Le 17 mars, la police brésilienne a découvert que de gros exportateurs de viande avaient corrompu des inspecteurs pour certifier de la viande avariée comme étant propre à la consommation. Pablo Sanhueza/Reuters
Le Brésil, secoué par un scandale de viande avariée, a lancé un appel hier à l'OMC (Organisation mondiale du commerce) pour que les pays membres de cette organisation n'imposent pas de restrictions sur ses viandes, a indiqué une source proche de l'institution basée à Genève.
L'appel a été lancé lors d'une réunion du comité des mesures sanitaires et phytosanitaires de l'OMC. À cette occasion, le Brésil a distribué un communiqué faisant le point sur l'enquête en cours et les mesures prises par les autorités. « Le Brésil espère que les pays membres de l'OMC vont prendre en considération toute l'information » donnée sur ce dossier devant le comité, information qui sera « mise à jour si besoin ».
Le Brésil, qui estime avoir fait preuve de « transparence et de coopération », ajoute qu'il « espère que les pays membres de l'OMC ne vont pas recourir à des mesures qui constitueraient des restrictions arbitraires et seraient contraires aux règles de l'OMC ».
L'affaire a éclaté le 17 mars quand la police brésilienne a découvert que de gros exportateurs de viande avaient corrompu des inspecteurs des services d'hygiène pour certifier de la viande avariée comme étant propre à la consommation.
Suspension des importations
Suite à l'éclatement de ce scandale, la Chine, deuxième acheteur de viande bovine et de poulet, ainsi que l'UE et le Chili avaient suspendu les importations de viande brésilienne. Et la liste des pays ayant fermé leurs portes à la viande du Brésil continuait de s'allonger mardi : après Hong Kong, un marché crucial, le Mexique et le Japon ont suspendu leurs importations.
La Corée du Sud a néanmoins décidé mardi de lever la suspension de distribution de volailles déjà importées, après avoir obtenu des autorités brésiliennes la confirmation qu'aucune viande avariée n'était entrée dans le pays.
L'Union européenne a quant à elle demandé « au Brésil de retirer immédiatement tous les établissements impliqués dans la fraude de la liste » des sociétés approuvées par l'UE pour l'exportation, selon Enrico Brivio, un porte-parole de la Commission européenne. Sur 21 usines soupçonnées d'avoir commis des irrégularités, quatre ont une licence d'exportation vers l'UE.
Le Brésil est un gros exportateur de viande et vend ses produits à plus de 150 pays dans le monde. Ses exportations atteignent un total de 10 milliards de dollars en ce qui concerne le bœuf et le poulet. Les exportations de viande de bœuf vers Hong Kong ont rapporté 718 millions de dollars au Brésil en 2016, d'après les chiffres du gouvernement brésilien. Pour ce qui est de la volaille, Hong Kong occupe le cinquième rang, avec des importations à hauteur de 357,2 millions de dollars.
Hier, à Genève, le Brésil a tenu à mettre en perspective ces accusations et les premiers résultats des enquêtes en cours avec l'importance des effectifs chargés du contrôle de la viande animale. Selon le Brésil, il y a 2 300 personnes au Brésil qui inspectent les viandes, et seules 33 d'entre elles sont sous enquête. Elles ont été immédiatement suspendues de leurs fonctions.
Quelque 4 837 unités de transformation de produits animaux sont inspectées par les services d'hygiène, et seules 21 d'entre elles « ont apparemment été impliquées dans les malversations ». Parmi celles-ci, 3 ont dû cesser leurs activités et les autorisations d'exportation des 21 ont toutes été suspendues.
En 2016, 853 000 cargaisons de produits animaux ont été exportées du Brésil et seules 184 ont été déclarées non conformes à la réglementation, souvent pour des raisons non sanitaires, telles que l'absence d'affichage adéquat.
(Source : AFP)


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