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Économie

Les États-Unis rouvrent le vaste chantier de l’Aléna

Commerce
OLJ
19/05/2017

Les États-Unis ont officiellement lancé hier le processus de renégociation de l'accord de libre-échange Aléna, maintes fois attaqué par le président Trump, augurant de difficiles tractations avec le Canada et le Mexique.
Signé en 1994, cet accord a créé une des plus grandes zones de libre-échange au monde et a permis, selon ses promoteurs, de dynamiser l'emploi et l'investissement entre les trois pays d'Amérique du Nord. Pendant la campagne présidentielle, Donald Trump avait toutefois défendu une toute autre vision : l'Aléna serait le « pire accord » jamais signé et aurait précipité les délocalisations d'emplois vers le Mexique où le coût de la main-d'œuvre est bien moins élevé. Adversaire déclaré du libre-échange, le président américain avait promis une renégociation rapide et menaçait même de se retirer de cet Accord de libre-échange nord-américain (Aléna).
Après quelques semaines de flottement, son administration a formellement rouvert hier ce colossal chantier, qui concerne près de 500 millions de consommateurs, en envoyant une notification officielle aux responsables du Congrès. Une période de 90 jours est désormais ouverte, après laquelle les discussions pourront commencer, soit au plus tôt le 16 août prochain, a indiqué le nouveau représentant spécial au Commerce extérieur américain (USTR), Robert Lighthizer. « Pendant des années, les politiciens ont appelé à une renégociation de cet accord, mais le président Trump est le premier à respecter cet engagement », a commenté M. Lighthizer.
L'administration Trump assure désormais vouloir obtenir rapidement des résultats « significatifs » pour les consommateurs, les entreprises et les agriculteurs américains, affirme le communiqué de l'USTR. « Depuis la signature de Nafta (sigle américain de l'Aléna), nos industries ont été décimées, nos usines fermées et d'innombrables travailleurs se sont retrouvés sans emploi. Le président Trump va changer ça », a promis le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross. L'administration Trump a notamment en ligne de mire l'industrie automobile américaine qui a utilisé en masse la possibilité d'implanter des usines au Mexique avant d'écouler ses véhicules aux États-Unis sans avoir à s'acquitter des droits de douane.

Bataille épique
Une épique bataille s'annonce désormais entre les États-Unis et ses voisins, qui ont pris acte hier de la prochaine ouverture des négociations. Les Canadiens ont ainsi assuré qu'ils feraient entendre leur voix et défendraient leurs intérêts. « Nous sommes fermement résolus à favoriser le libre-échange sur le continent nord-américain et à faire en sorte que toute la population canadienne bénéficie des avantages du commerce », a déclaré la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland.
Déjà plombé par plusieurs contentieux commerciaux, le climat entre les deux pays s'est encore assombri jeudi avec l'annonce par le département du Commerce américain d'une enquête visant le constructeur canadien Bombardier, accusé de vendre à perte ses avions aux États-Unis et de bénéficier de subventions publiques illégales.
De son côté, le Mexique, qui a sans doute le plus à perdre, a réagi plus modérément en saluant la renégociation et en affirmant sa volonté de faire de l'Aléna un accord « à même de faire face aux défis du XXIe siècle. » Son ministre des Affaires étrangères, Luis Videgaray, s'est toutefois inquiété du flou entretenu par Washington sur le fait de savoir si les prochaines discussions associeraient les trois pays simultanément.
Par ailleurs, le Trésor américain a déclaré hier s'opposer finalement au démantèlement des grandes banques, comme souhaité par Trump pendant sa campagne, même si l'administration reste favorable au rétablissement de dispositions d'une législation de type Glass-Steagall, qui a séparé les activités de banque de dépôt et d'investissement aux États-Unis de 1933 à 1999.
Source : AFP

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