Fondé en 2003 par le milliardaire d’origine sud-africaine Elon Musk, Tesla est vite devenu un chouchou des investisseurs. Archives AFP
Tesla est devenu hier le deuxième plus grand constructeur automobile américain en termes de capitalisation boursière, supplantant Ford dont les ventes marquent le pas au moment où augmentent les inquiétudes sur la capacité du marché à maintenir sa croissance.
Le constructeur, qui ne commercialise pour le moment que deux modèles, était valorisé à 47,71 milliards de dollars en Bourse vers 20h, heure de Beyrouth, soit davantage que Ford (45,03 milliards). Tesla produit par an moins de 100 000 voitures et Ford plus de six millions. Quelque 4 milliards de dollars séparent désormais Tesla de General Motors (51,08 milliards), le premier constructeur automobile américain en termes de ventes et troisième mondial.
Fondé en 2003 par le milliardaire d'origine sud-africaine Elon Musk, Tesla est vite devenu un chouchou des investisseurs, séduits par ses innovations. L'action est ainsi passée de 17 dollars en juin 2010 à 293 dollars actuellement, une flambée alimentée par les perspectives du groupe dans la voiture autonome et l'intelligence artificielle.
Rassurer les marchés
En annonçant dimanche avoir livré plus de 25 000 voitures au premier trimestre, un record trimestriel, Tesla a rassuré les marchés sur sa capacité à augmenter sa production afin de répondre à la forte demande pour son modèle à venir, « Model 3 ». La production de cette berline, annoncée au prix de base de 35 000 dollars, doit démarrer en juillet. Tesla a déjà reçu près de 400 000 précommandes.
La marque a l'ambition de produire 500 000 véhicules par an en 2018, mais pour financer cette montée en puissance elle est en quête de capitaux frais. Le groupe chinois Tencent en est devenu actionnaire la semaine dernière en déboursant 1,8 milliard de dollars pour 5 % du capital.
Les interrogations s'accumulent pour les autres grands constructeurs américains après l'annonce hier de chiffres de ventes décevants en mars. GM est arrivé à surnager en vendant 256 224 véhicules le mois dernier, une hausse de 1,6 % sur un an, mais toutefois inférieure aux 9,6 % attendus par le cabinet spécialisé Edmunds.com. Ford a enregistré un recul de 7,2 % à 236 250 unités, principalement à cause des petites voitures dont la demande a chuté de 24,2 % en un an.
« Quand vous regardez les chiffres des ventes, on peut être tenté de dire que l'industrie est au moins aussi solide qu'à la même période il y a un an », commente Jessica Caldwell, chez Edmunds.com. « Mais à regarder de près, il y a plusieurs zones d'inquiétudes », avance l'analyste. Les stocks sont à leur plus haut depuis plus d'une décennie, les promotions sont importantes, la durée des crédits auto s'est allongée et les taux d'intérêt remontent. Les défauts de paiement des crédits auto ont en outre atteint un plus haut depuis 1996, avance l'agence de notation Fitch Ratings. À cela s'ajoute le fait que les prix des voitures d'occasion ont chuté et devraient encore baisser de 25 à 50 % lors des quatre à cinq prochaines années, met en garde la banque Morgan Stanley.
Source : AFP


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