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Pourquoi il ne faut pas rater les deux derniers épisodes d’« al-Chaqiqatan »

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Nadine el-Rassi et Joseph Bou Nassar : deux ingrédients pour un succès.

08/04/2017

Dans l'univers des feuilletons libanais, trois noms s'imposent aujourd'hui : Joseph Bou Nassar, Nadine el-Rassi et Bassem Meghniyyi.
Joseph Bou Nassar, dans son rôle de l'intransigeant despote féodal et père de famille, Karam bey el-Asmar, est un plus incontestable à al-Chaqiqatan, feuilleton à grand succès, grâce notamment au sérieux de son scénario. Mais aussi au talent de ses acteurs. Le timbre de voix, à lui seul, de Bou Nassar réchauffe, réconforte et impose à chaque scène une virilité paternelle indéniable. Cet acteur est tout simplement impeccable et dégage tellement de noblesse et de raffinement qu'il est difficile de le détester, malgré la personnalité haïssable de Karam el-Asmar. L'osmose est telle que lorsqu'il est épuisé, nous sommes pris d'une soudaine fatigue; lorsqu'il tremble de rage, nous sentons la colère sourdre du petit écran et lorsque sa voix se fait grave et dure comme de l'acier, tout le monde baisse les yeux. Ce géant de la télévision réussit, lorsque son personnage devient tyran déchu délaissé par ses proches, à faire oublier au téléspectateur les atrocités du monstre et à ressentir, presque, de l'empathie pour lui.
Tout le monde évite la confrontation avec Karam Bey el-Asmar, sauf sa fille aînée, Souraya. Cette femme d'affaires accomplie, célibataire, dame de fer qui sait exactement ce qu'elle veut et comment y arriver, et qui cache un cœur d'or et de miel réservé à quelques rares élus, est interprétée par Nadine el-Rassi. Souraya découvre que sa maman est toujours en vie après avoir été farouchement évincée de la maison familiale au lendemain du meurtre de la deuxième épouse de Karam Bey, et mère de sa fille Doha. Après 31 épisodes, nous découvrons une nouvelle version de Nadine el-Rassi : la jeune femme a réussi à devenir plus qu'un joli minois : une actrice. Avec sa beauté féline, le maquillage excessif, le talon d'Achille typique des feuilletons libanais et arabes, et les quelques retouches du bistouri, Nadine el-Rassi avait du mal à convaincre le téléspectateur de la regarder droit dans les yeux, elle peinait à s'approprier un rôle dramatique qui prenne le dessus sur sa beauté et sa taille de guêpe. Samir Habchy a rêvé de Nadine el-Rassi dans un rôle de femme entière, émancipée : elle aborde l'élu de son cœur sans aucun complexe, elle est indépendante financièrement et assume ses responsabilités professionnelles et familiales au plus haut degré sans rien perdre de sa féminité et de son charme. C'est une femme blessée qui manque terriblement d'affection et qui se cache derrière un rideau désarmant de rigidité affective. L'actrice a assuré avec brio le défi, grâce encore une fois à un scénario qui redore le blason de la femme libanaise : une femme épanouie, indépendante, authentique, digne, intelligente, maîtresse de sa propre vie, cherchant auprès des hommes un partenaire de vie et un ami et non pas une simple sécurité financière.
Nadine el-Rassi a parfaitement compris la personnalité de Souraya. Elle a transformé son regard d'aigle prédateur face à ses détracteurs à fille désemparée avec les plus proches dans l'intimité. C'est avec ses yeux que Nadine el-Rassi a crevé le petit écran, dirigée par un metteur en scène de grand talent, qui a su faire ressortir le meilleur de la jeune femme. Dans un cadre illuminé par les couleurs de la nature et de l'architecture libanaises, Samir Habchy et Claude Marchelian ont réussi leur collaboration, révélant au passage d'autres talents non négligeables, notamment Bassem Meghniyyé. Ce jeune acteur a imposé sa présence en face de géants de la comédie libanaise : Joseph Bou Nassar et Roula Hamadé. Artiste à multiples facettes dans la vraie vie, Meghniyyé incarne Farid, un jeune homme vertueux issu d'une famille pauvre et dont l'ambition n'a pas de limites, sans pour autant se départir de ses valeurs et faillir à ses devoirs envers les gens qu'il aime. C'est la tendresse mélangée à la bravoure et le sens de la responsabilité poussé qui caractérisent sa prestation, qui embobine en douce toutes les téléspectatrices, tombées raides dingues pour ce mi-canaille, mi-chevalier.
Al-Chaqiqatan est une belle histoire d'amour et de famille puisée d'une autre époque, une époque où le temps coulait plus lentement. À suivre sans hésitation. LBC et LDC de dimanche à mardi, 20h45.

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