Liban

La visite de Hariri à Riyad : retour saoudien sur la scène locale ?

L’éclairage
01/04/2017

La visite en Arabie saoudite du Premier ministre Saad Hariri est un événement en soi, après le sommet arabe et les répercussions positives de l'intervention libanaise, relayée par le chef de l'État, Michel Aoun, sur l'importance du dialogue arabe et de la solidarité pour résoudre le conflit régional et lutter contre le terrorisme et le fanatisme.

Mais l'événement le plus marquant dans la forme réside indubitablement dans le voyage du Premier ministre libanais pour Riyad avec le roi Salmane, à bord de l'avion privé de ce dernier, selon les observateurs politiques. Un événement auquel viennent s'ajouter la rencontre entre Saad Hariri et le prince héritier, Mohammad ben Nayef, et une réunion élargie (de 4 heures) entre le président du Conseil et le vice-prince héritier d'Arabie, Mohammad ben Salmane. Sans compter que Saad Hariri est retourné à Beyrouth à bord de l'avion royal.

Dans le fond, la visite saoudienne du Premier ministre est le signe d'une nouvelle ère pour le Liban et la région, placée sous le signe de la lutte contre le terrorisme, le fanatisme et le fondamentalisme. Une période qui verra se renforcer le rôle du courant modéré, dirigé par Saad Hariri. L'État libanais verra aussi son rôle renforcé dans sa capacité d'empêcher l'arrivée de terroristes au pays. L'initiative reflète certes le soutien saoudien à l'entente-compromis qui avait abouti à l'élection de Michel Aoun à la présidence, et à la formation du gouvernement dirigé par Saad Hariri. Elle porte aussi un coup sévère aux rumeurs au sujet des rapports entre le chef du gouvernement et Riyad, et vient renforcer sa position et par la même occasion le soutien à la première position sunnite au Liban. Saad Hariri multiplie désormais les réunions au Grand Sérail et à la Maison du Centre, dans le cadre des préparatifs du congrès islamique rassembleur qui se tiendra à Dar el-Fatwa, et qui prendra position contre le terrorisme.

 

(Lire aussi : Hariri entame une tournée européenne le 3 avril)

 

Avec la visite de Saad Hariri à Riyad, le Liban, l'Arabie saoudite et les pays du Golfe tournent donc la page et inaugurent une relation toute neuve, basée sur la coopération et la solidarité face aux défis à venir. Le premier indicateur de ce changement serait le retour en force de l'Arabie sur la scène libanaise et l'arrivée à Beyrouth de l'ambassadeur saoudien et du nouveau personnel de l'ambassade. De l'avis d'une personnalité politique, la visite du Premier ministre au royaume a mis fin à la politique saoudienne d'absentéisme sur la scène locale. Riyad opère désormais ce retour, après avoir vu le Liban réaffirmer sa position, reflétée dans le discours d'investiture de Michel Aoun, la déclaration ministérielle et le mot du Liban au sommet arabe, à Amman.

Selon un diplomate, cette réalité présage aussi d'un retour en force saoudien sur la scène régionale, pour lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et prouver que l'islam est une religion de tolérance et d'amour et non pas une religion d'extrémisme et de terrorisme. Certaines informations font part de réunions et de conférences qui se sont déroulées dans plus d'une capitale sunnite, sur la nécessité de coopérer pour contrer le terrorisme et le fondamentalisme sunnite ou chiite, et de mettre en place une force militaire arabe au sein de la coalition internationale régionale, pour combattre l'État islamique en Irak et en Syrie.

Des milieux diplomatiques arabes résidant à Paris affirment que la France, après avoir mis tout son poids pour faciliter l'élection du président libanais et du chef du gouvernement, s'attelle aujourd'hui à élargir le climat d'entente et de compromis entre l'Arabie saoudite et l'Iran, afin d'englober davantage d'échéances libanaises. Avec en point de mire les législatives sur base de la loi actuelle (de 1960). Une nouvelle loi sera alors adoptée ultérieurement, d'autant que les Libanais n'ont pas réussi à s'entendre. À l'échelle régionale, cette entente se traduirait par une rencontre entre des responsables des deux États régionaux dans une perspective d'éclaircie, face aux conflits de la région.

 

 

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Le sommet arabe, prélude à la normalisation des relations entre Beyrouth et Riyad

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Saliba Nouhad

S'ils veulent prêcher "l'amour et la tolérance dans la religion musulmane", et veulent un retour marqué sur la scène libanaise, je n'ai pas lu une phrase parlant des réfugiés syriens et de la manière d'aider le Liban financièrement pour supporter ce fardeau social et humain...
Ne pensez-vous pas, Mr le Ministre, que ça devrait être leur priorité, étant donné leur rôle majeur dans la communauté Sunnite, et de leader du monde Arabe?
Ne pensez-vous pas que ce serait un excellent moyen de lutter contre le terrorisme que de s'occuper de la misère de leurs coreligionnaires et qui les poussent vers l'extrémisme religieux violent?
Mais, que dis-je, l'hypocrisie et la langue de bois sont de mise et ce n'est pas demain que l'on parlera de bon sens, de logique et des droits de l'homme chez ces gens-là et qu'ils rejoindront le monde dit civilisé de sitôt!

Gebran Eid

AVIEZ VOUS QUELQUES PLACES LIBRES DANS VOTRE AVION MONSIEUR HARIRI ? SI OUI, SVP AMENEZ QUELQUES RÉFUGIÉS AVEC VOUS À RIAD. COMMENT VOUS DITES ? ILS RISQUENT DE NOUS LES RENVOYER...OK ALORS OUBLIONS

VITESSE DE CROISIÈRE

RETOUR AU LIBAN GHASBENN RA2BETOONN...

QUI A BESOIN D'EUX À CES POURVOYEURS DE BACTÉRIES wahabites , LEUR SEULE MATIÈRE À EXPORTER APRÈS LE PÉTROLE.?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

RETOUR DE LA BIENVENUE ! POUR TOUS LES ARABES DU GOLFE. AIDES FINANCIERES ET MOUVEMENT TOURISTIQUE EN PLUS DE LA GARANTIE DE TRAVAIL DES PLUS DE 500000.- LIBANAIS QUI TRAVAILLENT DANS CES PAYS FRERES...

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