« Ça suffit » les politiques de rigueur, a dit Alexis Tsipras, Premier ministre grec, au commissaire européen, Pierre Moscovici. Alkis Konstantinidis/Reuters
Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a appelé hier la Grèce et ses créanciers, zone euro et FMI, à « faire des efforts » pour arriver à un compromis d'ici au 20 février, date d'un Eurogroupe « crucial », selon lui.
« Nous sommes près d'un accord (...), nous ne pouvons pas dire que les discussions sont faciles, mais je suis convaincu que si toutes les parties font des efforts, oui, nous pouvons bien progresser et avancer vers un accord », a affirmé le commissaire à l'issue d'un entretien à Athènes avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Il faut que lundi « nous ayons tous les paramètres, qui nous permettront » de trouver un règlement, a-t-il ajouté.
La visite du commissaire européen dans la capitale grecque intervient sur fond de blocage des discussions entre Athènes et ses créanciers, ravivant les inquiétudes des marchés sur le sort de la Grèce. Les négociations tournent en rond depuis des mois entre Athènes et ses bailleurs de fonds, sur la poursuite des réformes réclamées au pays. « Ça suffit » les politiques de rigueur, a dit au commissaire européen Alexis Tsipras en rappelant le retour de l'économie du pays à une légère croissance en 2016. « La Commission est un partenaire important dans l'alliance de bon sens dont l'Europe a besoin », a-t-il ajouté.
Encouragé par le retour à une croissance de 0,3 % en 2016 annoncé mardi, et les prévisions de croissance favorables de la Commission européenne pour 2017 (2,7 %) et 2018 (3, 1 %), Athènes a encore rejeté mardi « les réclamations aberrantes » en vue d'une poursuite de la rigueur après la fin du plan actuel en 2018, prônée par le FMI et Berlin.
« Quand on veut, on peut »
M. Moscovici, qui s'est également entretenu avec le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos, a confirmé « les résultats très satisfaisants de l'économie grecque, qui ont dépassé les prévisions », et souligné « la nécessité pour le peuple grec de voir la lumière au bout du tunnel ». « Nous voulons une Grèce forte au cœur de l'Europe », et « quand on veut, on peut », a souligné l'ancien ministre français des Finances.
Athènes veut un accord avec ses créanciers pour s'assurer de la poursuite du versement des tranches du prêt accordé au pays en juillet 2015, et cela avant les échéances électorales aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne, qui pourraient changer la carte politique de l'Europe et priver le pays de ses alliés actuels, dont fait notamment partie le président français François Hollande. La France prend régulièrement la défense de la Grèce face à l'alarmisme, notamment du ministre des Finances allemand Wofgang Schäuble, qui a agité la menace d'une sortie du pays de la zone euro, faute de réformes supplémentaires.
Le Premier ministre français Bernard Cazeneuve, qui devrait à son tour être à Athènes dans les prochaines semaines, a appelé mardi à une solution, à l'issue d'un entretien à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel. « Nous avons encore quelques jours-clés (avant l'Eurogroupe), il faut se concentrer pour que les discussions arrivent à terme, essayons maintenant de faire un pas en avant, si important pour la Grèce » afin que la crédibilité des marchés se rétablisse, a insisté le commissaire européen.
Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a toutefois jugé mardi qu'un accord d'ici à lundi est toutefois « impensable » car les représentants des créanciers doivent revenir en Grèce pour continuer les discussions.
Le commissaire européen a appelé le FMI à joindre la zone euro pour aider la Grèce à se redresser, comme l'avait fait la veille M. Dijsselbloem. Alors qu'elle participe aux discussions sur la Grèce, l'institution de Washington est toujours réticente à participer financièrement au troisième plan d'aide au pays, signé en juillet 2015, car elle juge très optimistes les objectifs budgétaires fixés par les Européens.
Selon le FMI, Athènes ne pourrait pas dégager un excédent primaire de 3,5 % du PIB après 2018 sans un allègement de la dette, une question qui divise la zone euro.
(Source : AFP)


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