La Dernière

Le hommos, un best-seller à toutes les sauces

This is America

Tout le monde arabe se dispute la paternité du hommos, chacun trouvant que sa recette est inégalable, alors que ce plat d'appoint est en train de devenir un véritable commerce aux USA.

21/04/2017

Sous le titre « Le hommos est en train de conquérir l'Amérique », le Wall Street Journal rapporte que sa demande est si grande que les cultivateurs américains se sont lancés dans la plantation de pois chiche.

L'État de Virginie, où la culture du tabac est en forte baisse à cause du haro sur la cigarette, est en train de se convertir à cette légumineuse. Au départ, le hommos a connu une grande popularité avec la vague visant à « manger sain ». Il constitue sur ce plan un excellent exemple : haute teneur en protéines et faible pourcentage de gras.

Les compagnies alimentaires ont flairé le bon filon et, aujourd'hui, elles sont une centaine aux USA à concocter le hommos bethini qui, d'un plat de mezzé convivial, est devenu un spread ou un dip (sauce épaisse) et un véritable commerce. De plus, il est toujours présenté à la mode de chez nous, avec des carrés de pain similaire au pain libanais, baptisé ici pita bread. À noter que la recette libanaise a pris le nom de « classique » car les fabricants lui ont ajouté une multitude de saveurs qui vont du cumin au raifort, en passant par les piments rouges ou verts, l'avocat, la coriandre verte, les champignons, les épinards, la tomate, l'ail grillé, le basilic, l'edamame et autres continuelles innovations.

 

(Pour mémoire : Le hommos, marqueur de l’ouverture commerciale libanaise)

 

« Hommos creaziness »
Toujours est-il qu'actuellement, le hommos est un best-seller dans toutes les épiceries et tous les supermarchés américains, et fait de la concurrence au « guacamole » (purée d'avocat mexicaine) qui, jusqu'à récemment, était le dip favori des Américains.

Le hommos figure aussi sur la carte d'innombrables restaurants qui arrivent à le marier avec des spécialités de diverses origines. Il se sert donc à toutes les sauces et à toutes les heures : snack, déjeuner, apéritif, dîner, souper, etc. Des statistiques, établies l'an dernier, montrent que 25 % des foyers américains possèdent des boîtes de hommos dans leur réfrigérateur. Et de 5 millions de dollars il y a deux décennies, sa vente est passée à 725 millions de dollars. Sa consommation a connu un « boost » lorsque les Nations unies ont déclaré l'année 2016 celle des légumineuses pour promouvoir une nutrition saine et durable. On en est donc à présent au « hommos creaziness ».

« Et dire qu'il y a vingt ans, les Américains n'arrivaient pas à prononcer le mot hommos ! Aujourd'hui, ils en ont plein la bouche », a-t-on commenté dans un talk-show de la chaîne NBC. Les recettes sont légion : dans les livres de cuisine, en ligne, sur les emballages et par le téléphone arabe où tout un chacun affirme posséder le secret du meilleur dosage des ingrédients de base. Pour ceux qui veulent du hommos fait maison, aucun problème, les rayons des supermarchés et des épiceries sont bien achalandés en pois chiche en conserve, sous le nom de « garbanzo bean », et la tehiné n'est plus une sauce rare.

 

(Pour mémoire : La "bataille du houmous" continue : le Liban bat le nouveau record israélien)

 

Par ailleurs, les Israéliens voulant s'approprier la création de cette spécialité libanaise, l'Association des industriels libanais a entamé, en 2008, une procédure pour enregistrer le hommos comme plat national du pays du Cèdre. Ses membres s'appuyaient sur le cas de la feta qui avait obtenu en justice l'appellation de fromage grec.

À noter qu'une jeune émigrée libanaise (deuxième génération) avait réussi une belle percée dans ce domaine en décrochant un titre qui lui avait été donné en 2010 par le Wall Street Journal , celui de « la reine de la purée de pois chiche », appelée hommos. Elle n'avait alors que 30 ans. Elle avait mis sur YouTube, en 2006, une recette de hommos qui a caracolé en tête des clics.

Après la folie du hommos, le taboulé ready-made semble suivre sur les achalandages : il est de plus en plus à portée de main, car on en redemande pour manger, encore une fois, « sain » et sans passer par sa longue préparation.

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