, où il sera cette fois honoré. Bien entendu, tout cet appui n'a rien à voir avec les trois milliards donnés puis repris par l'Arabie saoudite à l'armée pour l'achat d'armes fabriquées en France. Ce dossier-là n'est pas d'actualité pour l'instant.

 

(Lire aussi : Joseph Aoun : L’armée protège le Liban d’Israël et du terrorisme)

 

La question qui se pose toutefois est la suivante : l'appui américain marqué à l'armée est-il un signe de stabilité ou bien le début du renforcement de la campagne contre le Hezbollah à partir de l'intérieur libanais ? Cette question est d'autant plus cruciale que les États-Unis sont en train d'agrandir leur ambassade au Liban pour en faire, selon les termes d'un spécialiste, « un mini-Pentagone » et en tout cas la plus importante base de la CIA dans la région. En même temps, les aéroports de Hamate (Liban-Nord) et de Rayak (Békaa) sont en train d'être utilisés par l'armée américaine pour fournir les aides à l'armée libanaise.
Des sources militaires libanaises affirment que pour l'instant il n'y a aucun objectif caché à l'aide américaine à l'armée libanaise. De même, l'agrandissement de l'ambassade américaine à Aoukar est un signe positif puisqu'il montre que les États-Unis considèrent le Liban comme le lieu le plus stable dans la région au point d'y installer une base importante, investissant dans la réalisation du projet la somme d'un milliard de dollars, avec une marge d'un demi- milliard en réserve.

Cette démarche est donc un signe de confiance dans le Liban et non une volonté de le déstabiliser. L'armée libanaise remplit en tout cas sa mission et la menace terroriste est en train d'être circonscrite au Liban à cause de la traque systématique des services de renseignements qui cherchent à intensifier la coordination entre eux. D'ailleurs, à son arrivée, le nouveau commandant en chef de l'armée a réclamé un petit délai, le temps de prendre ses marques, d'autant que le chef des FSI et le chef de la Sécurité de l'État ont aussi été nommés en même temps que lui.

 

(Pour mémoire : Visite politico-technique de Joseph Aoun à Washington)

 

Seul le chef de la Sûreté générale est en place depuis quelque temps. Mais une fois que chacun s'est familiarisé avec l'institution dont il a la charge, la coordination est redevenue la priorité et les échanges d'informations et même de détenus est fréquente entre les différents services. Le problème auquel ils se heurtent dans la lutte contre le terrorisme est le fait que les organisations terroristes sont en train de recruter des membres de plus en plus jeunes. Le recrutement se fait d'ailleurs au Liban même et c'est ce qui oblige les différents services à ne pas relâcher leur attention et à rester vigilants. Toutefois, le général Joseph Aoun se veut rassurant, affirmant à tous ses visiteurs, dont le conseil de l'ordre des rédacteurs de presse présidé par Élias Aoun, que la situation sécuritaire est bien contrôlée et qu'il n'y a pas vraiment de risque grave d'attentat dans le proche avenir. C'est d'une part dû à l'action sans relâche menée à l'intérieur, au contrôle des frontières grâce aux nouvelles armes reçues et à la coordination entre les services.

Les sources militaires précitées affirment à cet égard que le Hezbollah a bel et bien évacué les positions qu'il tenait dans le jurd et l'armée libanaise s'est déployée à sa place. À la question de savoir si l'armée libanaise a suffisamment d'effectifs sachant que ses responsabilités ne cessent d'augmenter, les sources militaires précisent que l'armée a ouvert la voie au recrutement de 2 000 nouveaux soldats, sachant aussi que les armes sophistiquées et la technologie peuvent compenser le manque d'effectifs.

Reste à savoir si la fameuse « bataille du jurd de Ersal » aura finalement lieu ? Le commandant en chef de l'armée laisse entendre devant ses visiteurs que la meilleure bataille c'est celle qu'on évite. C'est pourquoi l'armée libanaise est en train d'intensifier les attaques ponctuelles contre les terroristes pour éviter une grande confrontation. C'est dans ce contexte que s'inscrit l'attaque menée le 17 mai et suivie par le chef de l'État à partir de la salle d'opérations de Yarzé. Elle avait été décidée depuis trois semaines et lorsque les conditions sont devenues idéales pour la mener, le commandant en chef de l'armée a contacté le chef de l'État pour l'inviter à y assister. Il s'agissait d'une opération contre des combattants de Daech et, selon les informations reçues, elle a été un franc succès. Un de plus à mettre à l'actif de l'armée...

 

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