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Économie - Commerce

L’UE veut croire en Trump malgré des « signaux inquiétants »

« Nous avons besoin que les États-Unis soient actifs sur la scène multilatérale », a déclaré la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström. Archives AFP

« On est en mode "wait and see" » : malgré des « signaux » de plus en plus « inquiétants » outre-Atlantique, les ministres du Commerce de l'Union européenne disent continuer à croire en l'ouverture commerciale des États-Unis.
« On entend beaucoup de choses de là-bas, mais on en sait très peu sur les détails », a souligné hier la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, à son arrivée à La Valette, à Malte, pour une rencontre informelle avec les ministres européens. Au menu : l'avenir de la politique commerciale de l'UE « à la lumière de la politique commerciale que pourrait suivre l'administration américaine ».
Le président américain Donald Trump a déjà donné les grandes lignes du cap qu'il entend suivre. Pendant sa campagne, il a d'abord qualifié l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'instance chargée de régler les différends commerciaux entre pays, de « désastre », laissant entendre que les États-Unis pourraient s'en retirer si certains règlements ne pouvaient pas être renégociés. Il a aussi estimé à plusieurs reprises que son pays se portait mieux avec des accords bilatéraux qu'en étant assujetti à un système multilatéral. Puis, dès son arrivée au pouvoir le 20 janvier, il a officialisé le retrait américain du traité transpacifique (TPP) signé avec 11 pays de la région Asie-Pacifique.

« Approche plus agressive »
« C'est le moment pour une approche plus agressive », vient même d'annoncer son administration. À charge pour son nouveau secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, tout juste confirmé à ce poste par le Sénat américain, de mettre cette vision en œuvre. « Du point de vue des États-Unis, il y a au moins de petits réglages qui sont, je pense, nécessaires à l'OMC », a déclaré hier à la chaîne CNBC ce multimilliardaire de 79 ans au profil controversé, qui a fait fortune dans le rachat et la restructuration de groupes en difficulté.
« Certains signaux sont inquiétants », a observé Mme Malmström. Mais « nous avons besoin que les États-Unis soient actifs sur la scène multilatérale, nous avons besoin qu'ils s'engagent », a-t-elle ajouté. « Pour l'instant, on connaît les déclarations » américaines, mais « la réalité sera peut-être différente », a renchéri le secrétaire d'État allemand au Commerce, Matthias Machnig. Résumé de son collègue italien, Ivan Scalfarotto : « On est en mode "wait and see" » (attendre et voir).
Le TTIP, ou Tafta, l'accord de libre-échange que Bruxelles négocie depuis 2013 avec Washington, très contesté par la société civile et actuellement dans l'impasse, fait partie des lueurs d'espoir. L'administration américaine ne l'a pas enterré, indiquant qu'elle étudiait « actuellement le statut des négociations ». Le ministre belge des Affaires étrangères et du Commerce, Didier Reynders, veut même croire en leur « réouverture » prochaine. « Il est toujours possible de dialoguer avec les États-Unis », a-t-il insisté.
Parmi les rares voix discordantes, celle du secrétaire d'État français au Commerce, Matthias Fekl, fervent opposant à l'accord. « Ce qui m'étonne, c'est que l'Europe (...) pense encore qu'avec ce président-là, il puisse y avoir des négociations de bonne foi sur des textes aussi enlisés », a-t-il estimé. « Déjà, l'administration précédente ne faisait pas preuve de beaucoup de bonne volonté. Je ne vois pas comment l'actuelle serait plus ouverte », a-t-il développé. Pour lui, les « menaces » de Donald Trump sur l'OMC doivent être prises « très au sérieux. » « Lui, ce qu'il aime, c'est les "deals". Tout ce qui pose des règles au niveau global, ce n'est pas son truc », a-t-il ajouté.
Interrogé ces dernières semaines à maintes reprises sur le repli sur soi des États-Unis, le directeur général de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevedo, se limite à dire que « les temps sont difficiles pour le multilatéralisme commercial ».

(Source : AFP)

« On est en mode "wait and see" » : malgré des « signaux » de plus en plus « inquiétants » outre-Atlantique, les ministres du Commerce de l'Union européenne disent continuer à croire en l'ouverture commerciale des États-Unis.« On entend beaucoup de choses de là-bas, mais on en sait très peu sur les détails », a souligné hier la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, à son arrivée à La Valette, à Malte, pour une rencontre informelle avec les ministres européens. Au menu : l'avenir de la politique commerciale de l'UE « à la lumière de la politique commerciale que pourrait suivre l'administration américaine ».Le président américain Donald Trump a déjà donné les grandes lignes du cap qu'il entend suivre. Pendant sa campagne, il a d'abord qualifié l'Organisation mondiale du...
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