Écologie et biodiversité : comprendre la nature - Suzanne BAAKLINI

LES CARRIÈRES NON TRADITIONNELLES

Écologie et biodiversité : comprendre la nature

13/04/2017

Ce métier passionnant est souvent confondu avec d'autres spécialisations, comme le génie agricole ou la foresterie. Or ce n'est ni l'un ni l'autre, ainsi que nous l'explique Mounir Abi Saïd, expert en écologie et conservation de mammifères sauvages, et professeur de gestion de la biodiversité à la faculté des sciences de l'Université libanaise (UL). L'écologie consiste à étudier les espèces, animales ou végétales, à comprendre le lien entre elles, leur rôle dans la nature, leur interaction avec d'autres espèces... «L'écologiste est capable d'expliquer comment la nature fonctionne, c'est une discipline indépendante qui est à la base d'autres disciplines comme la biologie par exemple, explique Mounir Abi Saïd. Nous avons besoin de spécialisations pareilles au Liban, parce que nous n'avons pas une connaissance suffisante de la nature chez nous. »

 

Nature du travail


L'écologie est une discipline qui nécessite un travail de terrain par excellence. « Il ne faut pas aimer rester derrière un bureau », prévient Mounir Abi Saïd. Étudier la biodiversité, c'est se retrouver régulièrement dans la nature, pour observer les plantes et les animaux. Au final, l'écologiste se forge une vision globale de la nature, afin d'aider à la connaître et mieux la protéger. À titre d'exemple, s'il y a un besoin d'étudier un parasite, l'écologiste pourra aider à comprendre l'animal qui le porte ou la plante qui l'héberge, sans quoi la vision du problème restera incomplète.

 

Études


Pour entrer en master de gestion de la biodiversité, il faut déjà être détenteur d'un diplôme en biologie ou en agriculture, soit après trois ou quatre ans d'études. Le master à l'UL dure deux années : il existe depuis sept ans. On y étudie les plantes, les animaux, les vertébrés et invertébrés, ainsi que la paléontologie.

 

Aptitudes et compétences requises


Mounir Abi Saïd n'hésite pas à dire que pour une telle perspective de carrière, il faut savoir se retrousser les manches. « Il est indispensable d'apprécier ce domaine profondément et aimer la nature, dit-il. Il ne faut pas avoir peur du travail sur le terrain. L'étude des animaux que je pratique est encore plus difficile que celle des plantes. Les animaux sont imprévisibles et difficiles à suivre, il faut parfois y aller la nuit. Mais c'est cela qui est exaltant. Plus qu'un travail, c'est une aventure permanente : il m'est arrivé de découvrir des espèces d'animaux dont je ne connaissais pas l'existence au Liban ! En quinze ans de travail, j'ai pu répertorier plus de neuf espèces de mammifères dont la présence sur le territoire n'avait jamais été observée. »

 

Difficultés et contraintes


Il est évident que le travail de l'écologiste n'est pas soumis à des horaires précis et comporte une part d'imprévisibilité, d'où le fait qu'il faut être préparé à un travail assez exigeant sur le terrain. D'autre part, ce métier si important pour la connaissance et la protection de la nature reste largement méconnu au Liban, souvent confondu avec d'autres spécialisations, comme le déplore Mounir Abi Saïd.

 

Débouchés


Les spécialistes en écologie et en gestion de la biodiversité peuvent envisager plusieurs possibilités de carrière. Ils peuvent se diriger vers l'enseignement et la recherche, trouver des postes dans les ministères concernés par ce domaine, ou dans des organisations internationales, ou des agences onusiennes. L'un des débouchés consiste à effectuer des études d'impact environnemental, devenues indispensables pour mesurer l'impact potentiel de grands projets sur la nature. Cependant, Mounir Abi Saïd déplore le fait que ce métier, largement méconnu, ne génère pas assez d'emplois, d'où le fait que beaucoup de diplômés préfèrent émigrer. « Il faut qu'il y ait davantage d'experts de la vie sauvage et en botanique au Liban afin de sauver nos richesses naturelles, sinon, il n'y aura bientôt plus rien à sauver ! » conclut-il.

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