Le développement rural : un concept nouveau, une vision globale - Suzanne BAAKLINI

LES CARRIÈRES NON TRADITIONNELLES

Le développement rural : un concept nouveau, une vision globale

13/04/2017

Le développement en milieu rural n'est pas en soi une idée nouvelle, mais la formation proposée depuis peu par l'Université américaine de Beyrouth repose sur un concept révolutionnaire : celui de faire en sorte que le progrès ne porte pas atteinte à l'équilibre fragile des zones rurales. Vaste programme. Voilà pourquoi le nouveau master de l'AUB est si varié et ouvert à des spécialisations différentes, comme nous l'explique Diana Marroush Abi Saïd, responsable administrative du département de développement communautaire rural à l'AUB.

 

Nature du travail

Ce métier est idéal pour les personnes intéressées à travailler en milieu rural avec les collectivités locales. Selon Diana Abi Saïd, ces futurs professionnels doivent être formés aux moyens d'atteindre les objectifs du développement tout en évitant les dégâts sur l'environnement du milieu rural. Elle précise que ce sont des personnes capables de fournir un travail de qualité au niveau de la planification sur des sujets aussi importants que la gestion de l'eau, le développement de l'agriculture, les politiques locales ou encore l'organisation des constructions. En d'autres termes, ces professionnels ont une vision globale de ce qui est demandé pour développer les régions reculées du pays, qui recèlent souvent des trésors ignorés devant être mis en valeur. Dans leur formation, ils apprennent les normes environnementales et acquièrent des données sur la pauvreté, la malnutrition, la santé publique, la migration...

 

Aptitudes et compétences requises

Les futurs professionnels du développement rural apprennent à accorder la même importance à la préservation de la nature qu'aux impératifs de développement. Ils sont capables d'avoir une vision globale et, en même temps, tenir compte du fait que la planification limite la marge de manœuvre des populations locales, ce qui peut créer des résistances. Selon Diana Abi Saïd, la plupart des postulants à ce master sont motivés par leur volonté de régler des problèmes dans leurs propres villages.

Études

Ce master de développement communautaire rural est non seulement le premier au Liban, mais dans toute la région Afrique et Moyen-Orient (MENA), comme le précise Diana Abi Saïd. Ce master n'existe que depuis deux ans, mais provoque déjà un certain engouement. La responsable souligne que les étudiants ne viennent pas seulement du Liban, mais d'autres pays de la région MENA. Vu la diversité de cette formation de deux ans, les postulants à ce master peuvent être titulaires de diplômes très divers comme le business, l'environnement, la santé publique... «Chacun peut se diriger vers le développement rural à partir de sa spécialisation, le domaine étant immense, souligne Diana Abi Saïd. Les postulants doivent bien sûr avoir des notes élevées comme pour tous les masters. » Elle ajoute que les cours sont très variés, souvent pratiques, conçus pour donner une flexibilité aux futurs spécialistes. En fin de formation, les étudiants choisissent des projets qui intéressent réellement leur village : à titre d'exemple, une étudiante a déjà choisi de travailler sur le compostage.

Débouchés

Les débouchés pour la spécialisation du développement communautaire sont nombreux, dont voici les principaux, recensés par Diana Abi Saïd :
– Les agences onusiennes.
– Les grandes organisations non
gouvernementales.
– Les ministères.
– Les bureaux de consultants.
– L'enseignement et la recherche.

Difficultés et contraintes

Plutôt que des difficultés ou des contraintes, Diana Abi Saïd préfère parler de défis à relever dans ce domaine. Premièrement, il faut tenir compte du fait que le concept est nouveau au Liban et qu'il doit être bien expliqué. Deuxièmement, il faut garder l'esprit ouvert à de nouvelles possibilités, à des solutions innovantes s'il en faut. Dans tous les cas, les besoins sont énormes au Liban.

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