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Liban

« Nous sommes les enfants de la Résurrection »

Don d’organes
Nada MERHI | OLJ
14/04/2017

« Ne prenez pas vos organes au paradis... Le paradis sait que nous en avons besoin ici. »
Cette citation, dont l'auteur est anonyme, Gilberte Ayoub l'a bien comprise... et appliquée. Il y a plus de cinq ans, son fils aîné, Ghassan, et son ami Joe sont victimes d'un accident de voiture. Ghassan avait 19 ans. « Son heure avait sonné. Il allait mourir même s'il était dans son lit », avance-t-elle, les larmes coulant sur les joues. « La foi et la maternité sont deux choses différentes », poursuit-elle.
Quelques mois avant que Ghassan ne trouve la mort, sa mère lui avait demandé de faire don de ses organes le jour où elle partira. « Nous pensons toujours que nous allons partir avant nos enfants », dit-elle, un brin d'amertume dans la voix.

L'accident a eu lieu à l'aube. Joe est décédé sur le coup. Les secouristes ont réussi à réanimer Ghassan, au bout d'un arrêt cardiaque de six minutes. « Il est resté trois jours aux soins intensifs, se souvient la maman. Je ne pouvais pas entrer le voir. Je ne comprenais pas le message derrière tout ce qui se passait. »
Croyante et pratiquante, Gilberte Ayoub a passé deux jours dans sa chambre à prier le Saint-Esprit, tenant la photo de son fils à la main. « J'ai senti qu'il voulait que je fasse don de ses organes, souligne-t-elle. J'appelle mon mari et je lui fais part de ma décision. Il me dit alors que le Comité national pour le don et la greffe des organes et des tissus (NOD) l'avait abordé, mais qu'il n'osait pas m'en parler. Je lui ai dit d'accepter sans hésitation. On lui a prélevé le cœur et les reins. Ce don a permis à trois personnes de renouer avec la vie. De son vivant, Ghassan était très généreux. Il l'a été dans sa mort aussi. »

Gilberte Ayoub affirme ne jamais regretter la décision qu'elle a prise, bien qu'elle se soit « disputée » avec Dieu après le décès de son fils. « Je me suis réconciliée avec Lui avec l'aide d'un prêtre, avance-t-elle. J'ai appris que Dieu ne compte pas la vie des gens par les années. Chaque individu a une mission ici sur terre. Celle de Ghassan était de sensibiliser au don d'organes à travers mon témoignage. »
En fait, Gilberte Ayoub est aujourd'hui une ambassadrice de NOD. « Nous sommes les enfants de la Résurrection. Si, en faisant don de nos organes, on peut défier la mort et permettre à d'autres de vivre, pourquoi ne pas le faire? Ghassan l'a fait. Je sais qu'il le voulait. Je ne fais que parler en son nom. »

 

Pour mémoire
Le programme du don d'organes au Liban... en hibernation

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Zaarour Beatriz

Admirable Mme. Ayoub! Le don que vous avez bien voulu faire au nom de votre fils Ghassan, est un grand exemple de foi, d'espérance, de générosité et d'un civisme qui devrait être suivi par toutes les personnes ayant subi la douloureuse épreuve de la perte d'un enfant!!!

Que Dieu vous aide à poursuivre votre lutte pour cette noble cause de dons d'organes. Et je crois que c'est en même temps une consolation, surtout pour les parents de jeunes disparus par accident.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE NE SUIS PAS POUR LES GREFFES D,ORGANES CAR CA A OUVERT UN MARCHE NOIR OU DES ENFANTS DE TOUT LE MONDE PAIENT DE LEUR SANTE ET DE LEURS CORPS LE TRAFIC DES SANS CONSCIENCE...
MAIS DANS CE CAS LA JE NE PEUX QU,APPRECIER LE COURAGE ET LA FOI DES PARENTS !

Catherine Moukheibir

Chere Mme Ayoub, je salue votre courage, votre foi, et votre generosite d'esprit. Ce don est inestimable et irremplacable. Vous avez redonne la vie.

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