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Liban

La Bible, le Coran, la Torah, les prophéties de Nostradamus… on trouve tout au Book Bazar

Société

Véritable capharnaüm dans un espace minuscule, cette librairie propose une série hétéroclite de livres d'occasion à des prix abordables.

10/05/2017

Un espace minuscule, aux murs et au plancher encombrés de livres et de journaux. Le Book Bazar, une librairie de livres d'occasion nichée rue Sidani, à Hamra, recèle bien des surprises. La Bible, l'Évangile, la Torah et le Coran sont exposés à côté des prophéties de Nostradamus et de divers ouvrages sur la philosophie ésotérique.

Les ouvrages de magie avoisinent une série de livres sur le couple et le mariage.
Quelques étagères sont consacrées à la littérature française, celle qu'on étudie à l'école : Molière, Racine, Corneille, Rousseau, Chateaubriand, Balzac, Mérimée, Vian, Mauriac, Gide, Flaubert, Baudelaire... Des classiques dont beaucoup se débarrassent facilement au point de les vendre au kilo.

Un peu plus loin, des bandes dessinées en très bon état. On y trouve Tintin, Astérix, Lucky Luke, Spirou et bien d'autres encore. À ceux qui ont grandi aussi avec des bandes dessinées en arabe, le Book Bazar propose des séries de la Petite Lulu et de l'Homme-Araignée (Spiderman). Il y a aussi un coin consacré aux langues étrangères, surtout aux dictionnaires bilingues et aux manuels d'apprentissage.
Au Book Bazar, l'on trouve aussi des livres portant la signature d'Adolf Hitler, traduits en arabe, notamment Mein Kampf et Zweites Buch. Ces livres-là, tout comme Ainsi parlait Zarathoustra (également traduit en arabe) de Nietzsche, ne viennent pas de vieilles bibliothèques, mais sont publiés par des maisons d'édition qui impriment des livres bon marché.

Un ouvrage coûte en moyenne 8 000 livres, sauf pour les beaux livres vendus sur le marché jusqu'à 100 dollars parfois... Au Book Bazar, on peut les trouver pour 45 000 livres.

 

« Les Arabes écrivent pour parler d'eux-mêmes »
Camilia Beyrouthi tient la librairie depuis quatre ans et se retrouve facilement dans ce capharnaüm. Licenciée en droit, elle aime surtout les livres de philosophie. « Les ventes obéissent aux modes. Parfois, on nous demande surtout des livres de cuisine, d'autres, des ouvrages traitant du soufisme. Parfois encore, c'est la mode des dictionnaires des rêves... Actuellement, les gens veulent lire des romans. Je pense qu'ils veulent s'évader de leur quotidien morose », dit-elle. « Je suis seule à la librairie, avec autant de bouquins. Si quelqu'un d'autre devait les ranger, je serais complètement perdue », confie-t-elle.

La librairie présente toutes sortes de livres, en arabe, français, anglais, allemand et même suédois. Parfois, elle rachète des bibliothèques entières de personnes qui partent en voyage. Souvent aussi, ce sont des particuliers qui viennent vendre magazines et livres. Camilia Beyrouthi achète aussi parfois des ouvrages trouvés sur des marchés d'occasion.

Le Book Bazar a vu le jour quand un officier de l'armée libanaise, un érudit, a pris sa retraite et a voulu s'occuper en consacrant une partie de son temps à son activité préférée, la lecture. « Je n'ai pas pensé à la rentabilité, sinon j'aurais mieux fait d'ouvrir une échoppe à chawarma », dit-il, un brin d'ironie dans la voix.
Préférant se présenter en tant qu'« Oscar », il confie : « J'ai commencé à lire vraiment après l'âge de quarante ans. Avant, je lisais à l'école et puis à l'université. Mais c'était différent. À partir de quarante ans, je voulais lire pour trouver la vérité. Celle qu'on ne raconte pas à la télévision ou dans les journaux. » Il aime les livres d'histoire, de philosophie et de politique. Sa langue de lecture préférée ? « Le français.Les Arabes écrivent pour parler d'eux-mêmes et non du sujet qu'ils traitent, les Américains servent souvent des causes et défendent des idées personnelles, ils perdent ainsi de leur objectivité. Ils sont aussi très prolifiques en nombre de pages. Les auteurs français sont plus concis et suivent une bonne méthodologie », estime-t-il.

« J'ai ouvert en 2001, au lendemain des attaques du 11-Septembre. Au cours de ces dernières années, les ventes ont chuté. Plus personne ne lit des livres en papier. Mes enfants ne savent plus comment on ouvre un journal et moi-même je lis tout sur ma tablette et mon téléphone portable », affirme-t-il, sans tristesse ni regret. Pour lui, quel que soit le moyen utilisé, l'important, c'est de lire.

 

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