ZTE a plaidé coupable d’avoir acquis des équipements aux États-Unis et de les avoir réexportés vers l’Iran et la Corée du Nord, en dépit des sanctions frappant ces deux pays. Eric Thayer/Reuters
Les États-Unis ont imposé hier une amende de 1,2 milliard de dollars au géant chinois des télécommunications ZTE pour avoir violé l'embargo contre l'Iran et la Corée du Nord, promettant une sévérité accrue contre les entreprises étrangères.
Quatrième groupe mondial dans les télécoms, ZTE a plaidé coupable d'avoir acquis des équipements aux États-Unis et les avoir réexportés vers l'Iran et la Corée du Nord en dépit des sanctions frappant ces deux pays pour leurs programmes militaires et leurs violations des droits de l'homme. Selon les autorités américaines, le géant chinois a ainsi réalisé des transactions totalisant plusieurs « centaines de millions de dollars » entre 2010 et début 2016, en étant parfaitement conscient de leur caractère illicite et en tentant même de les dissimuler.
Pour échapper à un procès, le quatrième plus gros groupe chinois coté en Bourse a accepté de verser immédiatement une pénalité de 892 millions de dollars et sera pendant les 7 prochaines années sous le coup d'une amende supplémentaire de 300 millions de dollars en cas de nouvelle violation. Selon les autorités américaines, il s'agit de la plus importante pénalité criminelle infligée à un groupe dans une affaire d'exportations illicites.
« Fini de jouer »
« Nous avertissons le monde entier : fini de jouer », a commenté le secrétaire au Commerce Wilbur Ross. « Ceux qui contreviennent aux sanctions économiques ne resteront pas impunis et endureront les pires conséquences. » C'est toutefois loin d'être la première fois qu'une entreprise étrangère tombe dans les filets américains pour des violations de sanctions. En 2014, la banque française BNP Paribas avait accepté de verser près de 9 milliards de dollars d'amende pour des transactions illicites, notamment en Iran.
Dans un communiqué, le groupe chinois a affirmé avoir « retenu la leçon ». « ZTE reconnaît les erreurs qu'il a faites, en assume la responsabilité et reste déterminé à effectuer des changements positifs dans le groupe », a commenté son PDG, Zhao Xianming. ZTE était depuis longtemps dans le collimateur des autorités américaines qui avaient déjà mis en demeure le groupe en mars 2016 en limitant sa capacité à acquérir des marchandises américaines. Cette lourde amende risque d'envenimer un peu plus les relations sino-américaines déjà mises à rude épreuve par les attaques répétées du président Donald Trump contre les pratiques commerciales chinoises. La Maison-Blanche accuse régulièrement Pékin de sous-évaluer le yuan pour doper ses exportations, même si elle n'a pas encore mis à exécution sa menace de classer officiellement la Chine comme un pays manipulant sa monnaie.
(Source : AFP)


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