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Moyen Orient et Monde - Enquête

L’Allemagne sous le choc des révélations sur le lieutenant Franco

Un second militaire a été arrêté hier.

L’entrée de la caserne d’Illkirch-Graffenstaden, en Alsace, où était basé le lieutenant Franco Albrecht. Frederick Florin/AFP

Alors que l'enquête sur un projet d'attentat fomenté par des militaires de la Bundeswehr a pris de l'ampleur avec l'arrestation hier d'un troisième suspect, l'Allemagne s'interroge sur les failles qui ont permis au lieutenant Franco Albrecht de gravir les échelons.
Cet officier de 28 ans, qui servait dans la brigade franco-allemande d'Illkirch, en Alsace, a été arrêté le 26 avril dernier. La justice allemande a révélé qu'il s'était fait enregistrer comme réfugié syrien – alors qu'il ne parle pas arabe – et le soupçonne, avec ses complices, Mathias A., un étudiant allemand de 24 ans, et Maximilian T., un militaire allemand de 27 ans arrêté hier, d'avoir projeté un attentat contre une personnalité de la classe politique allemande impliquée dans la politique d'accueil des réfugiés. Parce que le lieutenant Albrecht s'était fait inscrire comme demandeur d'asile, et que ses empreintes digitales figuraient comme tel dans les fichiers, les enquêteurs auraient été mis sur la piste d'un acte commis par un réfugié syrien, une manipulation à même de raviver le débat sur les liens entre immigration et insécurité qui a saisi l'Allemagne en 2015/2016.
Dès l'annonce de son arrestation, l'Allemagne s'est demandée comment un homme ne parlant pas arabe et n'ayant pas d'origine étrangère avait réussi à se faire inscrire en janvier 2016 comme réfugié syrien à Giessen, près de Francfort. « Je ne peux pas dire pourquoi cela n'a pas été remarqué », avait commenté la procureure Nadja Niesen.

Génocide des races occidentales
D'autres éléments troublants sont apparus depuis, mettant en lumière le laxisme dont a bénéficié le lieutenant Albrecht.
En janvier 2014, alors qu'il suit un cursus de deuxième cycle dans l'école militaire française de Saint-Cyr, l'officier présente une thèse dans laquelle il avance que la culture des droits de l'homme risque de conduire au génocide des races occidentales. Le commandant français appelé à évaluer son travail rejette sa thèse et prévient les supérieurs allemands de son élève. « Si c'était un élève français, nous l'aurions limogé », leur dit-il. Mandaté pour examiner à son tour les travaux théoriques du lieutenant Albrecht, un universitaire confirme à de hauts gradés de la Bundeswehr que sa thèse contient des éléments racistes et radicalement nationalistes. Mais les supérieurs du lieutenant préfèrent passer l'affaire sous silence pour ne pas mettre en danger la carrière d'une recrue jugée prometteuse. Ils se contentent d'un avertissement verbal et lui permettent de réécrire sa thèse avant de l'affecter à la brigade franco-allemande d'Illkirch.
Les avertissements du commandant français ayant été ignorés, il a fallu un renseignement de la police autrichienne en début d'année pour mettre au jour les projets du lieutenant et de ses complices. Car
Albrecht a été interpellé en janvier par des policiers autrichiens à l'Aéroport international de Vienne, où il avait participé à un bal des officiers.
La présence de sympathisants d'extrême droite est un sujet de préoccupation pour nombre d'armées. Pour la Bundeswehr, créée en 1955 sur la promesse d'une armée de « soldats-citoyens » à jamais immunisée contre une résurgence du nazisme, la question est particulièrement sensible. La découverte dans sa caserne d'Illkirch puis dans un autre baraquement, à Donaueschingen, dans le sud-ouest du pays, d'objets de collection de la Wehrmacht, l'armée du régime nazi, a conduit le chef d'état-major de l'armée allemande à ordonner une fouille généralisée de toutes les casernes du pays.

Sources : agences

Alors que l'enquête sur un projet d'attentat fomenté par des militaires de la Bundeswehr a pris de l'ampleur avec l'arrestation hier d'un troisième suspect, l'Allemagne s'interroge sur les failles qui ont permis au lieutenant Franco Albrecht de gravir les échelons.Cet officier de 28 ans, qui servait dans la brigade franco-allemande d'Illkirch, en Alsace, a été arrêté le 26 avril dernier. La justice allemande a révélé qu'il s'était fait enregistrer comme réfugié syrien – alors qu'il ne parle pas arabe – et le soupçonne, avec ses complices, Mathias A., un étudiant allemand de 24 ans, et Maximilian T., un militaire allemand de 27 ans arrêté hier, d'avoir projeté un attentat contre une personnalité de la classe politique allemande impliquée dans la politique d'accueil des réfugiés. Parce que le lieutenant Albrecht...
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