Le programme de François Fillion prévoit une baisse de 100 milliards d’euros (106 milliards de dollars) des dépenses publiques. Éric Piermont/AFP
Trois des principaux candidats à l'élection présidentielle française, Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron, ont déclaré hier leur flamme aux petits patrons, défendant leurs propositions pour « redonner un souffle » à l'activité économique hexagonale.
Fiscalité, droit du travail ou encore rôle de l'Europe : à 50 jours d'un scrutin au résultat très incertain, ils ont exposé leurs programmes économiques et répondu aux questions des centaines d'entrepreneurs réunis par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). « Les PME, les TPE (très petites entreprises), c'est un géant économique. Nous représentons 98,5 % du tissu économique de notre pays », a souligné en introduction François Asselin, président de l'organisation patronale. « Et pourtant, ce que nous constatons, c'est qu'au fil des ans, le poids des contraintes ne cesse d'augmenter. »
Invités à prendre tour à tour la parole, les prétendants à l'Élysée ont rivalisé de marques d'attention vis-à-vis des chefs d'entreprise, disant vouloir placer les attentes et les besoins des artisans, des commerçants et des petits patrons au cœur de leur projet économique. « Mon projet économique est résolument tourné vers les TPE et les PME (...) Elles sont l'âme économique de la France » mais « sont pourtant les grandes oubliées des politiques publiques », a clamé la candidate du Front national. « Il faut partir des besoins des entreprises, il faut partir de vos propositions », lui a fait écho François Fillon, chaleureusement applaudi à son arrivée dans la salle, à l'issue d'un week-end marqué par de nouvelles défections dans son équipe de campagne.
Retour à la monnaie nationale
Critiquée sur la crédibilité de son projet économique, Mme Le Pen a défendu bec et ongles sa volonté de sortir de l'euro et de revenir à une monnaie nationale ou de taxer les importations. « On nous dit tout et n'importe quoi en réalité sur le retour à la monnaie nationale », a-t-elle estimé, alors que sa proposition suscite depuis plusieurs semaines des craintes des milieux financiers et économiques. « Aujourd'hui, le moyen pour que le retour à une monnaie nationale se fasse dans les meilleures conditions possibles, c'est de le faire en concertation avec les pays européens qui en souffrent », a-t-elle estimé.
« Nous avons un environnement européen qui n'est pas porteur de croissance et la France seule ne peut pas le changer », a insisté de son côté Emmanuel Macron, qui a dit bien connaître « les problématiques » des entrepreneurs en raison de son passage à Bercy. Le candidat d'En Marche ! a promis notamment « visibilité » et « simplification » du droit du travail. Il a aussi rappelé sa proposition de transformer le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en « allègement de charges pérennes pour toutes les entreprises. »
Avec un programme qui propose une baisse de 100 milliards d'euros (106 milliards de dollars) des dépenses publiques, François Fillon, qui a fait de sa proximité avec le monde économique un leitmotiv de sa campagne, a martelé qu'il fallait « alléger les contraintes fiscales et sociales qui pèsent sur les entreprises ». Le candidat de la droite a promis la fusion du CICE et des allègements de charge en un seul dispositif, de supprimer l'impôt sur la fortune ou de « lever le verrou des 35 heures ». « La logique qui conduit à la réussite de mon projet, c'est d'abord un effort massif sur la compétitivité », a-t-il insisté, assurant être le seul à proposer ce « choc. »
Seul « petit candidat » à avoir fait le déplacement, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a lui aussi assuré vouloir « simplifier la vie des PME ».
(Source : AFP)


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