François Fillion (LR), Emmanuel Macron (En Marche ! ), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Marine Le Pen (FN) et Benoît Hamon (PS), lors du débat présidentiel le 20 mars 2017. Patrick Kovarik/AFP
Mieux indemniser les chômeurs ou privilégier l'équilibre du régime, préserver le paritarisme ou étatiser... L'avenir de l'assurance-chômage divise les candidats à la présidentielle française, au moment où les partenaires sociaux négocient de nouvelles règles.
La logique de Benoît Hamon (PS) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) s'oppose à celle de François Fillon (LR).
À travers sa « sécurité sociale intégrale », M. Mélenchon promet d'indemniser tous les chômeurs « dès le premier jour » et « même les démissionnaires ». Aujourd'hui, seulement 43 % des inscrits à Pôle emploi sont indemnisés par l'Unedic, notamment parce qu'il faut avoir cotisé quatre mois sur les 28 derniers pour être éligible. Benoît Hamon, qui ne prévoit pas de modifier l'indemnisation, mise, lui, sur son « revenu universel d'existence » pour augmenter le revenu des chômeurs. Il « s'additionnerait aux allocations », qui entreraient « dans la base de calcul du revenu universel », explique Julia Cagé, sa conseillère économique.
« Inciter au retour à l'emploi »
À l'inverse, François Fillon veut introduire une « dégressivité » des allocations et accroître les sanctions, peu appliquées aujourd'hui, contre les chômeurs qui ne recherchent pas d'emploi. Objectif, « inciter au retour à l'emploi », selon son équipe.
Emmanuel Macron propose une voie intermédiaire, avec de nouveaux droits, comme l'indemnisation des démissionnaires, en contrepartie d'un contrôle accru et de mesures d'économie. Le candidat d'En Marche ! veut étoffer les équipes de contrôle de Pôle emploi, qui passeraient « de 200 à 1 000 agents », et rendre les sanctions plus efficientes et graduées, indique Marc Ferracci, son conseiller économique et social. Il compte aussi générer des économies nouvelles en touchant à la durée d'indemnisation des seniors et à la formule de calcul des allocations, formule qui resterait assise sur l'ancien salaire.
L'assurance-chômage ne concerne aujourd'hui que les salariés. Les indépendants n'ont pas de filet de sécurité en cas de perte d'activité, une situation à laquelle MM. Macron, Fillon et Hamon comptent remédier. Les deux premiers prônent un rattachement des indépendants à l'Unedic. Chez Emmanuel Macron, la mesure serait financée par une hausse de la CSG qui ne toucherait pas les chômeurs. Les indépendants ne payeraient pas de cotisations chômage, au même titre que les salariés, que le candidat veut exonérer. Dans la version Hamon, en revanche, les indépendants, comme les salariés, contribueraient au régime. « À cotisation égale, protection égale », énonce Julia Cagé.
François Fillon prévoit, lui, d'intégrer une assurance-chômage « spécifique » à l'actuel Régime social des indépendants (RSI), « sur une base volontaire », selon son entourage. Marine Le Pen (FN) plaide, elle, pour un « bouclier social pour les indépendants », sans préciser s'il protégerait contre le chômage.
Seul Emmanuel Macron veut ouvertement « reprendre en main le pilotage du régime » d'indemnisation chômage, aujourd'hui entre les mains des partenaires sociaux. Deux options sont sur la table, selon Marc Ferracci : garder un régime paritaire, mais « en cadrant de manière beaucoup plus étroite les négociations » entre syndicats et patronat, ou « étatiser » l'Unedic. De son côté, François Fillon veut « donner une chance à la négociation » avec un objectif, « le retour à l'équilibre » en 2022.
L'Unedic, dont la dette s'élève à 30 milliards d'euros (32 milliards de dollars), perd environ 4 milliards d'euros (4,3 milliards de dollars) par an, mais, selon une récente étude, elle retrouverait l'équilibre dès 2020 avec ses règles actuelles. Benoît Hamon, lui, exclut de toucher au paritarisme, mais les syndicats et le patronat devraient quand même faire une place aux « représentants des indépendants » à la table des négociations.
Jean-Philippe CHOGNOT/AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine