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Nos lecteurs ont la parole - Randa A. Moussalli

Même le Bois des pins...

Photo CRNS

Même le Bois des pins de Beyrouth, seul poumon de la capitale, n'a pas échappé à l'incurie scandaleuse de l'État libanais. Il aura fallu que 500 arbres se dessèchent et meurent pour que les autorités compétentes (mon œil !) se mettent enfin à la tâche. L'État libanais en état de décomposition avancée, voire en état de putréfaction, et cela au niveau de toutes ses institutions, administratives, législatives ou exécutives, n'a cure du citoyen libanais. Que ce dernier soit asphyxié par les émanations des dépotoirs à l'air libre, qu'il étouffe en raison de la pollution, qu'il crève de faim, de misère, le « responsable » ne se sent pas concerné. D'après le ministre-gendre, M. Gebran Bassil, 80 % des impôts touchent seulement les classes aisées. Mais Monsieur le Ministre, vous omettez de préciser que les classes aisées ou la bourgeoisie s'étiolent et qu'il ne reste qu'un infime pourcentage de nantis, et tout le reste se retrouve appauvri, bien sûr à diverses échelles, mais appauvri néanmoins.
Depuis la fin de la guerre dite civile, depuis 1990 et jusqu'à ce jour, l'État libanais s'est acharné, grâce à l'incurie de son administration, la gabegie de tous ceux qui se sont relayé au pouvoir, à appauvrir les Libanais. Tous les gouvernements et toutes les chambres législatives qui se sont succédé depuis 1990 n'avaient qu'un seul souci, celui de se remplir certaines poches. En presque 30 ans, qu'a-t-on fait pour l'eau, l'électricité, la téléphonie, l'internet, l'état du réseau routier, l'assurance vieillesse, la santé et j'en passe ? Machi. Rien. Nothing. Nada. Niente. Nichts. Zéro !
Les doubles factures d'eau, d'électricité, aux mains de parfaits mafieux, nous trouent les poches. Selon un calcul sommaire de ce qu'ont pu coûter ces denrées rares en trente ans à un foyer moyen habitant hors de la capitale : pas moins de 130 000 dollars. Même un citoyen « aisé », après avoir alloué pareilles sommes rien que pour l'eau et l'électricité, devient forcement moins aisé! C'est pire que du vol à main armée, c'est de l'escroquerie ! Les douanes, autrefois vivier de l'État, sont aujourd'hui aux mains de contrebandiers notoirement connus ! Les municipalités, surtout celles nouvellement élues, font fi des lois sur les valeurs locatives et exigent des sommes rédhibitoires !
Aujourd'hui, cette Chambre autoprorogée, donc illégitime, s'octroie le luxe de majorations salariales et autres privilèges, et, comble de l'horreur, nous fait l'affront de nous surtaxer et nous imposer d'une manière aléatoire. Est-ce pour la grille des salaires des fonctionnaires ou pour financer leurs nouveaux émoluments ? En trente ans, il n'a jamais été question de réformer cette république, la corruption et la dilapidation de fonds publics se font au vu et su de tous, même la décence est devenue un concept obsolète. Et c'est à nous, citoyens, de financer leurs augmentations de salaire, alors que ces salaires, ils n'y ont même pas droit, puisque usurpateurs. Et l'on nous parle de classe aisée ! Oui, cette classe aisée existait à force de labeur, mais elle a été lésée et lestée de ses moyens par ceux-là mêmes qui tiennent les rênes du pouvoir depuis trois décennies.
Si ce système véreux persiste, c'est en grande partie grâce à la bêtise et la malhonnêteté de ce même citoyen exploité. Et ce n'est pas un ministère fantôme de la corruption qui va nous sauver. Il ne reste plus que la volonté des Libanais de se débarrasser de cette classe politique qui n'a que trop servi ses propres intérêts.

Randa A. MOUSSALLI

Même le Bois des pins de Beyrouth, seul poumon de la capitale, n'a pas échappé à l'incurie scandaleuse de l'État libanais. Il aura fallu que 500 arbres se dessèchent et meurent pour que les autorités compétentes (mon œil !) se mettent enfin à la tâche. L'État libanais en état de décomposition avancée, voire en état de putréfaction, et cela au niveau de toutes ses institutions, administratives, législatives ou exécutives, n'a cure du citoyen libanais. Que ce dernier soit asphyxié par les émanations des dépotoirs à l'air libre, qu'il étouffe en raison de la pollution, qu'il crève de faim, de misère, le « responsable » ne se sent pas concerné. D'après le ministre-gendre, M. Gebran Bassil, 80 % des impôts touchent seulement les classes aisées. Mais Monsieur le Ministre, vous omettez de préciser que les...
commentaires (2)

Chère Madame, La majorité du peuple Libanais ne peut que se réjouir de vos commentaires sincères et authentiques !La seule issue possible serait un régime militaire pour une période maximale de 2 ans pour nettoyer la crasse politique et mettre en examen tous les mafieux. Au Brésil plusieurs politiciens sont actuellement en prison. Il y a des comptes à rendre en Occident et dans plusieurs pays au monde. Que Dieu aît l'âme du Président Fouad Chéhab ! La mémoire du Amid Raymond Eddé ne pourrait jamais être oubliée ! Messieurs les Ministres quand est-ce on verrait au moins un mafieux en prison ? Raja Saikali

Saikali Raja

08 h 30, le 02 avril 2017

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Commentaires (2)

  • Chère Madame, La majorité du peuple Libanais ne peut que se réjouir de vos commentaires sincères et authentiques !La seule issue possible serait un régime militaire pour une période maximale de 2 ans pour nettoyer la crasse politique et mettre en examen tous les mafieux. Au Brésil plusieurs politiciens sont actuellement en prison. Il y a des comptes à rendre en Occident et dans plusieurs pays au monde. Que Dieu aît l'âme du Président Fouad Chéhab ! La mémoire du Amid Raymond Eddé ne pourrait jamais être oubliée ! Messieurs les Ministres quand est-ce on verrait au moins un mafieux en prison ? Raja Saikali

    Saikali Raja

    08 h 30, le 02 avril 2017

  • Le ministre-gendre, ou le ministre-président-bis, ou le ministre-non-député se classe-t-il ? Est-ce dans la catégorie des classes aisées ou dans les sans aisance ?

    Annie

    15 h 34, le 31 mars 2017

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