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Une attaque meurtrière dans le sud de la Libye ravive les tensions

Conflit

L'assaut contre la base aérienne de Brak al-Shati, contrôlée par le maréchal Haftar, aurait fait plus de 60 morts, selon des médias locaux.

OLJ/AFP
19/05/2017

L'ONU a déploré un "nombre important de morts" dans une attaque contre une base militaire contrôlée par des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar dans le sud de la Libye, qui risque de raviver les conflits qui déchirent le pays.

Selon des sources militaires, la 3e Force, un puissant groupe armé de la ville de Misrata (nord), officieusement loyal au gouvernement d'union nationale (GNA), a mené jeudi une attaque contre la base aérienne de Brak al-Shati, contrôlée par l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Haftar.

Il n'était pas possible dans l'immédiat d'obtenir un bilan des victimes de source indépendante. Mais des médias libyens ont fait état de plus de 60 morts. "Je suis indigné par des informations sur un nombre important de morts, y compris des civils, et des rapports selon lesquels des exécutions sommaires auraient pu avoir lieu", a réagi l'émissaire de l'ONU en Libye, Martin Kobler.

Le GNA a mis en place une commission d'enquête présidée par le ministre de la Justice et décidé de "suspendre le ministre de la Défense, al-Mahdi al-Barghathi, et le commandant de la 3ème Force jusqu'à ce que soient identifiés les responsables" de l'attaque, selon une décision parue vendredi soir. Le GNA et le ministère de la Défense avaient tous deux condamné l'attaque de jeudi, affirmant ne pas avoir donné d'ordre en ce sens.

La base de Brak al-Shati est située à 650 km au sud de Tripoli, dans une région désertique et marginalisée, où l'Etat est quasiment absent depuis que la Libye est plongée dans le chaos à la suite de la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.

 

(Lire aussi : Accord Sarraj-Haftar : les limites de la diplomatie...)

 

'Attaque terroriste'
Des affrontements réguliers y opposent des milices et des tribus pour le contrôle de toute sorte de trafics très lucratifs avec le Tchad, le Niger et le Soudan voisins.

"Dégoûté par l'attaque contre Brak al-Shati et les rapports sur des exécutions de masse. Les auteurs doivent être traduits en justice", a écrit de son côté l'ambassadeur britannique en Libye Peter Millett sur son compte Twitter.

Homme fort de l'est libyen, le maréchal Haftar est appuyé par le Parlement élu basé à Tobrouk (est), hostile comme lui au GNA qui est issu d'un accord interlibyen signé fin 2015 au Maroc sous l'égide de l'ONU. Une rencontre début mai à Abou Dhabi entre le chef du GNA, Fayez al-Sarraj, et le maréchal Haftar, a permis un timide rapprochement entre les deux hommes qui avaient convenu d'arrêter une escalade militaire dans le sud.

Depuis le début du mois d'avril, les forces loyales à Haftar avaient en effet mené plusieurs attaques contre la base aérienne de Tamenhant contrôlée par la 3e Force. Cette base située près de la ville de Sebha, à plus de 600 km au sud de Tripoli, est convoitée pour sa position stratégique.
Après sa rencontre avec M. Sarraj, M. Haftar avait effectivement suspendu son offensive dans le sud.

 

(Pour mémoire : Timide rapprochement entre les deux principaux protagonistes en Libye)

 

'Hors-la-loi'
Aguila Saleh, le président du Parlement élu, a condamné "l'attaque terroriste perpétrée par les milices de la 3ème Force et par ses alliés", y voyant "une violation grave de l'accord de trêve conclu à Abou Dhabi". Il a indiqué avoir donné des directives aux forces armées afin qu'elles prennent les mesures nécessaires pour riposter à cette offensive, défendre le Sud et le nettoyer de toutes les milices hors-la-loi".

Le GNA a appelé de son côté à un cessez-le-feu "immédiat" dans le sud: "nous avons toujours l'espoir que la raison l'emporte et que s'arrêtent l'escalade et la provocation".

Le ministère de la Défense a fait endosser la responsabilité des violences à "ceux qui ont commencé par bombarder la base de Temenhant avec des avions et des chars", en allusion au forces du maréchal Haftar.

Outre la contestation dans l'Est, le GNA, qui s'est installé en mars 2016 à Tripoli, peine également à contrôler des dizaines de milices dans l'ouest du pays qui affirment leur appartenance aux forces du GNA mais demeurent hors de tout contrôle.

 

 

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