Le Conseil des ministres doit se réunir aujourd'hui à Baabda sous la présidence du chef de l'État, Michel Aoun. La discussion doit notamment porter, parmi les 18 points inscrits à l'ordre du jour, sur un avant-projet de loi de budget. Ce dossier, dont l'examen est entravé depuis plus de 10 ans (le dernier budget a été voté en 2005), semble profiter de l'atmosphère politique positive qui règne depuis l'entente ayant porté Michel Aoun à la tête de l'État.
L'un des principaux obstacles à l'approbation du nouveau budget, présenté en août dernier par le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil (qui avait la même charge dans le gouvernement précédent), réside dans la controverse sur la vérification de la somme de 11 milliards de dollars dépensée en sus des douzièmes provisoires sous les gouvernements de Fouad Siniora de 2006 à 2009. Les parties politiques qui contestent cette dépense réclamaient jusqu'à il y a peu cette vérification, faisant de leur exigence une condition préalable au vote du budget.
S'il est désormais certain que le gouvernement est déterminé à examiner ce dossier aujourd'hui, il semble qu'il n'en viendra pas à bout durant la séance de ce matin. Selon une source ministérielle, les débats ne porteront que sur des généralités, et aucune décision ne sera donc prise. De même source, on indique que l'étude du projet de loi nécessite des pourparlers qui devraient se poursuivre lors des prochaines réunions du Conseil des ministres, mais dans le même temps on se félicite de ce que le processus du vote du budget s'est enclenché et ne s'arrêtera pas.
Selon des sources rapportées par l'agence al-Markaziya, cette dynamique est favorisée par un feu vert politique lancé en vue de remédier à une situation économique déplorable entretenue durant de longues années par les différends politiques, et récemment par la guerre en Syrie, la vacance présidentielle et l'absence de touristes dans le pays.
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Menaces d'escalade
Quant à la grille des salaires, promise depuis des années aux fonctionnaires et enseignants, elle ne figure pas à l'ordre du jour, et il semble donc qu'elle ne sera pas abordée. Dans un entretien accordé hier à La Voix du Liban 100.3-100.5, le ministre de l'Économie, Raëd Khoury, a affirmé que cette question est reportée à une date ultérieure, en même temps que les points relatifs à la fiscalité.
Cet ajournement du dossier de l'échelle des salaires risque d'avoir des répercussions graves, au vu des menaces d'escalade brandies par les différents représentants des parties concernées.
La Ligue des enseignants du complémentaire-section Nord a ainsi appelé dans un communiqué ses adhérents à se préparer à observer prochainement une grève et un sit-in dans toutes les écoles publiques, si une nouvelle grille des salaires n'est pas adoptée lors de la prochaine séance législative du Parlement. De son côté, le Mouvement des contractuels du secondaire a décrété une grève pour le jeudi 16 février, tandis que dans une déclaration, le président du syndicat des enseignants des écoles privées, Nehmé Mahfoud, a mis en garde contre un retour des contestataires dans la rue dès le milieu du mois prochain.
Hier, les contractuels de l'enseignement professionnel et technique ont effectué un sit-in place Riad Solh, en concomitance avec la tenue de la séance parlementaire. Ils ont également appelé à une manifestation, le 9 mars, devant le Grand Sérail, mouvement qu'ils feront suivre plus tard d'un autre sit-in devant le palais de Baabda, ont-ils affirmé.
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