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Économie - Focus

Chine : le gendarme des banques veut combattre bulle immobilière et finance de l’ombre

Guo Shuqing est le président de l’autorité chinoise de régulation bancaire (CBRC) depuis trois jours. Shu Zhang/Reuters

Tout juste nommé, le nouveau patron du régulateur bancaire chinois entend s'attaquer à la spéculation immobilière, aux entreprises « zombies » et à la finance non régulée, en dépoussiérant le « chaos » réglementaire : un durcissement face à une dette colossale devenue quasiment incontrôlable.
La mission première des banques doit être de « soutenir l'économie réelle », a martelé hier Guo Shuqing, président depuis trois jours de l'autorité chinoise de régulation bancaire (CBRC), lors d'une conférence de presse très médiatisée. Les banques commerciales doivent « s'attaquer aux sociétés zombies, le nœud du problème », a-t-il lancé, fustigeant également les « dangers de la bulle immobilière » alimentée par les « spéculateurs ». Les banques chinoises négligent souvent les entreprises du secteur privé, mais accordent tous azimuts des crédits immobiliers aux particuliers et financent généreusement des groupes publics « morts-vivants », structurellement déficitaires et en surcapacité.
A contrario, les banques développent des relations lucratives et incestueuses avec la « finance de l'ombre » – l'ensemble des formes de crédit non régulé – où elles recyclent certains actifs. « Banques, fonds d'investissement, courtiers et assureurs gèrent des actifs comparables, mais sont soumis à des règles distinctes et à des régulateurs différents (la CBRC, l'autorité des marchés financiers, celle du secteur de l'assurance). C'est le Far West ! » a déploré Guo Shuqing.
Il remplace à la tête de la CBRC Shang Fulin, touché par la retraite, à l'heure où les épées de Damoclès s'accumulent sur le système financier chinois, fragilisé par l'envolée de la dette publique et privée : elle dépasse 270 % du PIB.

Fin des « zones grises »
Pour en finir avec ce « chaos », il veut dépoussiérer un appareil réglementaire dépassé et « unifier » les normes pour mettre fin aux « zones grises » échappant au regard des autorités. La CBRC va notamment élaborer un règlement encadrant strictement les « produits de gestion du patrimoine », émis par les banques et promettant des rendements alléchants, mais peu régulés et qui représentent 4 220 milliards de dollars, selon le régulateur. Une bombe à retardement, jugent certains experts. « Nous ne sommes pas opposés à la diversification des activités des banques, mais il faut surveiller les risques qu'elles prennent », observe le vice-président de la CBRC, Wang Zhaoxing.
Sur fond d'accélération des défauts de paiement d'entreprises, le ratio des créances douteuses des banques commerciales a progressé à 1,74 % en décembre, contre 1,67 % un an auparavant, dépassant 1 500 milliards de yuans (218 milliards de dollars), selon la CBRC. Or, les banques revendent certains prêts à risque, restructurés sous forme de produits financiers évoquant les « subprime » américaines. La CBRC les encourage plutôt à transformer les créances en actions dans les entreprises endettées. Plus délicat, les banques de taille moyenne se financent de plus en plus en s'empruntant de l'argent entre elles, au risque qu'un accès de défiance générale provoque une crise de liquidités dévastatrice.
Malgré la résolution affichée par M. Guo, sa marge de manœuvre dépendra in fine du Parti communiste. « Les régulateurs attachent une importance démesurée à la stabilité à court terme, au détriment de la viabilité et de l'équilibre du système bancaire à long terme. Je n'attends pas de revirement majeur des mentalités », estime Liao Qiang, analyste de Standard & Poor's cité par Bloomberg.
M. Guo a réservé hier quelques banderilles aux excès de l'immobilier : les crédits dans ce secteur se sont envolés à 729 milliards de dollars en 2016, soit 45 % du total des prêts bancaires. Les liquidités disponibles à peu de frais ont fait exploser l'appétit pour la pierre : le prix moyen du mètre carré a bondi l'an dernier de 49 % à Shenzhen (Sud) ou de 38 % à Nankin (Est). « Il faut strictement s'en tenir au principe consistant à acheter des appartements pour y habiter, et non pour spéculer », a souligné M. Guo, évoquant toutefois de « grandes disparités » d'une ville à l'autre – et sans avancer de mesures concrètes.
(Source : AFP)

Tout juste nommé, le nouveau patron du régulateur bancaire chinois entend s'attaquer à la spéculation immobilière, aux entreprises « zombies » et à la finance non régulée, en dépoussiérant le « chaos » réglementaire : un durcissement face à une dette colossale devenue quasiment incontrôlable.La mission première des banques doit être de « soutenir l'économie réelle », a martelé hier Guo Shuqing, président depuis trois jours de l'autorité chinoise de régulation bancaire (CBRC), lors d'une conférence de presse très médiatisée. Les banques commerciales doivent « s'attaquer aux sociétés zombies, le nœud du problème », a-t-il lancé, fustigeant également les « dangers de la bulle immobilière » alimentée par les « spéculateurs ». Les banques chinoises négligent souvent les entreprises...
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