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Liban - La situation

Aucune percée encore sur le projet de budget en Conseil des ministres

Le cabinet annonce une récompense de 250 000 dollars pour toute information au sujet des militaires otages du groupe État islamique.

Le Premier ministre et le ministre des Finances Ali Hassan Khalil se concertant hier à la première des quatre séances consacrées à l’examen du projet de budget 2017. Photo Marwan Assaf

Le Conseil des ministres s'est réuni quatre heures durant hier, afin de plancher sur un ordre du jour composé de 46 points, mais surtout pour entamer l'examen, point par point, du projet de budget pour l'exercice de 2017. Comme on pouvait s'y attendre, il était trop tôt hier pour qu'une percée significative se produise à ce sujet. Le texte, déposé il y a sept mois par le ministre des Finances Ali Hassan Khalil au Grand Sérail, contient 27 nouvelles mesures fiscales devant générer 1,61 milliard de dollars de recettes supplémentaires.

Le Conseil des ministres a évité de se prononcer sur l'éventuelle intégration de la nouvelle grille des salaires des fonctionnaires dans le projet de budget. « Nous cherchons toujours à en assurer les sources de financement », a précisé le ministre de la Culture, Ghattas Khoury, qui a rendu compte de la séance. Des sources informées à Baabda assurent toutefois que l'échelle des traitements et salaires sera finalement dissociée du projet de budget.

Le montant nécessaire à ce financement s'élève à 796 millions de dollars pour la seule année 2017, sachant que les collectifs et syndicats concernés réclament en outre que la nouvelle grille ait un effet rétroactif, tout en refusant que le paiement de ces « arriérés » soit échelonné. Ils estiment que les ressources existent, mais que la volonté politique de les percevoir fait défaut. À l'issue de la réunion, M. Khoury s'est contenté de dire que les discussions autour du budget « ne sont qu'à leurs débuts », mais qu'elles sont « positives ».

Entamée la semaine dernière, la discussion de l'avant-projet de budget devrait encore faire l'objet de trois réunions qui s'étaleront sur trois jours.

 

(Lire aussi : Le gouvernement peut-il faire l'économie d'une hausse de la fiscalité ?)

 

Récompense de 250 000 dollars
Sur un autre plan, le ministre a annoncé que « sur proposition du président de la République et du Premier ministre, en coopération avec le commandement de l'armée, il a été décidé qu'une récompense de 250 000 dollars sera versée à toute personne pouvant fournir des informations au sujet des militaires libanais otages du groupe État islamique » depuis août 2014. Autant dire qu'à ce stade, l'État ne dispose d'aucune information substantielle sur leur lieu de détention ou leur sort final.

On rappelle qu'en août 2014, Ersal, localité sunnite frontalière, avait été le théâtre de violents affrontements entre l'armée et les jihadistes, venus principalement de Syrie. Ces derniers avaient réussi, par la ruse, à prendre en otages une trentaine de militaires dans leur retraite. Quatre d'entre eux ont été assassinés en captivité, seize ont été libérés le 1er décembre 2015 par l'ex-Front al-Nosra, et le sort de neuf autres, détenus en otages par l'EI, reste inconnu.

Notons que les ministres de l'Information Melhem Riachi, des Déplacés Talal Arslane, de l'Agriculture Ghazi Zeaïter, le ministre d'État pour les Affaires présidentielles Pierre Raffoul, celui aux Droits de la femme Jean Oghassabian et celui de la Défense Yaacoub Sarraf se sont absentés de la réunion d'hier.

En préambule à la réunion du Conseil des ministres, qui s'est tenue au Grand Sérail sous la présidence de Saad Hariri, ce dernier avait répondu en termes généraux au secrétaire général du Hezbollah, dont la diatribe de jeudi allait à contre-courant de la politique de non-alignement et d'ouverture au monde arabe et de respect des résolutions internationales officiellement adoptée par le président Aoun.

 

(Pour mémoire : Khalil propose d'augmenter la TVA pour financer la grille des salaires)

 

 

Le « brainstorming » se poursuit
En ce qui concerne la loi électorale, on assurait hier qu'aucun progrès notable n'a été réalisé, et que l'on en était toujours à l'étape du « brainstorming ». Pour l'instant, deux projets sont en cours d'examen. Le premier, proposé par Gebran Bassil, prévoit des élections en deux temps, un premier scrutin de qualification et un autre d'élection, un projet à mi-chemin entre deux autres, proposés l'un par Nabih Berry, l'autre par le Parti socialiste progressiste. Le second projet prévoit par ailleurs un scrutin mixte, suivant un découpage de circonscriptions taillé sur mesure pour Walid Joumblatt.

De source autorisée, on assure que le président Michel Aoun ne partage pas l'opinion de ceux qui considèrent que la date butoir du 21 février avancée par certains est vraiment la date limite pour la mise au point d'une loi électorale. Pour le chef de l'État, cette date « ne fait pas problème », puisque le Parlement peut, jusqu'à l'expiration de son mandat, le 21 juin prochain, proposer une nouvelle loi électorale et ainsi bousculer le calendrier électoral et faire courir de nouveaux délais.

La véritable date limite pour la mise au point d'une nouvelle loi électorale est donc le 21 juin, puisque si ce code n'est pas au point avant cette date, c'est toute la législature qui est caduque. Devant ses visiteurs, Michel Aoun le dit tranquillement : « Une nouvelle loi électorale va naître et de nouvelles élections seront organisées conséquemment. Si la chose exige une prorogation technique du mandat de la Chambre, je n'y vois pas d'inconvénient, à condition que cette prorogation soit concomitante de l'entrée en vigueur de la nouvelle loi. »

 

 

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Le Conseil des ministres s'est réuni quatre heures durant hier, afin de plancher sur un ordre du jour composé de 46 points, mais surtout pour entamer l'examen, point par point, du projet de budget pour l'exercice de 2017. Comme on pouvait s'y attendre, il était trop tôt hier pour qu'une percée significative se produise à ce sujet. Le texte, déposé il y a sept mois par le ministre des...

commentaires (4)

Voilà donc notre "chef de l'Etat" qui commence déjà à reculer, avec des prétextes et compromis de toutes sortes...certainement imposés ! Chef de l'Etat, dites-vous...de quel Etat ??? Irène Saïd

Irene Said

10 h 23, le 18 février 2017

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Commentaires (4)

  • Voilà donc notre "chef de l'Etat" qui commence déjà à reculer, avec des prétextes et compromis de toutes sortes...certainement imposés ! Chef de l'Etat, dites-vous...de quel Etat ??? Irène Saïd

    Irene Said

    10 h 23, le 18 février 2017

  • TREVE DE PERCEE... TROUVEZ UN AUTRE MOT... ON EN A MARRE DES PERCES !

    L,AUTHENTIQUE LIBRE EXPRESSION

    10 h 00, le 18 février 2017

  • “Dieu a donné une soeur au souvenir et il l'a appelée espérance.” de Michel-Ange

    FAKHOURI

    08 h 32, le 18 février 2017

  • je pense que tout ce bloc de deputes doit quitter finalement le parlement ,et chercher un autre plus positif et plus comprehensif,pouvant accelerer toutes les resolutions,et amener le pays a des fins heureux dans des courts delais sans etre soumis a des pressions perverses.et,ce plat de deputes ne doit pas depasser l age de trente ans,dont la generosite et la dignite sont le halo essntiel de leur comportement envers leur etat et son peuple.

    Emile Doumet

    08 h 03, le 18 février 2017

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