Après avoir franchi le 25 janvier le cap alors jamais vu et éminemment symbolique des 20 000, le Dow Jones a entamé le mois de mars en terminant à 21 115,55 points. Photo archives Reuters
Si le début de la présidence Trump se révèle exceptionnel à Wall Street, où le Dow Jones a fini mercredi pour la première fois au-dessus de 21 000 points, un vieux débat refait jour : les actions valent-elles trop au regard des résultats d'entreprises ?
Il n'a pas fallu longtemps à l'indice vedette Dow Jones Industrial Average pour gagner un nouveau millier de points : après avoir franchi le 25 janvier le cap alors jamais vu et éminemment symbolique des 20 000, il a entamé le mois de mars en terminant à 21 115,55 points.
Une nouvelle fois, un nom revient chez les analystes pour justifier ce dernier pas en avant : Donald Trump. Le président, dont les promesses de relance et de baisse d'impôts ont déjà considérablement porté les indices, a tenu mardi soir au Congrès un discours jugé plus présidentiel qu'à l'accoutumée. « Mais est-ce qu'il y a quoi que ce soit qui ait changé entre hier et aujourd'hui ? Tout le monde est soulagé de voir Trump se comporter comme un adulte, mais cela ne renforce pas concrètement les chances de voir adopter des baisses d'impôts », a minimisé Karl Haeling, de Landesbank Baden-Württemberg.
Flou maintenu
Faute de certitudes sur la politique, M. Trump maintenant un certain flou sur le chiffrage et le calendrier de ses réformes, le débat se déplace donc en partie sur un terrain plus classique à Wall Street : le niveau des valorisations boursières au regard des performances des entreprises.
Sur le sujet, un indicateur fait référence chez les analystes dits « fondamentaux » : c'est le ratio obtenu en divisant le niveau de la capitalisation boursière totale d'une entreprise par la moyenne de ses bénéfices lors de la décennie écoulée. Or, ce rapport, dit ratio Shiller, atteint maintenant presque 30 au sein de l'indice élargi S&P 500, qui est considéré comme bien plus représentatif de Wall Street que le Dow Jones et qui a pris quelque 12 % depuis l'élection de M. Trump. À titre de comparaison, depuis la fin du XIXe siècle, ce ratio s'est inscrit en moyenne à moins de 17 à la Bourse américaine. Et les observateurs sont prompts à rappeler qu'il s'est déjà, comme aujourd'hui, affiché à un niveau presque double... juste avant la crise financière de 1929. « Mais crier au feu face à ce chiffre, cela pose deux problèmes », a nuancé M. Colas. « Les taux d'intérêt jouent un rôle crucial dans les valorisations et le ratio Shiller n'en tient absolument pas compte », a-t-il souligné.
Or, depuis la fin des années 2000, la situation est exceptionnelle sur ce terrain-là avec des taux très bas, en grande partie parce que la Réserve fédérale (Fed) maintient les siens quasiment nuls, rendant de fait l'argent « bon marché » pour les investisseurs.
La Banque centrale américaine a certes entamé fin 2015 un resserrement de sa politique, mais le processus reste timide avec seulement deux hausses des taux depuis lors, même si trois semblent s'annoncer pour cette année.
Julien DURY/AFP


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