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Diplomatie économique

Theresa May en quête d’argent frais en Arabie saoudite

Theresa May, Première ministre britannique, et le ministre saoudien des Finances, Mohammad al-Jadaan, hier à Riyad. Fayez Nureldine/Reuters

La Première ministre britannique Theresa May a entamé hier une visite en Arabie saoudite où existe, selon elle, « un énorme potentiel d'investissements pour doper l'économie » de son pays en passe de quitter l'Union européenne.
Certes, des questions de défense, de sécurité et de contre-terrorisme seront évoquées, mais l'économie dominera cette visite et le Yémen, où l'Arabie saoudite mène depuis deux ans une campagne militaire controversée, « n'est pas à l'ordre du jour », a déclaré son porte-parole. Alors que les opposants à l'intervention saoudienne au Yémen et aux ventes d'armes britanniques sont très actifs en Grande-Bretagne, le chef de la diplomatie de Londres, Boris Johnson, s'est excusé avant la visite pour « l'agression » dont a été victime un haut gradé saoudien lors d'un séminaire jeudi à Londres, ont indiqué les autorités à Riyad. Critiqué pour le nombre de victimes civils au Yémen, le général Ahmad Assiri, porte-parole de la coalition arabe au Yémen, a été la cible d'un jet d'œuf.
Theresa May, qui se projette comme un modèle pour les femmes du Moyen-Orient, a été reçue hier par la présidente de la Bourse de Riyad, Sarah al-Suhaimi, avant une rencontre avec la princesse Reema bent Bandar, la plus haute responsable du sport féminin en Arabie saoudite. Hier, la Première ministre britannique s'est aussi entretenue avec le prince héritier Mohammad ben Nayef de « la coopération conjointe pour combattre l'extrémisme et le terrorisme », a indiqué l'agence saoudienne SPA. Une audience avec le roi Salmane est prévue aujourd'hui. « Une grande partie » de la visite de Mme May, qui venait de Jordanie, a trait aux « relations d'affaires entre le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite », a dit son porte-parole.

« Immense potentiel »
Mme May a elle-même souligné « l'immense potentiel d'investissements saoudiens pour doper l'économie » du Royaume-Uni qui est « déterminé à se construire un avenir resplendissant dans le monde au moment où il quitte l'UE ». L'Arabie saoudite est actuellement le plus important partenaire commercial du Royaume-Uni au Moyen-Orient, les exportations britanniques de biens et de services ayant totalisé 8,2 milliards de dollars en 2015.
La région du Golfe a occupé l'agenda étranger du gouvernement britannique ces derniers mois dans le contexte du « Brexit » et des incertitudes économiques entourant son départ de l'UE. En décembre, Mme May avait été la première femme à participer au sommet annuel des dirigeants des pétromonarchies du Golfe à Bahreïn. Face aux « actions déstabilisatrices » de l'Iran, elle avait souligné que son pays était prêt à contribuer au renforcement de la sécurité des nations arabes de cette région qui, en échange, s'étaient engagées à établir « les relations commerciales et économiques les plus étroites possibles ».
Dans sa quête d'argent frais, Londres a déjà obtenu des résultats, le Premier ministre du Qatar ayant annoncé le 27 mars que son pays allait investir 6,2 milliards de dollars supplémentaires au Royaume-Uni dans les trois à cinq années à venir, notamment dans les infrastructures et les services.
Cependant, les pays du Golfe sont eux-mêmes sous pression et présentent des budgets en déficit en raison de la chute des revenus pétroliers. Dans ce contexte, leurs investissements pourraient ne pas être à la hauteur des attentes britanniques, estiment des experts. D'autres pensent que Mme May a un coup à jouer à Riyad qui a adopté l'an dernier un ambitieux programme appelé « Vision 2030 » visant à diversifier l'économie saoudienne encore trop dépendante de l'or noir. Adam Baron, expert associé à l'European Council on Foreign Relations, se demande si les pressions sur l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe peuvent aller de pair avec l'augmentation du commerce, deux objectifs apparemment « contradictoires ».
Source : AFP


La Première ministre britannique Theresa May a entamé hier une visite en Arabie saoudite où existe, selon elle, « un énorme potentiel d'investissements pour doper l'économie » de son pays en passe de quitter l'Union européenne.Certes, des questions de défense, de sécurité et de contre-terrorisme seront évoquées, mais l'économie dominera cette visite et le Yémen, où l'Arabie...

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