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Liban

Pour la première fois à Beyrouth, un lion et un agneau du Ier siècle

Archéologie

Un ensemble de 250 sépultures mises au jour à Bachoura au sein d'un cimetière romain datant du Ier siècle de l'ère chrétienne.

May MAKAREM | OLJ
03/03/2017

Une nécropole romaine datant du Ier siècle de l'ère chrétienne a été mise au jour à Bachoura, sur la parcelle 740, par une équipe d'archéologues de l'Université libanaise travaillant sous la direction du Pr Georges Abou Diwan. Sur le site, bordé par l'avenue Fouad Chehab au nord, la rue Assaad Khorchid au sud, la rue Kamel Mroué à l'ouest, les rues Tyan et Khandak al-Ghamik à l'est, une statue de sphinge (considérée comme la gardienne des tombes, cette créature mythique est représentée par une tête d'homme ou de femme sur un corps de lionne) et celle d'un lion avec un agneau ont été dégagées.

« La figure du lion dans un contexte funéraire a une ancienne origine orientale. Elle renvoie généralement à un aspect symbolique. Dans le monde romain, et surtout depuis l'époque augustéenne, sa représentation est couramment utilisée comme emblème iconographique militaire qui pourrait éventuellement indiquer que la tombe était destinée à un vétéran romain », signale Georges Abou Diwan, ajoutant que la signification de la figure de l'agneau dans ce cadre est en cours d'étude.

Les fouilles, qui porteront sur 10 000 m², ont livré à ce jour presque 250 sépultures et une grande variété de modes d'inhumation. Si certains défunts sont ensevelis directement à même la terre, des tombes taillées dans le substrat rocheux ou creusées dans le sable accueillaient les cercueils principalement en bois ou en terre cuite. De même, des tombes en pierre locale ont été découvertes. Construites en formes circulaires et rectangulaires, certaines présentent des fondations de dix mètres de large.

Le Pr Abou Diwan révèle que le mobilier funéraire déterré est « abondant ». Il renferme de la céramique « presque complète », des objets en verre ou en bronze, et dans de rares cas, des bijoux en or.

Des ossements de chiens et d'équidés ont été également identifiés. Les premiers sont enterrés dans des jarres en terre cuite, tandis que les équidés sont enfouis dans des fosses. « L'inhumation la plus particulière est celle qui contenait les restes des équidé accompagnant les défunts », indique le directeur des fouilles. « Alors que certains chercheurs considèrent leur présence comme un marqueur de statut social, pour d'autres, ces animaux ont été sacrifiés pour accompagner le défunt dans l'au-delà. En tout cas, leur présence sur le site reflète leur rôle important dans les rituels funéraires durant la période romaine. »

« Les méthodes scientifiques mises en œuvre dans cette fouille ont permis aux archéologues de mieux comprendre l'utilisation chronologique du cimetière, son développement et les pratiques funéraires adoptées à Beyrouth à l'époque romaine », conclut le spécialiste.

Les archéologues ont obtenu l'autorisation de poursuivre les fouilles jusqu'à la fin de 2017.

 

 

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

EXCELLENT travail de Recherches et d'Informations de Madame May MAKAREM.

Antoine Sabbagha

Il nous faut des lions dans cette phase critique ou on vit comme des agneaux .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AUJOURD,HUI NOUS AVONS DES LOUPS ET DES AGNEAUX... DES MOUTONS PLUTOT...

AIGLEPERçANT

La fable parle bien du loup et de l'agneau , pourtant .

Mieux adapté à nos mœurs arabo-orientales .

Jack Gardner

Magnifique!

M.V.

Quelle belle découverte..! et l'état de conservation de ces vestiges est étonnante ...

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