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Moyen Orient et Monde

Spéculations sur les possibilités d’une destitution de Trump

Éclairage

Les perspectives des élections législatives de mi-mandat pointent déjà à l'horizon.

04/05/2017

Passés les cent premiers jours de son mandat, le président Donald Trump passe à l'étape suivante, pensant qu'il a changé Washington. Mais Washington a, en réalité, pris l'ascendant sur le président Trump, le menant à abandonner toutes, ou presque, les promesses de sa campagne électorale.

Si les cent premiers jours sont censés annoncer la couleur d'une nouvelle administration, on ne retrouve plus aujourd'hui qu'un sauve-qui-peut général : celui de l'establishment de Washington, avec, en façade, les républicains, et, en « background », les démocrates. En outre, le président semble se mouvoir à présent en otage de son Parti républicain, qui, pratiquement, devient le parti de l'opposition. Car il est primordial pour lui de préserver son contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat durant les élections législatives du mi-mandat, en novembre 2018. Les leaders républicains ont bien vu que la politique du laisser-faire de Trump ne s'annonce pas du tout gagnante. Nul n'ignore que le citoyen américain est très patient, mais qu'il réagit quand on pense qu'il est résigné.

 

(Pour mémoire : Donald Trump s’installe aux antipodes de Barack Obama)

 

Miser sur Mike Pence
Dans ce contexte, républicains et démocrates ont déjà en tête la destitution de Donald Trump, avant les élections du mi-mandat, et estiment à 50 % leur chance de réussite. Les républicains préféreraient le remplacer par le vice-président, Mike Pence, en qui ils voient un meilleur président. L'historien et professeur à l'Université américaine de Washington, Allan Lichtman, avait prédit l'arrivée du magnat de l'immobilier à la Maison-Blanche. Quand ce fut fait, il avait reçu une note de remerciements de Donald Trump le remerciant pour sa prédiction. Cent jours plus tard, le professeur Lichtman vient tout juste de publier un ouvrage intitulé The case for empeachment (ou L'Affaire de la destitution). Il y développe la thèse selon laquelle « tout dépend du FBI et de l'investigation entreprise par le Congrès, qui pourraient défaire son administration ».

Dans son livre, Allan Lichtman explique également « qu'il existe plusieurs raisons justifiant la destitution ». D'après lui, le président a failli à deux règles qui ont atteint le bureau Ovale : la clause des émoluments, qui l'empêche d'accepter des cadeaux de leaders étrangers, et la loi qui interdit aux officiels de bénéficier des informations propres au poste occupé. Comme il l'explique dans son livre, « le processus de destitution est très clair et débute par un vote à la Chambre des représentants, puis le cas est transféré au Sénat, où 2/3 du vote sont requis pour condamner le président ». L'auteur dit également que si « l'enquête sur l'interférence russe dans les élections s'avère probante, les républicains, pour ne pas perdre le contrôle du Congrès, n'hésiteront pas à laisser tomber Trump. Alors, Mike Pence assurerait la présidence ».

Toutefois, Christina Greer, professeur de sciences politiques à l'université de Fordham, s'arrête sur le fait que le Parti républicain aura de la difficulté à régler la balance de la destitution. Elle avance la nuance suivante : « Les républicains sont plus loyaux à leur parti qu'aux gens. Et la destitution pourrait ne pas donner une bonne image du parti. »

Pourquoi parle-t-on actuellement de destitution ? D'après les médias américains, les États-Unis sont gouvernés par une administration massivement corrompue. John Dean, ancien conseiller du président Richard Nixon, considère que la situation actuelle est pire que celle du temps de Watergate : « Je ne pense pas, dit-il, que le président Nixon ait pu atteindre le niveau de corruption qu'on voit déjà chez Trump. » Beaucoup d'experts des lois ou de la Constitution axent sur les conflits d'intérêts financiers du président américain et ses multiples illégalités qui ont provoqué 72 attaques en justice contre son administration. Pour ces experts, aucun autre chef d'État avant lui n'a pris en charge son poste avec autant de causes pour le perdre. Quant à sa guerre avec les médias, on lui a conseillé, à l'unanimité, de s'en référer à l'un de ses illustres prédécesseurs, le président Thomas Jefferson, qui affirmait volontiers qu'il vaut mieux « une presse sans gouvernement plutôt qu'un gouvernement sans presse ».

 

Pour mémoire

À la recherche de l’administration Trump...

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE MIEUX QU,ILS POURRAIENT FAIRE LES AMERICAINS...

Ma Fi Metlo

Je ne sais pas si les arguments avances sont les vrais arguments ou bien ce ne sont que des subterfuges pour se débarasser d'un erzat de président plus proche du clown de cirque que d'un président.

Toujours est il que plus il dure sur le trône plus l'Amerique se ridiculise et se fait honte à elle même.

On dit même que ce pathétique clown est atteint d'une maladie dégénératrice incompatible avec cette fonction .

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