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Emmanuel Macron, un style aux influences américaines

France

"La première recommandation faite aux Macron par Laurence Haïm (ex-correspondante de la chaîne d'informations iTELE aux Etats-Unis devenue porte-parole d'En Marche!) a été de la jouer comme les Obama.

OLJ/AFP/Catherine HOURS
14/05/2017

Jeune, plutôt "cool", intello... Le style du nouveau président français Emmanuel Macron peut évoquer celui de Barack Obama, self-control au maximum et épouse en première ligne, mais la comparaison a ses limites, relèvent des experts des deux rives de l'Atlantique.

Façon Pete Souza pour les Obama, une photographe suit à la trace Emmanuel Macron depuis dix mois déjà. Détendu les pieds sur la table, regard rivé sur son portable, baiser à sa femme Brigitte... Quelques-uns de ces clichés ne sont pas sans rappeler certaines photos de l'ex-président américain.

 


On peut multiplier les parallèles. La "Marseillaise", l'hymne national, chantée main sur le cœur, "à l'américaine". Ou en meeting ce leitmotiv contre son adversaire d'extrême droite Marine Le Pen -- "ne la sifflez pas, battez-la!" -- rappelant le "don't boo, vote!" ("inutile de huer, votez!") d'Obama contre Trump.

Mi-avril, le film d'un échange téléphonique est d'ailleurs posté sur le compte Twitter du candidat: l'ex-président américain, populaire en France, encourage le candidat. Son soutien officiel viendra peu après, pour le second tour.

La campagne Macron paraît de fait inspirée par celle du démocrate en 2008: axée sur le terrain, le porte-à-porte, les "référents" locaux...
Il y a un an, En Marche! recrutait Liegey Muller Pons, une start-up de "stratégie électorale" usant le big data et les nouvelles technologies: en trois mois, 300.000 logements seront visités dans des quartiers ciblés, pour enquêter sur les problématiques des Français.

 

(Pour mémoire : L'insaisissable M. Macron)

 

Réconcilier le pays
LMP a été fondée par trois Français, bénévoles de la campagne Obama en 2008 pendant leurs études. "Ils ont vu la technologie utilisée pour rationaliser, savoir à quelles portes taper. Ils ont importé l'idée", explique-t-on la société.

En avril, le magazine américain The Atlantic écrivait: si Emmanuel Macron gagne, "ce sera largement grâce à une mobilisation inédite de bénévoles, mise en place avec des techniques d'organisation à l'américaine reflétant à bien des égards le style des campagnes d'Obama".

Guillemette Faure, longtemps correspondante de médias français à New York, relève aussi le côté positif du message du candidat Macron.
"Les propos sur la colonisation ou les opposants au mariage gay +humiliés+ sont une tentative pour réconcilier le pays et, en ça, font écho au discours d'Obama à la convention démocrate de 2004 sur les fractures de la société américaine," dit-elle.
Dans le dispositif, il y a aussi l'épouse, la complicité affichée, la famille recomposée... Du déjà vu, notamment avec la famille Sarkozy en 2007. Mais le quotidien argentin Clarin voit en Mme Macron "la Michelle Obama française", par "sa spontanéité", son abord "accessible".

 

 

 

 

'Pas de copier/coller'
"La première recommandation faite aux Macron par Laurence Haïm (ex-correspondante de la chaîne d'informations iTELE aux Etats-Unis devenue porte-parole d'En Marche!) a été de la jouer comme les Obama. Ils ont mis ce conseil parfaitement en pratique!" assurait récemment à l'AFP Sophie des Déserts, de Vanity Fair France, qui a décortiqué la communication du couple.

Laurence Haïm relativise: "Je suis venue parce que sa campagne m'a fait penser à celle d'Obama: démocratie participative, désir de renouvellement, énergie (...) Mais ce n'est pas du copier/coller".
De fait, l'histoire n'est pas la même, entre Obama, l'outsider né d'un père kényan et d'une mère du Kansas, et Macron, qui se bat avec son image d'ex-banquier passé par les écoles de l'élite.

Et le 7 mai, soir de sa victoire, c'est au son de l'hymne européen qu'il entre en scène devant ses partisans: "Le choix de l'Ode à la joie, qui sort du cadre patriotique et dit l'importance de l'international, aurait été inimaginable aux États-Unis", estime le chercheur Denis Lacorne.

L'Américain Bruce Crumley, journaliste pour Time pendant 25 ans, relève, lui, une différence sur le fond : "Obama avait été élu après la présidence clivante de Bush, mais aussi pour réparer les dégâts financiers et sociaux générés par les politiques ultra-libérales de Bill Clinton. Macron, lui, ne veut pas réparer les dégâts de la dérégulation, mais être un néo-Bill Clinton".

 

 

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